La maladie de Lyme, aussi nommée « borréliose de Lyme » est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise naturellement des animaux vers l’être humain. Ici, les agents infectieux sont transmis par une piqûre de tique. Les contaminations sont fréquentes au pic d’activité maximale des tiques, qui, en France, se situe entre le début du printemps et la fin de l’automne. Les tiques vivent généralement en zone boisée et humide. On les trouve aussi dans les herbes hautes, jardins et parcs. Fréquentes dans notre environnement, elles sont parfois difficiles à repérer.
Sensibiliser les plus jeunes
Une chose est sûre, les tiques et les maladies vectorielles liées à cet animal suscitent un intérêt croissant en France. De nombreuses questions sont posées régulièrement telles que “quelle est la probabilité de retrouver une tique sur une partie de son corps après une pause dans l’herbe entre deux cours?” “Que faire en cas de piqûre?” ou encore “C’est quoi les maladies vectorielles liées aux tiques?”. Afin de répondre à tous ces questionnements, les professeurs Hansmann et Boulanger du CRMVT Grand Est interviennent ce début de semaine au collège Leclerc de Schiltigheim et au lycée Marguerite Yourcenar d’Erstein pour partager un moment d’échange et de sensibilisation à ce sujet.
Durant toute la semaine, le CRMVT Grand Est souhaite partager les connaissances actuelles, promouvoir la prévention et communiquer sur les résultats des recherches sur les tiques et les maladies vectorielles liées aux tiques, en incluant les relations entre les personnes, les animaux, les plantes et l’environnement qu’ils partagent.
Direction au centre de référence des maladies vectorielles
En 2023, la rédaction s’est rendue au centre de référence des maladies vectorielles du CHU de Strasbourg pour rencontrer les professeurs Benoît Jaulhac et Yves Hansmann. Le premier est directeur du laboratoire bactériologie, le second infectiologue et chef de service des maladies infectieuses et tropicale.
Durant notre visite, ils nous ont expliqué que les personnes touchées par les tiques ont des profils très variés : des agriculteurs comme des personnes vivant en ville et qui décident de se promener dans une forêt non loin de chez eux. La tique, qui vit dans les hautes herbes, peut alors s’accrocher à la partie du corps en contact avec elle, généralement les membres inférieurs. Elle va alors se loger dans le corps grâce à ses deux pinces appelées chélicères, qui vont déchiqueter la peau. Objectif de l’opération : prélever du sang pour s’en nourrir. Après un piqûre de tique, il y a entre 1 et 2 % de risque d’être affecté et qu’elle transmette la bactérie. Suite à cela, il est possible de développer une maladie, les corps n’étant pas tous égaux face à la maladie. Il est aussi possible dans la majorité des cas qu’une tique infectée, transmette la bactérie, mais que le corps humain, lui, ne développe aucune maladie.
Un cercle rouge qui ne trompe pas
La maladie évolue sous différentes formes : la première phrase est “l’héritage migrant” qui correspond à une rougeur centrée sur la piqûre de la tique et qui a la particularité de s’agrandir au fur et à mesure. Si un traitement n’est pas donné à ce stade, la bactérie va continuer de se développer et va aller dans d’autres tissus, en particulier dans les tissus articulaires et provoquer des inflammations des articulations. Le genou est l’articulation la plus touchée par la bactérie, ce qui peut provoquer des grosses douleurs. En parallèle, une inflammation des racines nerveuses est aussi possible, ce qu’on appelle des radiculites, pouvant provoquer des douleurs qui irradient en général dans les membres qui s’accompagnent de sensations de douleurs ou décharges électriques qui peuvent provoquer des douleurs désagréables.
“Un traitement antibiotique est donc possible, il est généralement court, entre deux et quatres semaines. Il est très efficace au début de la maladie, et plus on attend, plus la maladie a le temps de disséminer et de provoquer des dégâts au niveau des articulations et au niveau des nerfs” nous explique le professeur Yves Hansmann.
Alors en ce mois de mai et de balades en forêt, pensez à vous inspecter et à vous équiper : pantalons, manches longues, chaussures fermées !
La rédaction avec le CHU de Strasbourg




