Chirurgie ambulatoire : inauguration d’une unité de 15 lits

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Fin 2007, le Centre hospitalier universitaire de Poitiers inaugurait son unité de chirurgie ambulatoire, en présence de Marie-Sophie Desaulle, directrice de l'Agence régionale de l'hospitalisation, de Jacques Santrot, président du conseil d'administration, de Jean-Pierre Dewitte, directeur général, du professeur Joseph Allal, président de la commission médicale d'établissement et du professeur Bertrand Debaene, médecin coordonnateur de cette unité.

Fin 2007? le Centre hospitalier universitaire de Poitiers inaugurait son unité de chirurgie ambulatoire, en présence de Marie-Sophie Desaulle, directrice de l’Agence régionale de l’hospitalisation, de Jacques Santrot, président du conseil d’administration, de Jean-Pierre Dewitte, directeur général, du professeur Joseph Allal, président de la commission médicale d’établissement et du professeur Bertrand Debaene, médecin coordonnateur de cette unité.

L’unité de chirurgie ambulatoire est une organisation centrée sur le patient et privilégiant la gestion des flux. Elle répond à des besoins de santé et d’amélioration de la prise en charge du patient, tout en libérant des lits pour les personnes nécessitant une hospitalisation conventionnelle. L’objectif est ainsi d’utiliser en priorité le rôle médical et la technologie de pointe de l’hôpital, et de réduire au minimum le rôle d’hébergement. L’unité compte dans un premier temps 15 places, réparties entre une salle de 10 places et 5 boxes individuels.

Avantages pour le patient En plus de la réduction des risques d’infection nosocomiale, de thrombose veineuse profonde (phlébite), le malade est moins stressé par la durée restreinte de séjour en-dehors de son milieu familial. Les personnes âgées et celles qui souffrent d’une maladie chronique ou de certains handicaps, peuvent réintégrer rapidement leur milieu de vie et de retrouver le rythme de prise de leurs médicaments.

L’impact économique de la chirurgie ambulatoire pour la société n’est pas non plus négligeable : réduction des nuitées d’hospitalisation, reprise plus rapide des activités professionnelles, réduction des coûts salariaux unitaires,…

Pour l’hôpital et le personnel les avantages sont d’ordre organisationnel : occupation plus rationnelle des lits et donc, une réduction des listes d’attente. La possibilité, pour le personnel infirmier de bénéficier d’horaires stables et confortables, excluant les nuits et les week-ends. Enfin, la chirurgie ambulatoire est un moyen de dynamiser et de valoriser la chirurgie publique.

La chirurgie ambulatoire est un moyen de dynamiser et de valoriser la chirurgie publique.

Critères d’admission
Les critères d’éligibilité du patient pour la chirurgie ambulatoire sont évalués lors des consultations chirurgicale et anesthésiques. Ces critères sont à la fois médicaux, environnementaux mais aussi et surtout psychosociaux.

L’âge est un élément discriminant ; les nourrissons de moins de 6 mois ne sont pas éligibles à la chirurgie ambulatoire. Les critères médicaux, élaborés par l’American Society of Anesthesiologists (ASA), sont gradués selon le risque anesthésique. Trois groupes de patients répondent à la prise en charge en ambulatoire : d’une part, le patient en bonne santé n’ayant d’autre affection que celle nécessitant l’acte chirurgical (ASA 1 ), d’autre part, le patient souffrant d’une perturbation modérée d’une grande fonction vitale (ASA 2 ) et enfin, le patient d’une maladie générale sévère mais non invalidante (ASA3).

Les critères psychosociaux sont, comme pour l’hospitalisation à domicile, tout aussi importants que les critères médicaux. Ils sont fondamentaux car ils permettent d’assurer un maximum de sécurité à la sortie du patient et au retour à domicile (accompagnement, état psychologique, domicile situé à une distance raisonnable d’un centre de soins,…).

Principales techniques ou indications pour la chirurgie ambulatoire*
5 actes sont financés à 100% par la T2A : les interventions sur le cristallin, sur le canal carpien, les drains transtympaniques, les ligatures de veines et éveinages et les circoncisions.
Chirurgie générale chirurgie plastique de surface ; exérèse cutanées avec ou sans greffe, kyste sacro-coccygien ; biopsies diverses, adénome du sein, prothèse mammaire ; ablation de corps étrangers ; hernie, éveinage unilatéral
Examens endoscopiques Laryngoscopie en suspension, coelioscopie, cystoscopie, côlonoscopie, arthroscopie du genou
Gynécologie Curetage, conisation du col, IVG
Ophtalmologie Sonde bi-canaliculaire, hernie de l’iris, ablation d’éponge, entropion, pterygion, strabisme, cataracte, dacryo-cysto-rhinostomie
ORL Otoplastie, rhinoplastie, polype, dilatation oesophagienne, amygdalectomie
Orthopédie Kyste arthro-synovial, canal carpien, maladie de Dupuytren, syndactylie, ténolyse, ablation de matériel d’ostéosynthèse, d’exotose
Stomatologie Extractions dentaires, germectomie
Urologie Circoncision, dilatation urétrale, méatotomie
Indicateurs de qualité Dès l’ouverture de l’unité, des indicateurs qualité permettront d’évaluer et d’améliorer l’activité. Les indicateurs retenus, à ce jour, concernent le taux d’annulation des interventions programmées ; le taux de reprise au bloc opératoire ; la sortie retardée d’un patient ; le taux d’hospitalisations imprévues ; l’altération de la continuité des soins ; le retour imprévu d’un patient au CHU.

*Source CREDES 1997

Un parcours de soins centré sur le patient
La sortie du patient le jour même de l’intervention chirurgicale est rendue possible par les progrès notamment des techniques anesthésiques et du contrôle de la douleur. La limitation de la durée d’hospitalisation à moins de 12 heures impose une maîtrise absolue de l’organisation. Cette dernière repose sur la mise en place d’un parcours de soins, centré sur le patient (voir encadré parcours du patient en ambulatoire). Les objectifs clés sont : la maîtrise des procédés, la gestion des flux, la limitation des risques opératoires, notamment du risque d’infection nosocomiale et du risque anesthésique, une sécurité maximum pour le patient.

Le retard français
La France accuse un retard important par rapport aux États-Unis, au Canada et à la plupart des pays européens. Le taux de chirurgie ambulatoire est notamment de 78% au Danemark, 67% aux Pays Bas, 60% en Grande Bretagne contre 30% en France et seulement 22% en Italie. Cette inégalité de pratiques se reflète également au niveau des régions et entre secteur public et secteur privé. Le secteur public réalise 33% des 18 actes marqueurs de l’activité ambulatoire, contre 48% dans le privé.
Dans un contexte concurrentiel accru, et dans la logique du développement des techniques peu invasives, la mise en place de l’unité de chirurgie ambulatoire au CHU de Poitiers a été inscrite comme l’une des priorités du projet d’établissement 2001-2007.

Définition Par chirurgie ambulatoire, on désigne la réalisation d’interventions chirurgicales chez des patients rejoignant leur domicile le jour même.

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