En soins palliatifs, la pratique de l’hypnose permet de soulager la douleur. Elle aide également les patients à aborder plus sereinement leur fin de vie.
L’hypnose n’est pas une technique, mais un mode de relation, un processus naturel qui nous permet de détacher une partie de notre esprit pour permettre une meilleure concentration. Au volant, par exemple. En le provoquant, en douceur, au cours d’une conversation, on amène une personne dans cet état particulier qui permet de mobiliser tout son potentiel de ressources.
Comme plusieurs membres de l’équipe mobile de soins palliatifs, Pierre-Henri Garnier, psychologue, utilise l’hypnose : "Il ne s’agit pas «d’envoyer» la personne ailleurs ni de l’obliger à faire quoi que ce soit, suivant les clichés liés à l’hypnose «foraine», mais bien de l’intégrer dans l’ici et maintenant, en l’aidant à zoomer sur des aspects positifs et ainsi reléguer au second plan et donc diminuer le mal physique et psychique. Cela se passe naturellement, au cours d’une conversation… L’état d’hypnose se reconnaît à divers petits signes tels que des mouvements des pupilles sous les paupières, une respiration et un rythme cardiaque apaisés… "
En plus de soulager le corps, l’hypnose peut contribuer à mieux vivre l’approche de la mort : « Il m’arrive ainsi d’aider des personnes à renouer ou échanger avec des proches, à rester jusqu’au bout dans la vie et dans la vie sociale ».
Pierre-Henri Garnier s’aide parfois de sa tablette numérique : « Lorsque les patients sont très fatigués, je cherche pour eux un support visuel ou audio qui les aide à se remémorer de bons moments. Cela aide à instaurer cette relation singulière et créative qu’est l’hypnose conversationnelle, et qui vient supplanter l’hypnose négative induite par la maladie grave. »
Au CHU de Nantes, les trois quarts des patients en soins palliatifs bénéficient du soulagement procuré par l’hypnose conversationnelle.

Au CHU d’Angers, la prévention comme boussole
Enjeu de santé publique incontournable, la prévention peine encore, malgré un financement et une volonté partagée des acteurs, à montrer toute son efficacité en France. Pour réduire les inégalités de santé, la communauté scientifique internationale promeut la stratégie du Making Every Contact Count (MECC), c’est-à-dire un accès à de la prévention à chaque contact qu’un individu peut avoir avec le système de santé. Comme d’autres hôpitaux, le CHU d’Angers a décidé de l’expérimenter. Pas étonnant de la part d’un établissement qui, depuis cinq ans, fait de la prévention une valeur cardinale.



