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Prévention du suicide adolescent : étude européenne

La Lorraine, sous l'égide du CHU de Nancy et de l'INSERM, partenaire de la première étude européenne lancée autour de l'efficacité des campagnes de prévention du suicide adolescent. 1000 élèves de 11 établissements publics lorrains d'enseignement général sélectionnés par tirage au sort y participent depuis la rentrée de septembre 2010. « SEYLE », Saving and Empowering Young Lives in Europe » (Sauver et améliorer la vie des jeunes européens), c'est le nom de cette étude, a reçu en France les autorisations du Comité de Protection des Personnes, de la CNIL, de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé et du Comité Consultatif sur le Traitement de l'Information en matière de Recherche dans le domaine de la Santé.

La Lorraine, sous l’égide du CHU de Nancy et de l’INSERM, partenaire de la première étude européenne lancée autour de l’efficacité des campagnes de prévention du suicide adolescent. 1000 élèves de 11 établissements publics lorrains d’enseignement général sélectionnés par tirage au sort y participent depuis la rentrée de septembre 2010. « SEYLE », Saving and Empowering Young Lives in Europe » (Sauver et améliorer la vie des jeunes européens), c’est le nom de cette étude, a reçu en France les autorisations du Comité de Protection des Personnes, de la CNIL, de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé et du Comité Consultatif sur le Traitement de l’Information en matière de Recherche dans le domaine de la Santé.

SEYLE est un projet pilote. C’est le second projet de recherche européen réalisé au CHU de Nancy et qui voit la collaboration de plusieurs professeurs du centre hospitalier lorrain : Jean-Pierre Kahn, chef du service de Psychiatrie et Psychologie Clinique, Francis Guillemin, chef du service d’Epidémiologie clinique et responsable de l’unité INSERM – CIE6 et Bernard Kabuth, chef du service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Avec eux sont engagés le rectorat de l’Académie de Metz-Nancy, diverses structures comme les Maisons des adolescents de Meurthe-et-Moselle et de Meuse.

Les 1000 adolescents lorrains âgés de 14 à 16 ans et bénéficiaires d’un régime de sécurité social voient leur participation soumise à une autorisation de leurs parents ou des titulaires de l’autorité parentale, un consentement pouvant être suspendu au cours de l’étude. Cet âge correspond à la période où l’identité se construit et où les influences des parents sur les comportements diminuent. C’est également la tranche d’âge où les comportements à risque augmentent comme le prouvent les études épidémiologiques.

A partir d’un questionnaire initial, le projet ambitionne d’abord de construire une base de données sur le mode de vie, les comportements à risque et les relations au système de santé des adolescents volontaires. Le droit à la confidentialité est respecté durant l’étude ainsi que celui de refuser de répondre à certaines questions. Chaque adolescent se voit attribuer un code personnel qui ne sera connu que de lui et de l’équipe de chercheurs de façon à préserver l’anonymat de ses réponses. Les volontaires seront soumis à un deuxième questionnaire au 2e trimestre de l’année scolaire et à un 3e à la rentrée de septembre 2011.

4 méthodes différentes de prévention du suicide sont testées dans les établissements scolaires participant :

– un programme de formation des personnels adultes des lycées (professeurs, conseillers pédagogiques, infirmiers, etc.) baptisé « Questionner, Persuader et Référer ». Il leur permettra d’identifier et d’adresser un jeune en souffrance vers un service de santé mentale. L’efficacité de cette méthode repose sur :
A / le questionnement : savoir interroger un adolescent directement sur des « signaux de détresse », ouvrir un vrai dialogue, faire chuter l’angoisse, diminuer le sentiment de solitude et d’isolement, restaurer l’espoir, permettre de renforcer le soutien social et de proposer l’aide et l’accès à des services de santé mentale.
B / la persuasion : savoir convaincre l’adolescent de se faire aider et donc de consulter, s’assurer que le contact avec un professionnel est effectivement établi, vérifier que les parents sont associés.
C / l’orientation : savoir renseigner et diriger le plus rapidement possible un adolescent vers le professionnel de santé mentale adapté à sa fragilité pour obtenir une évaluation afin de réduire le risque immédiat.

– un programme général de promotion de la santé pour attirer l’attention des jeunes sur les comportements favorables et défavorables à la santé afin de minimiser leurs comportements à risque et baptisé « Prise de conscience ». Une conférence, la distribution d’un livret didactique, l’affichage de posters dans l’établissement et des jeux de rôle suivis de discussions en classe en sont les composantes. Objectifs : faire prendre conscience aux élèves de leurs propres comportements et des effets sur leur entourage. C’est une façon de développer leur empathie vis-à-vis d’autrui et de voir les choses d’un autre point de vue.

– un programme où les professionnels de santé identifient les élèves présentant des comportements à risque à partir du questionnaire initial. Les élèves en difficulté repérés se voient proposer un entretien d’évaluation clinique afin d’explorer plus en profondeur la nature et le degré de leur souffrance. A l’issue de cet entretien, ils peuvent être orientés vers un professionnel de santé ou une structure d’aide adaptée aux jeunes. Objectif du programme : un diagnostic précoce des problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, consommation de drogues ou d’alcool, risque suicidaire, etc.) pour une aide rapide.

– enfin, un programme d’information consistant à distribuer aux élèves des cartes de visite avec les coordonnées des centres partenaires locaux et à afficher dans l’établissement des posters d’information sur la santé mentale.

L’ensemble du programme de recherche SEYLE dont les conclusions ne seront connues que dans 3 ans met à contribution des équipes de psychologues, de psychiatres et de pédopsychiatres. Il est développé dans 11 pays européens (soit 11000 adolescents en tout), Allemagne, Autriche, Espagne, Estonie, France, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Roumanie, et Slovénie coordonnés par la Suède. Soutenu par les institutions de l’Union européenne dans le cadre du 7e Programme Santé de la Commission européenne, SEYLE a pour objectif la promotion de la santé mentale et l’élaboration d’outils utiles, efficaces et scientifiquement validés pour organiser un meilleur dépistage des adolescents en difficulté et des comportements suicidaires.

Le suicide des adolescents européens est en constante augmentation depuis plusieurs années suivant en cela la courbe ascendante des suicides dans l’ensemble du monde. C’est pour cette raison qu’il a été retenu comme sujet prioritaire de santé mentale par les institutions européennes. La santé mentale, selon les autorités internationales, se situe en amont et en aval des pathologies proprement dites. Elle regroupe les questions de prévention du suicide et de « postvention », terme qui englobe les actions de suivi de l’entourage d’une personne s’étant suicidée.

Contact
www.seyle.org
Pr Jean-Pierre KAHN investigateur principal, psychiatre // href= »mailto:jp.kahn@chu-nancy.fr »
Alexandra TUBIANA chef de projet, psychologue // href= »mailto:a.tubiana@chu-nancy.fr »

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