7e double greffe bilatérale à Lyon: « C’est miraculeux de retrouver ses mains »

Auteur /Etablissement :
Jean-Michel Schryve, 51 ans, père de trois enfants, bénéficiaire d'une double greffe de mains, a témoigné face à la presse, ce jeudi 9 février 2017, aux côtés des chirurgiens de l'hôpital Edouard Herriot et de la clinique du Parc de Lyon qui l'ont opéré. Il s'agit de la 7e greffe bilatérale aux Hospices civils de Lyon.
Jean-Michel Schryve, 51 ans, père de trois enfants, bénéficiaire d’une double greffe de mains, a témoigné face à la presse, ce jeudi 9 février 2017, aux côtés des chirurgiens de l’hôpital Edouard Herriot et de la clinique du Parc de Lyon qui l’ont opéré. Il s’agit de la 7e greffe bilatérale aux Hospices civils de Lyon.
Jean-Michel Schryve est revenu avec émotion sur cette intervention qui changé sa vie. En 2010, ce père de famille du Nord avait été amputé des quatre membres et subi plusieurs interventions au niveau du visage, en raison de nécroses secondaires à un purpura fulminans (forme grave d’infection du sang). Après un séjour dans le centre de rééducation de Berck où il est équipé de prothèses pour les 4 membres, il contacte en 2012 l’équipe Lyonnaise qui réalise des greffes d’avant-bras pour obtenir les informations sur cette option thérapeutique. Il supporte en effet mal les prothèses de membres supérieurs qu’il n’utilise pas et dont l’absence de sensibilité le gêne.
3 ans d’attente et la générosité d’un donneur
Suite à un bilan pré-greffe complet, il est mis sur la liste d’attente en 2013. Après trois ans d’attente et grâce à la générosité d’un donneur, il a été opéré en novembre 2016. "C’est miraculeux de retrouver ses mains", a-t-il confié aux journalistes et d’ajouter qu’il envisageait à nouveau "une vie de couple".
Cette chirurgie réalisée dans le cadre d’un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) intervient dix-neuf ans après la première greffe mondiale de mains réalisée au sein du CHU de Lyon par le Pr Jean-Michel Dubernard. 
Une intervention de 12 heures dans des conditions d’urgence
L’intervention, qui a duré 12 heures, a réuni une équipe de 25 personnes au bloc opératoire du pavillon V de l’hôpital Edouard Herriot, parmi lesquelles des chirurgiens des diverses spécialités (orthopédique, transplantation, vasculaire), des anesthésistes, des assistants, des infirmières et des aides-soignants. 
C’est une chirurgie programmée qui se réalise dans les conditions de l’urgence dès que le greffon arrive. La transplantation proprement dite commence par la fixation des os du donneur sur ceux du receveur avant de procéder à la revascularisation. Les vaisseaux une fois raccordés, le sang du receveur se met à circuler dans la main du donneur. Les nerfs, les muscles et les tendons sont ensuite raccordés un à un. Et vient en dernier la réparation de l’aspect esthétique de la main avec la peau du donneur.
Immédiatement après l’intervention, le patient est placé sous immunosuppresseurs de façon à éviter les risques de rejet. Pour M. Schryve, les suites de la transplantation ont été marquées par une infection qui a prolongé son hospitalisation. 
3 ans de rééducation et un suivi à vie
Il débute désormais un long processus de rééducation avec une équipe de kinésithérapeutes et ergothérapeutes de l’hôpital Edouard Herriot. Dès qu’il sera cicatrisé, il poursuivra sa rééducation au centre Romans Ferrari puis à celui de Berck, plus proche de son domicile, pour obtenir le résultat fonctionnel le meilleur possible.
La rééducation dure trois ans en moyenne. Les évaluations montrent que les mains recouvrent entre 34 et 91% d’une mobilité normale, ce qui permet aux patients de retrouver une autonomie et de réaliser seuls les gestes de la vie courante. 
Le patient sera suivi à intervalle régulier toute sa vie par l’équipe multidisciplinaire lyonnaise. Seront évalués la fonction des membres greffés, leur motricité, leur capacité fonctionnelle, leur sensibilité, leur adaptation à la vie quotidienne, la tolérance au traitement immunosuppresseur, l’existence de signe de rejet aigu ou chronique, et l’état psychologique du patient. Le suivi psychologique fait également partie intégrante de la prise en charge. En amont, tout au long de son parcours à l’hôpital et pendant sa rééducation.
Le lancement imminent d’un protocole de recherche médico-économique
Le PHRC incluant sept patients est désormais clos. Cependant, l’équipe lyonnaise a émis une demande de prise en charge de ce type d’interventions par l’assurance maladie. Dans ce contexte, un protocole de recherche médico économique (PRME), porté par les équipes lyonnaises et parisiennes, attend ainsi une autorisation pour démarrer dans les mois à venir. Cette étude médico-économique vise à évaluer si économiquement et médicalement, on a un avantage à faire une transplantation de bras par rapport à l’utilisation de prothèses. Si l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) attendu mi-mars, est favorable, l’étude portant sur une trentaine de personnes pourrait commencer. 
Un amendement attendu pour ouvrir la possibilité de greffe à de plus nombreux patients 
Les nombreux autres patients en attente d’une greffe pourraient bénéficier d’un amendement à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017, permettant sous conditions et après avis d’une commission nationale et d’équipes expertes, la possibilité de greffer des patients en dehors de tout protocole de recherche. Cette mesure devrait permettre, après publication des décrets d’applications, à toutes les catégories de patients bi-amputés de mieux accéder à la greffe.

À lire également

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.

Sport intense et canicule : le CHU d’Angers met en garde contre le coups de chaleur

La France connait actuellement un épisode caniculaire précoce. Les événements sportifs, dédiés notamment à la course à pied, sont nombreux en cette période. Les sportifs sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs. Dans ces conditions, des coups de chaleur d’exercice peuvent survenir, entraînant des hospitalisations, voire des décès. Les médecins réanimateurs et du sport du CHU d’Angers rappellent quelques recommandations de base, face à ces épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient.

Hôpital Henry Gabrielle : un accompagnement inédit après les cancers du sang 

Les Hospices Civils de Lyon ont ouvert, à l’hôpital Henry Gabrielle, une unité de soins médicaux et de réadaptation (SMR) dédiée à l’onco-hématologie. Première structure de ce type au sein d’un CHU en France, elle propose une prise en charge globale, spécialisée et coordonnée des patients atteints de cancers du sang après des traitements intensifs. Conçue comme un maillon du parcours de soins, elle constitue l’aval direct du service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud. Elle assure la continuité de la prise en charge après la phase aiguë, dans une logique de parcours sécurisé et gradué, au service de la récupération physique, psychologique et sociale de patients fragilisés par une leucémie, un lymphome, un myélome, une greffe de moelle ou une thérapie par CAR-T cells.

Cancer du pancréas : au CHU Grenoble Alpes, l’innovation thérapeutique à l’honneur

Le CHU Grenoble Alpes lance l’étude ACAPELLA, première en Europe, pour évaluer une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée (DaRT) chez des patients atteints de cancer du pancréas non opérable. Portée par ses équipes expertes en oncologie digestive, en endoscopie digestive et en radiothérapie, cette étude vise à offrir une alternative plus efficace à la radiothérapie conventionnelle, avec l’espoir d’améliorer significativement le pronostic de patients aujourd’hui en impasse thérapeutique.

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.