Le CHU de Saint-Etienne dit adieu au protoxyde d’azote

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Crédit Photo : CHU de Saint Etienne
Le CHU de Saint-Etienne a mis fin début janvier à l’approvisionnement mural en protoxyde d’azote, gaz anesthésiant désuet et à l'impact environnemental désastreux.

La fin d’une époque synonyme d’avancée écologique, sanitaire et réglementaire. Le CHU de Saint-Etienne a annoncé qu’il arrêtait l’approvisionnement mural en protoxyde d’azote (N2O), un gaz médical couramment utilisé en anesthésie. Cette décision, prise également par d’autres hôpitaux français (Timone AP-HM, CHU de Nice, CHU d’Angers, CHU de Rouen, CHU de Clermont-Ferrand, CHU de Poitiers etc.), « s’inscrit pleinement dans la politique de responsabilité environnementale sociétale des activités de soins, tout en en garantissant la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients », peut on lire dans un communiqué daté du 7 janvier. Si le protoxyde d’azote quitte donc les circuits dédiés à ce gaz dans les blocs opératoires, il ne déserte pas totalement le soin. Des bouteilles individuelles restent disponibles si un besoin médical devait justifier son utilisation. 

Un agent puissant du réchauffement 

Gaz à effet de serre particulièrement puissant, le N2O possède un potentiel de réchauffement global 289 fois supérieur à celui du CO2 et contribue à la destruction de la couche d’ozone, avec une durée de vie atmosphérique dépassant 120 ans. Dans les établissements de santé, la majeure partie de son impact environnemental est liée aux fuites des réseaux mureaux, qui représentent 90% de sa consommation réelle. 

Selon le rapport Décarbonons les industries du médicaments, publié en juin 2025 par le Shift Project, cette utilisation des réseaux de protoxyde d’azote en milieu hospitalier génère l’équivalent de 100 000 tonnes de CO2, soit 500 millions de kilomètres parcourus en voiture. A Saint Etienne, malgré les efforts engagés depuis plus de dix ans par les équipes d’anesthésie – ayant permis de réduire de 80 % les consommations individuelles – le réseau mural du CHU représentait encore 1,56 million de litres de N2O en 2024, soit l’équivalent de 620 tonnes de CO2. 

Selon le CHU, l’arrêt de cet approvisionnement « permettra ainsi de diminuer d’environ 500 tonnes équivalent CO2 les émissions annuelles, correspondant à l’empreinte carbone annuelle de près de 50 Français, tout en générant une économie estimée à 12 000 euros par an ».

Des risques pour les hospitaliers

Au-delà d’un intérêt médical limité et de son impact environnemental délétère, le protoxyde d’azote expose les professionnels à des risques au niveau de leur santé. En cas de grosse fuite, ce gaz peut également favoriser la combustion et donc un risque d’incendie. 

Cette décision d’arrêt de l’approvisionnement mural en protoxyde d’azote au sein du CHU de Saint-Etienne a été prise en concertation avec les médico-soignantes concernées. “Cette évolution marque une étape supplémentaire vers une éco-conception des soins au CHU de Saint-Etienne, en encourageant le recours à des alternatives non médicamenteuses, telles que l’hypnose ou la réalité virtuelle, et en affirmant l’engagement de l’établissement en faveur d’un système de santé plus responsable et durable.”, conclue le communiqué. 

La rédaction avec le CHU de Saint-Etienne

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