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AVC : bons résultats confirmés d’une combinaison de traitements

Première à l'hôpital Bichat : Une étude publiée par The Lancet Neurology et conduite par une équipe française met en évidence jusqu'à 93% de guérison chez des patients victimes d'Accident Vasculaire Cérébral.

Première à l’hôpital Bichat : Une étude publiée par The Lancet Neurology et conduite par une équipe française met en évidence jusqu’à 93% de guérison chez des patients victimes d’Accident Vasculaire Cérébral.

Publiée par The Lancet Neurology dans son édition de Septembre 2009 (publication « ahead of print » du 30 juillet 2009) le résultat de l’étude RECANALISE dirigée par le Professeur Amarenco et menée dans le service de Neurologie et Centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale de l‘hôpital Bichat (AP-HP), qui compte parmi les services de référence accueillant le plus grand nombre d’AVC de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, offre de nouvelles perspectives pour améliorer la prise en charge des AVC.

A ce jour deux traitements sont mis en oeuvre en cas d’AVC par occlusion d’une artère cérébrale.

Le traitement de référence, reconnu par l’AFSSAPS, consiste en l’injection intra-veineuse (au pli du coude) d’un médicament appelé Actilyse® (alteplase) qui permet de guérir le patient dans 40% des cas, mais seulement si l’injection est débutée moins de 3 heures après les premiers symptômes d’AVC et sachant que l’injection intra-veineuse ne permet cependant de déboucher l’artère occluse du cerveau que dans 25 à 60% des cas.

Une autre approche du traitement consiste à délivrer le médicament (alteplase) directement au contact du caillot qui bouche l’artère, en passant par l’intérieur des artères un micro-catheter. En pratique on ponctionne l’artère fémorale au pli de l’aine et l’on monte le cathéter dans l’aorte puis dans les artères cérébrales. Cette technique permet de déboucher l’artère dans 60 à 70% des cas mais nécessite un temps d’intervention (entre 20 minutes et une heure pour atteindre le caillot) qui n’est pas optimum pour éviter la destruction des neurones (chaque minute perdue représente 2 millions de neurones détruits).

Une nouvelle approche du traitement (utilisée dans l’étude RECANALISE) consiste à combiner ces deux traitements.
En pratique, dès que le patient atteint d’un AVC arrive à l’hôpital, il reçoit immédiatement le traitement alteplase par voie veineuse (si le patient est vu moins de 3 heures après le début des symptômes d’AVC) et immédiatement on ponctionne son artère fémorale pour monter le cathéter au contact du caillot dans le cerveau. Lorsque le cathéter arrive au contact, on arrête l’injection intraveineuse d’alteplase, et l’on injecte l’alteplase par le cathéter directement dans le caillot pour finir de le dissoudre.

Si la dose complète d’alteplase (que l’on ne peut pas dépasser) ne suffit pas pour finir de déboucher l’artère, alors, le neurologue interventionnel « capture » le caillot au moyen d’un lasso situé au bout du catheter. En tirant sur le lasso, le caillot est emprisonné à l’intérieur du cathéter ; le cathéter est retiré, et le caillot avec.

Dans l’étude RECANALISE, les chercheurs de l’hôpital Bichat (AP-HP) ont pu comparer la technique conventionnelle (injection intraveineuse) à la combinaison de la technique conventionnelle et du traitement endovasculaire. L’artère du cerveau a pu être débouchée chez 46 des 53 patients (87%) qui ont été traités par combinaison de la voie intraveineuse et de la voie endovasculaire comparativement à 56 patients sur 107 qui ont été traités par voie intraveineuse seule conventionnelle, soit une augmentation de 50% de taux de recanalisation.

Les conclusions de l’étude mettent ainsi en évidence que plus vite l’artère est débouchée grâce à cette technique, plus de patients sont guéris à 3 mois et jusqu’à 93% d’entre eux si l’on peut déboucher l’artère cérébrale moins de 3h30 après son occlusion (après les premiers symptômes d’AVC) et sachant que toute demi-heure perdue au-delà de 3h30 représente 20% de guérison en moins.

Les AVC en France et dans le monde
3ème cause de mortalité en France et dans le monde et 1ère cause de handicap acquis de l’adulte, l’AVC touche chaque année 10 millions de personnes dont 20% ont moins de 55 ans. Maladie parmi les plus graves qui existent, aux conséquences particulièrement lourdes pour les victimes et leur entourage, on ne dit pas assez que l’AVC se prévient et que, pris à temps, il peut être guéri.

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