On ne le sait pas toujours, mais derrière de nombreux diagnostics se trouve un médecin pathologiste. Le rôle de ce dernier est d’analyser au microscope des échantillons tissulaires ou cellulaires déposés sur des lames de verre. Au CHU de Lille, où ce travail concerne près de 40 000 personnes chaque année, ces lames pourront désormais être numérisées, les transformant en de véritables lames virtuelles interprétables sur écran. Un bond en avant qui méritait bien un coup de projecteur.
Ce lundi, le Pr Emmanuelle Leteurtre et l’équipe du service d’Anatomie et Cytologie Pathologiques du CHU de Lille ont, en présence du DG Frédéric Boiron, officiellement inauguré ce projet dans les locaux du centre de Biologie pathologie Pierre-Marie Degand, avant de proposer une visite institutionnelle.
« Le passage du numérique est une révolution pour le métier de pathologiste dont les retombées positives sont nombreuses, tant pour les patients que pour les patients que pour les médecins pathologistes ou étudiants en médecine. Ce passage au numérique offre de nouvelles perspectives pour le développement, le déploiement de l’IA appliquée aux usages tissulaires, tant dans le cadre du soin, de l’enseignement et de la recherche. » assure Emmanuelle Leteurtre, cheffe du service.
15 serveurs dédiés à la pathologie numérique
La Pathologie Numérique permet non seulement d’intégrer des logiciels d’IA pour des diagnostics plus précis, plus rapides et plus fiables, mais également de développer la recherche en IA au sein du service, pour une médecine de plus en plus personnalisée.
« Il est nécessaire d’avoir les lames numérisées pour transformer les données morphologiques en données quantitatives sur lesquelles ont peut appliquer ces outils d’intelligences artificielles. Actuellement, au CHU de Lille, ils sont en développement – comme par exemple un outil de segmentation automatique qui découpe les différents compartiments du tissu de manière automatique – et seront nos outils de demain pour gagner en efficacité dans la prise en charge des patients, gagner du temps. », explique le Dr Jean-Baptiste Gibier, pathologiste référent numérique.
Quinze serveurs sont dédiés à la pathologie numérique au CHU de Lille. “On a une capacité de stockage importante, conclut Sylvie Martin, Cheffe de projet pathologie numérique. On a du stockage court terme sur trois mois et du stockage long terme pour l’ensemble des lames numérisées. La volumétrie du stockage de la pathologie représente 10% du stockage total du CHU.”
La rédaction avec le CHU de Lille




