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L’Itert urologie-néphrologie, dernier-né des instituts

La création d'instituts traduit la volonté du CHU de Nantes de développer l'activité de recherche, en y associant étroitement ses deux autres missions : soins et enseignement. Dernier en date, l'institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert) urologie-néphrologie affiche une ambition de rayonnement international.

La création d’instituts traduit la volonté du CHU de Nantes de développer l’activité de recherche, en y associant étroitement ses deux autres missions : soins et enseignement. Dernier en date, l’institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert) urologie-néphrologie affiche une ambition de rayonnement international.

Créé en 1991, l’institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert) est le premier centre français de greffes de rein et de pancréas. L’alliance en un même lieu d’unités de recherche Inserm, d’activités cliniques, industrielles et d’enseignement ayant largement prouvé son efficacité, l’institut du thorax et celui des maladies digestives se sont constitués sur le même modèle.

Quinze ans plus tard, pour prendre un nouvel élan et affirmer son positionnement international, l’Itert franchit une nouvelle étape en s’unissant au pôle néphrologie-urologie-transplantation (NUT) pour former un nouvel institut de dimension internationale, l’Itert urologie-néphrologie (IUN). Concrètement, « le passage en institut donne une impulsion à tout le monde. Le dialogue avec le malade est renforcé : il sait qu’il est pris en charge par une équipe de pointe et peut bénéficier de traitements qui ne seront mis sur le marché que cinq ans plus tard. De plus, l’ensemble du personnel bénéficie d’une meilleure formation », explique Jacques Dantal,
directeur du pôle NUT. Jean-Paul Soulillou, directeur de l’Itert, renchérit : « La constitution de l’IUN nous donne accès à des structures internationales. La transplantation est un moteur qui permettra de hisser les autres spécialités du pôle à un niveau de référence et d’excellence ».

Un panel étendu de possibilités de traitement
Comme le précise Jacques Dantal: « L’Itert est reconnu pour son activité de transplantation rénale et pancréatique qui continuera à être développée dans l’IUN avec des axes renforcés sur la transplantation rénale à partir de donneurs vivants et sur la transplantation d’organes pour le patient diabétique. L’institut traitera aussi toutes les maladies du rein et de l’appareil
urinaire. Mais, si la loi réserve aux hôpitaux publics l’exclusivité des activités de transplantation, nous sommes en situation de concurrence avec le privé pour les autres activités chirurgicales. L’IUN s’attachera donc à améliorer les techniques ou à en développer de nouvelles, pour offrir un panel étendu de possibilités de traitements. Ainsi, pour le cancer de la prostate, nous sommes en mesure de proposer toutes les possibilités thérapeutiques connues, de la chirurgie classique à la curie-thérapie (radiothérapie locale) en collaboration avec le centre régional de lutte contre le cancer.

Les dysfonctionnements des voies urinaires et la neuro-urologie constituent un pan important de l’activité, ainsi que les troubles sphinctériens pour lesquels nous sommes depuis longtemps un centre de référence. Nous développons aussi le traitement de la lithiase (« maladie de la pierre » NDLR) pour laquelle existent une consultation spécifique et des soins innovants, notamment par
lithotritie à l’aide d’une machine à ultrasons qui fragmente les calculs rénaux. »

Booster la recherche pour améliorer les conditions de travail de tous
La réussite de l’IUN dépend en grande partie de l’implication de tout son personnel, à tous les niveaux. Après la constitution d’un directoire seront élus des conseils qui devront être en ordre de marche au premier janvier prochain. Jacques Dantal est particulièrement attentif à ce point : « Nous tenons à donner un rôle clé aux équipes, qui travaillent actuellement dans des conditions difficiles. Le passage en institut pourra
donner un nouvel élan à l’ancien pôle. Chacun doit être convaincu que booster la recherche permettra d’améliorer les conditions de travail de tous, jusque dans les petites choses pratiques qui facilitent le quotidien. Cette labellisation nous donnera aussi plus de crédit pour décrocher des postes de médecins-chercheurs et des contrats de recherche. La partie recherche clinique doit pouvoir être mieux structurée en créant de nouveaux postes d’infirmières de recherche clinique et aussi de nouveaux métiers, comme celui d’infirmière de coordination de transplantation, un poste charnière entre le suivi des patients et la gestion des dossiers. »

