Violences faites aux femmes : le travail du CHU de Clermont-Ferrand pour lutter contre ce fléau

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A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, focus sur le travail quotidien des équipes du CHU de Clermont-Ferrand pour accompagner les victimes de ce phénomène de société, mais aussi sur les dispositifs qui ont été mis en place récemment.

A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, focus sur le travail quotidien des équipes du CHU de Clermont-Ferrand pour accompagner les victimes de ce phénomène de société, mais aussi sur les dispositifs qui ont été mis en place récemment.
Elle a été instaurée par l’ONU en 1999, et trouve un écho un peu plus important chaque année. La journée du 25 novembre est ainsi dédiée aux différents types de violences que subissent les femmes dans le monde. Certes, la parole se libère, le regard évolue. Mais ce sujet reste toujours d’actualité, touchant toutes les franges de la société. L’hôpital public, comme dans bien des secteurs, n’est pas épargné. Il ne reste pas sans rien faire pour autant. Illustration avec le CHU de Clermont-Ferrand qui, depuis quatre ans, propose une journée d’étude sur les violences faites aux femmes.
Cette opération annuelle, qui s’est tenue mardi 23 novembre, n’a pas vocation à faire dans l’entre-soi. Professionnels de santé, professionnels des ministères de la Justice (magistrats), de l’Intérieur (police et gendarmerie notamment), de l’Education nationale ou de l’Agriculture, sans oublier ceux des collectivités locales (Mairie de Clermont-Ferrand et Département du Puy-de-Dôme) et de diverses associations sont conviés à y prendre part. Le thème retenu cette année, faisant écho aux débats rendus possibles par le mouvement « Metoo » depuis 2017 : « consentement et sexualité ».

Le thème de cette quatrième édition : « consentement et sexualité » © CHU Clermont-Ferrand
Quatre-cents personnes se sont déplacées pour cette journée d’étude à la faculté dentaire, à proximité de l’hôpital Estaing – un des trois sites du CHU. Allocutions, conférences, échanges avec la salle ont rythmé un programme riche, marqué par quatre temps forts :

  • « Comprendre le consentement sexuel chez les 18-25 ans,  entre rapports de pouvoir genres et enjeux relationnels », présenté par Alexia Boucherie, Doctorante en sociologie, Centre Emile Durkheim
  • « Consentement et vulnérabilité : la frontière entre infraction et garantie des libertés individuelles », présenté par Éric Maillaud, Procureur de la République, Tribunal Judiciaire, Clermont-Ferrand
  • « Réflexion sur les notions d’enfance et de consentement : oxymore ou pléonasme », présenté par le Dr Sabine Turbé, Chef de service Pédopsychiatrie, AHSM
  • « L’expression du consentement : regards croisés sur les vulnérabilités », table ronde  animée par le Dr Pauline Ott (médecin légiste, Services victimologie du CHU de Clermont-Ferrand), Cécile Miele (psychologue, sexologue, CRIAVS), François Mainieri (officier de police judiciaire, brigade de protection de la famille, commissariat de Clermont-Ferrand).

Une campagne de sensibilisation face aux violences faites aux femmes

Plus largement, c’est toute une réflexion qui est engagée par le CHU de Clermont-Ferrand sur le sujet des violences subies par les femmes au quotidien (violences morales, physiques, sexuelles, pressions financières, pressions auprès des enfants), hors des murs blancs. Ainsi, un groupe de travail a développé une campagne de sensibilisation au sein du CHU sur les violences au sein du couple. Déployée cette semaine via plusieurs affiches, cette dernière s’adresse aux patientes et les invite à parler de ces violences conjugales aux soignants et soignantes qu’elles rencontrent.

L’une des affiches de la campagne de sensibilisation déployée cette semaine © CHU Clermont-Ferrand
De leur côté, les agents du CHU se sont vus proposer un « livret d’outils utiles » pour accompagner au mieux ces patientes victimes de violences, comprenant des explications sur les différentes formes de violences (et en quoi elles diffèrent des conflits de couple), des éléments pour repérer et dépister ces violences, ainsi que différents moyens de prise en charge, d’accompagnement et d’orientation de ces femmes.

Un dispositif de pré-plainte simplifiée en cours de mise en place

Le CHU ne travaille pas seul. Dans le cadre du Plan départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales 2019-2021, des travaux de coordination entre l’Etat, le Tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand, les services de police et de gendarmerie et le CHU auvergnat ont été engagés. Ces efforts conjugués permettent de faciliter l’accès à la prise d’une pré-plainte à l’hôpital pour les personnes qui se présent aux urgences hospitalières et indiquant avoir subi des violences de la part de leur conjoint.
Dans cette perspective, une convention sera signée prochainement pour définir les modalités d’organisation de cette pré-plainte simplifiée (PPS) à l’hôpital, visant à améliorer l’accompagnement des victimes. A ce jour, une soixantaine de victimes ont pu bénéficier de ce dispositif, lancé au printemps et toujours en phase d’expérimentation.
La rédaction avec le CHU de Clermont-Ferrand

La prise en charges des victimes au Chu de Clermont-Ferrand en quelques chiffres

1702 consultations réalisées
354 consultations en lien avec les violences conjugales soit 21%
Les victimes sont principalement issues du département du Puy-de-Dôme, mais aussi des autres départements auvergnats
L’année 2020, marquée par les confinements, a eu un impact sur le nombre de patients examinés. Ce nombre est en diminution par rapport à 2019
En revanche, les dossiers de violences conjugales sont restés à un niveau élevé (354)
Les violences rencontrées : violences morales, physiques, sexuelles, pressions financières, pressions auprès des enfants

Service de victimologie enfants et femmes enceintes

715 victimes reçues
1644 consultations réalisées
451 réquisitions judiciaires
43 femmes enceintes victimes de violences conjugales suivies dans le service ; 11 signalements judiciaires de femmes enceintes et 28 pour les mineur(e)s ; 19 informations préoccupantes transmises
Les violences sexuelles représentent 1/3 des motifs de consultations, les 2/3 restants sont des agressions sexuelles commises par des membres de la famille

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