Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Marcher jusqu’à la salle d’opération

Gilbert n’a pas eu besoin de brancard pour se rendre au bloc opératoire afin d’y subir l’ablation d’une partie du pancréas et du foie. C’est à pied qu’il s’est rendu dans la salle d’opération, entouré de deux professionnels de santé du service de chirurgie digestive de l’hôpital Edouard Herriot, ce mercredi 26 février 2014 désormais marqué d'une pierre blanche. 1er patient du CHU de Lyon à avoir bénéficié des avantages du programme ERAS, Gilbert est ravi d'avoir ouvert la voie à la chirurgie du futur. Déjà, près de vingt patients lui ont emboité le pas..

Gilbert n’a pas eu besoin de brancard pour se rendre au bloc opératoire afin d’y subir l’ablation d’une partie du pancréas et du foie. C’est à pied qu’il s’est rendu dans la salle d’opération, entouré de deux professionnels de santé du service de chirurgie digestive de l’hôpital Edouard Herriot, ce mercredi 26 février 2014 désormais marqué d’une pierre blanche. 1er patient du CHU de Lyon à avoir bénéficié des avantages du programme ERAS et de la réhabilitation rapide après-chirurgie, Gilbert est ravi d’avoir ouvert la voie à la chirurgie du futur. Déjà, près de vingt patients lui ont emboité le pas..
Le service de chirurgie digestive de l’hôpital Edouard Herriot est le seul service en France à avoir adhéré à la société ERAS® (Enhanced Recovery After Surgery – soit récupération améliorée après chirurgie) qui a élaboré une série de 20 mesures visant accélérer et alléger les procédures chirurgicales.

S’appuyant sur le concept de fast-track, ERAS en est l’évolution et la standardisation. L’objectif n’est pas seulement de raccourcir la durée d’hospitalisation mais d’atténuer le stress provoqué par une intervention chirurgicale dans le but de diminuer les complications et d’améliorer la réhabilitation tout en favorisant le bien-être du patient. La société ERAS® (construite par le regroupement de centres chirurgicaux de différents pays) propose ainsi une approche multimodale en pré-, per- et post-opératoire.

Parmi les recommandations clés
Avant l’intervention : une information claire et des conseils donnés aux patients sur ce nouveau mode de prise en charge avant leur admission ; pas de prémédication et une prise de boissons carbohydratées jusqu’à 2h avant l’anesthésie.
Pendant l’intervention : une anesthésie limitée ; privilège donné à des incisions courtes et aux techniques coelioscopiques ; éviter la pose de drain et dans la mesure du possible, procéder à l’ablation de la sonde nasogastrique avant la sortie du bloc opératoire.
Après l’intervention : mobilisation des patients dès le jour de la chirurgie ; stimulation de la motricité intestinale ; ablation précoce des sondes urinaires et cathéters ; retour rapide à une alimentation normale.
Plus que jamais, le patient est acteur de sa prise en charge. Il n’a pas été prémédiqué, n’est pas à jeun et arrive au bloc à pieds, aux côtés de l’équipe chirurgicale. Pour Gilbert, c’est une réussite : « Le fait de marcher, de discuter voire de rire avec les soignants sur le chemin, ça nous fait penser à autre chose, on décompresse. C’est beaucoup moins impersonnel que d’être transporté sur un brancard les yeux rivés sur le plafond, explique-t-il. Et puis, aller au bloc debout c’est comme aller au combat. C’est une démarche volontaire, on affronte réellement cette épreuve ». On lui avait donné 10 à 14 jours de convalescence à l’hôpital. Finalement, Gilbert est rentré chez lui une semaine après l’intervention.

Si la technique a d’ores et déjà fait ses preuves (diminution des complications d’environ 50% pour une chirurgie colorectale), sa réussite dépend aussi beaucoup de l’adhésion des professionnels, tous corps de métiers confondus (chirurgiens, anesthésistes, infirmières, aides-soignantes, coordinatrice ERAS®…). Pour cela, l’implémentation a été faite en partenariat avec le service de chirurgie du CHUV de Lausanne (Suisse), déjà aguerri à ce nouveau mode de prise en charge. Ce centre d’excellence a accompagné l’équipe tout au long de la mise en place du processus par des séminaires, des formations et des échanges.
Une base de données est mise à la disposition de l’équipe, qui permet de procéder à un audit des résultats pour vérifier le taux de compliance et si besoin mettre en place des actions correctives, toujours au service du mieux-être du patient.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Le rôle d’un centre antipoison : tout ce qu’il faut savoir 

Dans le cadre de notre série de reportages au CHU d’Angers, nous avons rencontré le responsable du Centre Antipoison et Toxicovigilance du Grand Ouest, le Pr Alexis Descatha. Intoxications, serpents exotiques, veille national champignons… ce dernier a accepté de nous parler des différentes missions de son service.

HAVISAINES : Le CHU d’Angers vise la bonne santé de ses agents

Depuis l’an dernier, le CHU d’Angers déploie HAVISAINES, un dispositif de promotion de la santé à destination de ses professionnels. Au micro de CHU Média, le Pr Alexis Descatha, médecin porteur du programme, revient notamment sur les quatre piliers sur lesquels ce dispositif repose : sport, alimentation, alcool, tabac.

Violences : fin de l’omerta à l’hôpital

La semaine dernière, la Conférence des Doyens de facultés de médecine a publié un communiqué de presse co-signé avec l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP), annonçant un engagement commun dans la lutte contre les violences au travail. Une déclaration qui fait suite aux récentes accusations de violences morales et sexuelles de Karine Lacombe à l’encontre du médecin urgentiste Patrick Pelloux.

L’ICI, nouveau temple de la cancérologie

Le CHU de Brest vient d’inaugurer son nouvel Institut de Cancérologie et d’Imagerie, surnommé ICI. Ce centre, promesse d’un hôpital centré sur l’humain et doté d’une technologie de pointe, est amené à devenir l’un des fers de lance européens dans le traitement du cancer, avec une capacité de 50 000 patients par an.

Dossier : La maladie de Parkinson 

Décrite pour la première fois dans An Essay on the Shaking Palsy (1817) par James Parkinson, un médecin anglais, la maladie de Parkinson, mentionnée souvent en abrégé « Parkinson », est une maladie neurodégénérative irréversible d’évolution lente. La maladie s’installe ainsi au cours d’une longue phase asymptomatique de plusieurs années. Les premiers symptômes ne se font en effet ressentir que lorsque 50 à 70% des neurones dopaminergiques du cerveau sont détruits. Ils se déclarent essentiellement progressivement sous la forme d’un tremblement de repos, d’un ralentissement des mouvements et d’une raideur musculaire. Néanmoins, de nombreux troubles moteurs et non moteurs peuvent s’ajouter à la liste, devenant de réels handicaps dans le quotidien de ceux qui la subissent.