Suicide chez les jeunes : accompagnement sur mesure au Centre Jean Abadie du CHU de Bordeaux

Auteur /Etablissement :
600 jeunes ont mis fin à leurs jours en 2016 en France. 1 adolescent sur 7 est en souffrance (15 %) et peut être considéré comme étant « à risque suicidaire ». Un phénomène qui se retrouve plus particulièrement chez les filles. Elles sont 3 fois plus nombreuses que les garçons, à passer à l’acte en prenant majoritairement des médicaments. Lors de la 21ème journée nationale de prévention du suicide du 2 févier 2017, le CHU de Bordeaux alerte sur l’augmentation significative des tentatives de suicide chez les moins de 16 ans, en particulier chez les filles de 13 à 15 ans.
600 jeunes ont mis fin à leurs jours en 2016 en France. 1 adolescent sur 7 est en souffrance (15 %) et peut être considéré comme étant « à risque suicidaire ». Un phénomène qui se retrouve plus particulièrement chez les filles. Elles sont 3 fois plus nombreuses que les garçons, à passer à l’acte en prenant majoritairement des médicaments. Lors de la 21ème journée nationale de prévention du suicide du 2 févier 2017, le CHU de Bordeaux alerte sur l’augmentation significative des tentatives de suicide chez les moins de 16 ans, en particulier chez les filles de 13 à 15 ans.

Dans l’Unité Médico-Psychologique de l’Adolescent et du Jeune Adulte (UMPAJA) du centre Jean Abadie
, la moitié des 350 patients suivis a moins de 15 ans. « Bien souvent ces jeunes se signalent avant leur tentative de suicide par d’autres comportements : fugue, scarifications, ivresse répétée « binge drinking ». Pour prévenir ce geste qui peut être fatal, il est important de repérer ces signes de mal être dès les années collège. » prévient le Dr Xavier Pommereau, chef de service de l’UMPAJA et chef du pôle aquitain de l’adolescent.
Pour appuyer son message et expliquer le suivi proposé dans son unité, il convie les journalistes à assister à un atelier de médiation en présence de jeunes patients volontaires.
Certains jeunes sont plus vulnérables que d’autres
«Le risque suicidaire chez les adolescents homosexuels ou qui ont des troubles de l’identité de genre par exemple est plus élevé que dans la population générale. Il s’agit en effet d’une population vulnérable à cause des problèmes de harcèlement et d’homophobie qu’elle vit au quotidien mais aussi parce qu’il est plus compliqué d’assumer une identité mal définie ou tout simplement "sa différence ". "J’appelle cela avoir ‘l’identité en vibration’. »
Les causes ‘déclenchantes’ ne sont pas forcément les causes explicatives : « La dispute, le conflit avec un proche peut être un facteur déclenchant mais il est important d’essayer d’explorer pourquoi l’adolescent s’est montré aussi sensible et réactif à ce conflit. Bien au-delà de la maladie mentale (attention à ne pas confondre déprime et dépression majeure) la plupart souffrent de se sentir bafoués, reniés, maltraités dans leur identité et de ne pas trouver leur juste place. De plus, le harcèlement dont peuvent être victimes ces jeunes sont aujourd’hui démultipliés par l’effet internet. »
En choisissant cette solution ultime, les adolescents suicidaires souhaitent :
– Faire cesser leur souffrance par tous les moyens
– Reprendre la main sur leur destin
– Espérer une autre vie (exemples : partir et imaginer une sorte de paradis, se fabriquer une existence à titre posthume…)
Un accompagnement adapté à la situation du jeune et dans la mesure du possible compatible avec sa vie familiale et sa scolarité
L’unité Médico-Psychologique de l’Adolescent et du Jeune Adulte (UMPAJA) dispose de 13 lits pour accueillir les adolescents suicidaires âgés de 13 à 22 ans pour des séjours-bilans d’environ trois semaines.
Les jeunes évoluent en milieu ouvert et de plein gré dans un environnement avec d’autres adolescents en mal-être. Ils se reconnaissent en termes d’identités en souffrance.
– Ils restent entre 15 jours et 3 semaines afin d’explorer les raisons profondes de leur mal-être et de flécher un suivi beaucoup plus précis et prévenir ainsi les risques de récidive.
– Chaque patient a deux référents psys et rencontre quotidiennement et individuellement son psychiatre ou son psychologue.
– Des groupes de parole et des ateliers de médiation (ex : musique, modelage, histoire de goût…) sont organisés chaque semaine, car la philosophie de l’UMPAJA est de miser sur les compétences pour aider les patients à mieux comprendre les sources de leur souffrance, non de leur asséner leurs insuffisances.
Durant le séjour, une évaluation approfondie de la crise suicidaire et effectuée. L’équipe définit les fondements d’une prise en charge qui poursuivra en institution spécialisée ou en ambulatoire. Elle veille à ce que le temps de soins psychiques intensifs reste compatible avec les exigences de la vie scolaire et familiale. 

À lire également

Climat et santé : à Grenoble, des solutions pour adapter le système de soins

Le 8 octobre, la ville de Grenoble a accueilli l’Open Field Day MOUNTADAPT. Cet événement a pour ambition de mieux comprendre les conséquences du changement climatique sur la santé et les territoires de montagne, de présenter des solutions innovantes développées dans le cadre du projet MOUNTADAPT, et de favoriser le dialogue entre les différents acteurs, dont le CHU de Grenoble fait partie.

« Fausse couche » : les Hospices Civils de Lyon créent une consultation dédiée

Chaque année en France, 200 000 grossesses s’arrêtent spontanément au premier trimestre, soit une toutes les deux minutes et demie. Plus d’une femme sur dix y sera confrontée au cours de sa vie. Pourtant, ce sujet intime reste peu abordé et sa prise en charge se résume la plupart du temps à un passage aux urgences, faute de parcours dédié. Depuis juillet 2026, l’hôpital de la Croix-Rousse propose une consultation de gynécologie semi-urgente, construite avec les professionnels de ville, pour accompagner ces femmes hors du circuit des urgences.

Le CHRU de Nancy récompensé pour son dispositif « Patient mystère »

Le 17 septembre, le CHRU de Nancy a été distingué par le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées lors de la 3ᵉ édition du Défi patient « Et chez vous, comment le patient participe-t-il à la sécurité de SES soins ? ». Lauréat de la catégorie « Établissements hospitaliers », le CHRU a été récompensé pour son projet « Patient mystère », une démarche qui place le regard du patient au cœur de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.