Ambulatoire : l’anesthésie des enfants par l’hypnose

Grains de beauté congénitaux, lésions dermatologiques … Pour ces interventions superficielles et peu invasives réalisées sur l’enfant, l’hypnose représente une bonne alternative à l’anesthésie et à la gestion de la douleur, sans risque de complication médicamenteuse. Appelée aussi « distraction positive », l’hypnose est particulièrement adaptée au profil des jeunes patients...

Grains de beauté congénitaux, lésions dermatologiques … Pour ces interventions superficielles et peu invasives réalisées sur l’enfant, l’hypnose représente une bonne alternative à l’anesthésie et à la gestion de la douleur, sans risque de complication médicamenteuse. Appelée aussi « distraction positive », l’hypnose est particulièrement adaptée au profil des jeunes patients. Avec plus d’une soixantaine d’interventions réalisées sous hypno-analgésie chez les 6 – 15 ans à l’hôpital Lapeyronie depuis 2012, le CHRU de Montpellier a pu développer une réelle expertise.
 
Avant l’essor de l’hypnose, les interventions mineures chez l’enfant devaient être effectuées sous anesthésie générale alors qu’une anesthésie locale ou locorégionale suffisait chez l’adulte. Cette particularité était liée aux spécificités de l’analgésie, à la limitation des doses d’anesthésiques locaux utilisables, aux difficultés de rester immobile pour l’enfant et à la gestion de l’angoisse périopératoire.
Avec l’hypnose, les équipes disposent d’un nouvel outil. L’enfant « baigne » dans un état favorable à une intervention chirurgicale sous anesthésie locale. Sans être agréable, cette opération n’est plus ressentie comme douloureuse. Grâce à leur imagination spontanée, les enfants à partir de 6 ans sont d’ailleurs plus réceptifs que les adultes à cette technique.
 
En pratique
L’hypno-analgésie est faite en association à une prémédication et une anesthésie locale par pommade (Emla®), complétée par des anesthésiques locaux tamponnés. Les interventions, sélectionnées par le chirurgien concernent généralement les chirurgies plastiques cutanées. L’hypno-analgésie est réalisée par les infirmiers anesthésistes (IADE) ayant suivi une formation « Initiation aux techniques d’hypno analgésie » dispensée par le CHRU de Montpellier ; les enseignements étant assurés par des formateurs de l’Institut Français d’Hypnose (IFH).
 
Au CHRU de Montpellier, les soixante premières interventions ont donné des résultats très encourageants. Parfaitement adaptée à la prise en charge ambulatoire de l’enfant, cette alternative est de plus en plus souvent proposée par les équipes de chirurgie et d’anesthésie pédiatriques du CHRU dirigées par le Pr Guillaume Captier, chirurgien plastique pédiatrique et le Pr Christophe Dadure, anesthésiste. 
 
Une étude prospective scientifique est actuellement en cours pour évaluer les bénéfices de l’hypno-analgésie par rapport à l’anesthésie générale en pédiatrie.
 
En savoir plus sur
L’hypno-analgésie désigne la réduction de la douleur à l’aide de l’hypnose. En effet, il est important que la douleur ne soit pas complètement supprimée par l’hypnose car elle est le seul moyen que possède l’organisme pour indiquer un problème.
 
L’hypnose médicale est une méthode reconnue pour la gestion de l’angoisse au cours de la réalisation de gestes de soins plus ou moins invasifs, que ce soit chez l’adulte ou l’enfant. Elle se caractérise par un état de conscience modifié qui permet d’être à la fois "ici et ailleurs" (voyage). L’individu plonge ainsi dans son imaginaire pour s’extraire d’une situation inconfortable. Cette technique est également appelée « distraction positive » par le corps médical.
L’effet de l’hypnose sur le ressenti de la douleur est connu depuis longtemps. La diminution de l’inconfort ressenti et de la douleur a été démontrée à partir d’examens réalisés sous IRM fonctionnelle.

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.