AVC de l’enfant : le CHRU de Tours aux avant-postes

Auteur / Etablissement : ,
Les premières recommandations internationales pour l’AVC de l’enfant viennent de paraître dans Journal of the American Heart Association. Reconnues pour leur expertise sur la prise en charge de l’AVC, les équipes du CHRU de Tours y ont largement contribué.

Les plus jeunes ont longtemps été les grands oubliés de l’Accident Vasculaire Cérébral. Une anomalie lorsqu’on se penche sur les chiffres. En effet, l’AVC de l’enfant est une urgence neurologique qui touche 1 à 5 enfants sur 100 000 chaque année, soit 400 nouveaux cas en France. Cause majeure de handicap acquis chez l’enfant, les symptômes – faiblesse d’un membre, troubles du langage, crises d’épilepsie – sont également méconnus, entraînant un retard diagnostique qui dépasse fréquemment quatre heures. 

Des causes multiples, tous âges confondus

Comme chez l’adulte, il existe deux formes principales : les AVC ischémiques (50 %) dus à l’obstruction d’une artère cérébrale et les AVC hémorragiques (50 %) causés par la rupture d’un vaisseau. Les causes d’AVC chez l’enfant sont diverses : cardiopathies congénitales, troubles de la coagulation, infections (la varicelle étant le principal facteur de risque), encore malformations vasculaires, notamment dans les formes hémorragiques. Tous les âges et les deux sexes peuvent être concernés.

Les différences avec l’adulte tiennent surtout aux causes et à la meilleure plasticité cérébrale de l’enfant, qui favorise la récupération mais expose à des séquelles développementales à long terme. La mortalité reste limitée, autour de 5 à 10 %, mais les séquelles neurologiques sont fréquentes.

Un vide de recommandations désormais comblé 

Jusqu’en 2025, il n’existait aucune recommandation internationale consensuelle pour les AVC hémorragiques pédiatriques, faute d’études suffisantes sur une pathologie rare et complexe. La diversité des causes, la difficulté à mener des essais cliniques chez l’enfant et la fragmentation des filières de soins expliquaient ce retard. L’International Pediatric Stroke Organization (IPSO) vient d’y remédier en publiant dans le Journal of the American Heart Association (JAHA) les premières recommandations internationales dédiées aux AVC hémorragiques de l’enfant. Pensées pour les non-experts confrontés à un AVC hémorragique pédiatrique rare, ces recommandations visent à guider les équipes face à une urgence peu fréquente, en clarifiant les étapes diagnostiques, thérapeutiques et organisationnelles. Ce travail, fruit de cinq années de coordination internationale, associe plus de 70 experts issus de 25 pays. 

En France, ces recommandations, validées par les principales sociétés savantes internationales, devraient garantir à chaque enfant un accès rapide, homogène et expert à la prise en charge neurovasculaire, 24h/24. 

Le Pr Grégoire Boulouis (CHRU de Tours, neuroradiologie diagnostique et interventionnelle, INSERM U1253 iBrain, CIC-IT1415) est premier auteur et co-coordinateur de ces recommandations, aux côtés de la Dre Laura Lehman (neuropédiatre, Harvard, auteure senior). Parmi les autres experts français figure un second praticien tourangeau, le Pr Marco Pasi (CHRU de Tours, neurologie).

Le Pr Grégoire Boulouis premier auteur et co-coordinateur des recommandations. Crédit Photo : CHRU de Tours

Une expertise régionale reconnue 

La région Centre-Val de Loire n’a pas attendu la publication officielle des recommandations pour avoir une filière neurovasculaire pédiatrique structurée et opérationnelle. « Les urgentistes, réanimateurs et radiologues sont formés, et les circuits de prise en charge fonctionnent – même si des améliorations restent possibles » affirme-t-on du côté du CHRU de Tours, dont l’Unité Neuro-Vasculaire (UNV) du CHRU de Tours, coordonnée par le Pr Marco Pasi, occupe – avec les services de neurochirurgie pédiatrique et de neuropédiatrie – une place centrale dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) à l’échelle régionale.

Plusieurs chantiers prioritaires ont été identifiés par l’établissement pour améliorer cette prise en charge de l’AVC de l’enfant: 

  • renforcer la reconnaissance des symptômes d’AVC chez l’enfant, y compris en ville,
  • réduire le délai diagnostique en optimisant l’entrée dans la filière d’urgence,
  • harmoniser les protocoles d’imagerie et de soins entre établissements,
  • consolider la coordination entre les hôpitaux de Clocheville et Bretonneau.

La rédaction avec le CHRU de Tours 

Les recommandations du JAHA

Les recommandations publiées dans le Journal of The American Heart Association dédiées aux AVC hémorragiques de l’enfant sont disponibles ici : 

À lire également

Naître sans oreille : le CHU de Lille reconstruit désormais le pavillon des enfants

La reconstruction de pavillon d’oreille par implant synthétique est une technique innovante dans la chirurgie reconstructrice, destinée aux enfants comportant une anomalie du développement de l’oreille externe dès la naissance. Venue tout droit des Etats-Unis, cette technique est délicate et demande une grande expertise. En France, elle se réalise exclusivement au sein des hôpitaux publics de Necker- AP-HP et au sein des blocs opératoires de Jeanne de Flandre du CHU de Lille, en partie grâce à un financement interne de soutien à l’innovation.

Cureety : une innovation pour le suivi à domicile des malades du cancer 

Le CHU de Montpellier propose un dispositif innovant de télésurveillance médicale destiné à améliorer le suivi à domicile des patients atteints de cancer. Grâce à cette application numérique, les services d’Oncologie Médicale et d’Hématologie renforcent la continuité des soins et proposent un accompagnement personnalisé à distance.