Ces perspectives sont indissociables du déménagement dans des locaux parfaitement adaptés. Aujourd’hui, l’Itert est à l’étroit dans l’immeuble Jean Monnet : « Dans l’unité Inserm, nous sommes une centaine sur 1 200 m2. Nous ne pouvons pas accueillir de nouveaux collègues », explique Jean-Paul Soulillou. Début 2008, la disponibilité de 500 m2 au 2e étage de Jean Monnet constituera une première étape. Encore quelques années de transition et la nouvelle structure s’installera, en 2013, sur l’Île de Nantes. Elle y sera géographiquement réunie à l’institut du thorax. Toutes les greffes seront alors réalisées dans un seul site et, sur le plan de la recherche, savoirs, technologies et moyens logistiques seront partagés, dans l’objectif d’assurer la translation entre recherche expérimentale et recherche clinique. Sur 70 000 m2 sera constituée une masse critique sans équivalent en France : animalerie, plates-formes de biologie, de chirurgie expérimentale préclinique… Une somme d’équipements hors du commun sera concentrée, au service d’équipes de pointe décidées à collaborer étroitement : « Chacun bénéficiera de l’expérience des autres ». Une expérience qui sera transmise, puisque l’enseignement dispensé dans les instituts revêt une place prépondérante : « L’objectif est de faire des découvertes, de les appliquer très tôt via la recherche clinique, et donc d’en faire profiter les malades. Mais il s’agit aussi de partager et d’enseigner des choses nouvelles », insiste Jean-Paul Soulillou.

Développer les biothérapies
Aux thérapie cellulaire, thérapie génique, immuno-intervention, transplantation et ingénierie tissulaire et moléculaire viendront s’ajouter des plates-formes technologiques permettant l’analyse quantitative et qualitative du transcriptome (puces à ADN), du protéome, et l’analyse fonctionnelle. Elles associent recherche
fondamentale et activité de diagnostic et de soins, et ont démontré leur efficacité pour identifier de nouvelles molécules à potentiel thérapeutique, de nouveaux moyens diagnostiques et de nouvelles stratégies de prévention de la maladie.

Robotique
L’IUN sera impliqué dans la recherche et le développement de techniques chirurgicales mini-invasives, en collaboration avec l’institut de recherche en communication et cybernétique de Nantes ainsi qu’avec le centre d’évaluation des technologies médicales innovantes.

Glomérulopathies
L’IUN étudie les mécanismes physiopathologiques du syndrome néphrotique et de sa récidive après la transplantation rénale. Bien que rare, cette pathologie représente un modèle unique d’étude du podocyte et du filtre gloménulaire avec des retombées possibles pour d’autres maladies rénales.

Tolérance immune aux allo et auto antigènes
Au sein de l’Itert-urologie-néphrologie et en réseau avec des laboratoires du NIH (USA) et des projets de la communauté européenne, l’Itert est un centre internationalement reconnu dans l’étude des mécanismes moléculaires et cellulaires de la tolérance immune. Son rapprochement de l’institut du thorax permettra de développer de nouveaux protocoles de manipulation du système immunitaire permettant d’induire une tolérance à l’allogreffe en alternative aux traitements immunosuppresseurs dont les effets secondaires sont nombreux et parfois graves.

Immuno-intervention
L’Itert a initié l’utilisation clinique de médicaments immunosuppresseurs maintenant classiques. L’IUN et l’institut du thorax cherchent maintenant à diminuer voire supprimer ce type de traitement en développant leurs capacités de manipulation du système immunitaire pour aller vers plus de spécificité et de sélectivité dans l’immunosuppression.

Xénotransplantation
Solution potentielle au déficit d’organes, la xénotransplantation pose de nombreux problèmes immunologiques, physiologiques, virologiques et éthiques. Dans le cadre d’un réseau européen, les deux instituts nantais mutualiseront leurs efforts pour progresser vers l’application clinique encore conditionnée par la nécessité de progrès importants dans le contrôle du risque infectieux et du rejet. Le laboratoire des grands animaux constitue un atout important dans cette recherche en permettant en particulier des études précliniques sur le primate.

Biologie des cellules endothéliales
L’IUN étudie les mécanismes moléculaires associés aux dysfonctions endothéliales qui affectent la paroi vasculaire, et le rôle de l’endothélium dans la réponse innée et acquise. Il s’agit aussi d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour la prévention de l’athérosclérose, du rejet de greffe en allo et xénostransplantation et le traitement des vascularites.

Épidémiologie/banques de données
Les bases de données validées par l’Itert et l’institut du thorax, connectées à des réseaux nationaux et internationaux, seront développées et appliquées à d’autres pathologies des instituts, telles que les pathologies rénales rares.

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