Depuis septembre 2012, le service Cardiologie de l’hôpital de la Croix-Rousse propose aux patients dont la tension artérielle ne baisse pas malgré les traitements une intervention, sans ouverture chirurgicale : la dénervation rénale. Une technique qui consiste à détruire, en les chauffant, les fibres nerveuses sympathiques qui cheminent dans les artères rénales pour rompre la communication entre le rein et le cerveau, source d’hyperactivité du système nerveux sympathique. 2 à 3% de la population adulte est concernée par cette innovation.
L’hypertension artérielle (HTA) est un facteur majeur de survenue de maladies cardiovasculaires – 2ème cause de décès en France-, incluant les AVC, l’insuffisance cardiaque, les maladies coronaires. Dans les pays développés, 20 à 30% des plus de 18 ans souffre d’hypertension artérielle. Parmi eux, 1 malade sur 2 n’est pas contrôlé par son traitement et 10 % ne verront pas leur HTA améliorée malgré l’utilisation de 3 antihypertenseurs à doses adaptées. On parle alors d’hypertension résistante.
Jusqu’ici, ces patients étaient en échec thérapeutique.
Rein et hypertension artérielle
L’hypertension artérielle est multifactorielle. Elle est en partie due à une hyperactivité du système nerveux sympathique qui intervient dans la régulation des fonctions autonomes de l’organisme (digestion, respiration, fréquence cardiaque, pression artérielle…) Le rein, outre sa fonction d’élimination des déchets, a un rôle moins connu mais essentiel dans la régulation de la tension artérielle. Il est connecté au cerveau via les fibres sympathiques qui cheminent le long de la colonne vertébrale ; la communication entre le rein et le cerveau se fait dans les 2 sens :
– le rein envoie des informations au cerveau qui module ensuite l’activité sympathique au niveau des vaisseaux.
– d’autre part, le rein reçoit des connexions sympathiques qui modifient son aptitude à réabsorber l’eau et le sel.
Cette communication entre le rein et le cerveau entretient l’hyperactivité du système nerveux sympathique. Il faut donc l’empêcher.
Une technique sans chirurgie, peu invasive
Le cardiologue interventionnel introduit un cathéter dans l’artère fémorale et remonte jusqu’à l’artère rénale pour approcher le rein. Des impulsions de radio fréquence sont appliquées pour chauffer le nerf sympathique rénal à 50° pendant 2 minutes, en 6 points séparés. Il en résulte une « coupure » du circuit nerveux qui permet de baisser la tension artérielle. L’intervention dure 1/2h à 1h sous anesthésie générale. Le patient reste hospitalisé seulement 2 jours. On observe, dans les semaines qui suivent, une baisse de tension qui peut dépasser 30 mm de mercure ; soit, par exemple une tension qui passe de 17 à 14.
Le taux de réussite, estimé par une baisse significative de la tension, s’élève à 70%.
Le suivi post interventionnel
Le traitement antihypertenseur ne sera pas interrompu dans les suites immédiates du geste de dénervation rénale car l’effet sur la baisse de la tension artérielle est différé et atteint son maximum après plusieurs mois.
Une surveillance de la tension artérielle, de la fonction rénale et de l’anatomie des artères rénales est réalisée après 12 mois et 36 mois.
L’unité d’hypertension artérielle du service de cardiologie de l’Hôpital de la Croix-Rousse est labellisé « centre d’excellence » par la Société Européenne d’HTA. C’est le seule unité du département à réaliser à proposer une cette intervention.

Endométriose : les 3 CHU du Grand Est au cœur d’un nouveau dispositif régional
Pathologie chronique encore insuffisamment diagnostiquée, l’endométriose touche près de 10 % des femmes en France, soit entre 1,5 et 2,5 millions de patientes. Elle se manifeste par des douleurs parfois invalidantes, peut impacter la fertilité et reste marquée par un délai de diagnostic moyen estimé à sept ans. Face à cet enjeu majeur de santé publique, le ministère de la Santé a lancé en 2022 une stratégie nationale visant à structurer la prise en charge, renforcer la recherche et réduire les délais diagnostiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit la création du dispositif régional EndoGrandEst, porté par les CHU de Strasbourg, Nancy et Reims.



