Bétabloquants : l’arrêt est démontré sans risque un an après un infarctus

Une étude menée par l'hôpital européen Georges Pompidou suggère que le traitement par bétabloquant après un infarctus du myocarde peut être interrompu sans risque de surmortalité au-delà de la première année.
Une étude menée par l’hôpital européen Georges Pompidou suggère que le traitement par bétabloquant après un infarctus du myocarde peut être interrompu sans risque de surmortalité au-delà de la première année. 
A la suite d’un infarctus, 4 classes de médicaments sont actuellement recommandées. L’intérêt d’une d’entre elles, les bétabloquants, est aujourd’hui discuté, d’autant que ces traitements sont responsables d’effets indésirables fréquents (fatigabilité, ralentissement psychomoteur, impuissance …).
L’étude dirigée par le Dr Etienne Puymirat, du département de cardiologie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP et de l’Université Paris-Descartes, et publiée sur le site du British Medical Journal le 20 septembre 2016, offre une nouvelle perspective. Elle montre que l’utilisation de bétabloquants garde un intérêt probable au cours de la première année (et notamment pendant le premier mois après la sortie de l’hôpital, période au cours de laquelle les circuits électriques du cœur restent encore plus ou moins perturbés), où elle est associée à une réduction de 23 % de la mortalité. En revanche, au-delà de cette période, la survie des patients est similaire à long terme, que les patients aient poursuivi ou arrêté leur traitement bétabloquant. 
2679 patients suivis
L’étude a porté sur 2 679 patients ayant été hospitalisés pour un infarctus du myocarde, sans antécédent d’insuffisance cardiaque et avec une fonction myocardique conservée. Afin d’évaluer l’intérêt des bétabloquants et les conséquences de leur arrêt sur la mortalité après un infarctus, l’équipe a utilisé les données de FAST-MI (French Registry of Acute ST-Elevation Non-ST-Elevation Myocardial Infarction), un registre national du suivi de 3 670 patients, réalisé en 2005 par la Société Française de Cardiologie et coordonné par le Pr Nicolas Danchin de l’hôpital européen Georges Pompidou et le Pr Simon Tabassome de l’hôpital Saint-Antoine. Les données de FAST-MI, ont donné lieu à une étude épidémiologique, publiée en 2012 dans le JAMA
Des études propectives attendues
Les nouvelles données, publiées aujourd’hui, suggèrent donc que le traitement par bétabloquant après un infarctus du myocarde pourrait être interrompu au-delà de la première année chez certains patients, sans risque de surmortalité. Des études prospectives, dont un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) coordonné par l’équipe du Pr Gilles Montalescot, chef du département de cardiologie médicale à l’Institut de cardiologie à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, viendront compléter ces résultats. 

À lire également

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.

Sport intense et canicule : le CHU d’Angers met en garde contre le coups de chaleur

La France connait actuellement un épisode caniculaire précoce. Les événements sportifs, dédiés notamment à la course à pied, sont nombreux en cette période. Les sportifs sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs. Dans ces conditions, des coups de chaleur d’exercice peuvent survenir, entraînant des hospitalisations, voire des décès. Les médecins réanimateurs et du sport du CHU d’Angers rappellent quelques recommandations de base, face à ces épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient.

Hôpital Henry Gabrielle : un accompagnement inédit après les cancers du sang 

Les Hospices Civils de Lyon ont ouvert, à l’hôpital Henry Gabrielle, une unité de soins médicaux et de réadaptation (SMR) dédiée à l’onco-hématologie. Première structure de ce type au sein d’un CHU en France, elle propose une prise en charge globale, spécialisée et coordonnée des patients atteints de cancers du sang après des traitements intensifs. Conçue comme un maillon du parcours de soins, elle constitue l’aval direct du service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud. Elle assure la continuité de la prise en charge après la phase aiguë, dans une logique de parcours sécurisé et gradué, au service de la récupération physique, psychologique et sociale de patients fragilisés par une leucémie, un lymphome, un myélome, une greffe de moelle ou une thérapie par CAR-T cells.

Cancer du pancréas : au CHU Grenoble Alpes, l’innovation thérapeutique à l’honneur

Le CHU Grenoble Alpes lance l’étude ACAPELLA, première en Europe, pour évaluer une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée (DaRT) chez des patients atteints de cancer du pancréas non opérable. Portée par ses équipes expertes en oncologie digestive, en endoscopie digestive et en radiothérapie, cette étude vise à offrir une alternative plus efficace à la radiothérapie conventionnelle, avec l’espoir d’améliorer significativement le pronostic de patients aujourd’hui en impasse thérapeutique.

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.