Festival Clap : Le CHU de Bordeaux s’anime   

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Le 1er festival culturel “CLAP” du CHU de Bordeaux a commencé le 12 juin et s’est terminé le 21 juin 2025. Organisé en collaboration avec des opérateurs culturels, associations, artistes, partenaires privés et soutiens financiers, cet événement cherche à rassembler autour d’ateliers et scènes partagées les patients et professionnels de santé. Reportage.

Les couloirs du CHU de Bordeaux résonnent différemment cette semaine. Entre des ateliers de lecture, des expositions, des concerts, des ateliers de peinture et de dessins ainsi qu’un podcast… pas de doute, le festival CLAP “concerts, lecture, arts plastiques” est bien lancé. 

Pour la première année, le service communication et culture  du CHU de Bordeaux a décidé de créer ce festival dans l’objectif d’humaniser l’hôpital et offrant l’opportunité aux patients et à leurs proches de s’ouvrir à la vie artistique de la métropole Bordelaise. “Au fil du temps, le CHU de Bordeaux a tissé des liens solides avec des artistes et des institutions culturelles, permettant la réalisation de projets créatifs et engagés”, explique le Directeur général du CHU de Bordeaux, Vincent-Nicolas Delpech dans l’édito du programme. 

À la croisée des toiles : l’art comme lien humain

9H00. Les oiseaux qui chantent, un faible vent avant que le soleil ne se lève vraiment, et une explosion de couleurs et de rires dans l’unité Tastet-Girard de l’hôpital Pellegrin. Ce jeudi 19 mai, nous assistons à un atelier de peinture avec l’artiste Paul Peinture. Il est Médiateur, facilitateur, acteur social et bricoleur, il cherche, par son art, à créer des liens entre les individus à travers des projets artistiques participatifs et collectifs. Pendant deux jours, il invite les usagers et les professionnels du CHU de Bordeaux à réaliser des œuvres ensemble. 

Paul Peinture, artiste. Crédit photo : CHU Média

9H30 : Le chariot à roulettes tape sur les pavés de la cour, débordant de couleurs et de matériels. Paul Peinture pénètre dans le service de Médecine Physique et de Réadaptation. Il s’installe au milieu de la salle de rééducation tandis que les patients continuent, comme si de rien, à faire leurs exercices. L’artiste vient s’installer dans leur quotidien. Il sort alors ses pinceaux et sa toile blanche. Une patiente vient vers lui afin de tenter l’expérience. 

10h30 – “Vous préférez quelle couleur ?” demande Paul peinture à la patiente hésitante. “Le bleu je pense” répond t-elle. 

Il sort alors la peinture bleue, lui donne le pinceau et l’accompagne dans la réalisation du tableau. Un véritable moment de cohésion et d’émotion naît alors de cet échange laissant place au lâcher prise et aux confidences. Un tableau d’art abstrait, nuancé de bleu et de formes géométriques prend forme. 

Crédit photo : CHU Média

“Il y a deux réalisations sur les murs du Tripode qui sont en cours. Et avec mon chariot j’essaie de créer des moments et faire des tableaux. Il y aura une expo’ qui durera plusieurs semaines dans le hall d’accueil […] Avoir la chance de participer à ce festival m’apporte énormément humainement, car cela permet de prendre conscience de la société et de la vie en général […] Ce que je trouve intéressant c’est que, dans un hôpital, tout le monde se côtoie, que ce soit des professionnels, des personnes qui sont dans le cadre de leurs études, des médecins, des infirmières… et aussi des gens qui sont là pour mille raisons particulières. Ce qui est intéressant au final, c’est de se retrouver et d’oublier pourquoi on est là, essayer au-delà d’une blouse ou d’une étiquette, d’être nous, une personne.”, raconte Paul peinture. 

Ce dernier va sillonner l’hôpital pendant deux jours, dans l’objectif de partager et transmettre par l’art, la magie de la rencontre. 

Atelier Paul Peinture. Crédit photo : CHU Média

Au chevet des patients

14h30 – Des longs couloirs à perte de vue, des blouses blanches et des brancards. Un son de guitare venant du service de médecine interne et maladies infectieuses à l’hôpital Saint-André à Bordeaux. 

Nous poussons la porte du service, et nous suivons les notes de musique en provenance d’une chambre.  Olivier Chassain, guitariste, est assis au chevet d’une patiente, Roxane, 53 ans, atteinte d’une leucémie. “Nous partons ensemble pour un moment d’évasion”, lui dit Olivier en commençant à gratter les premières cordes de sa guitare. Durant quarante minutes, un moment musical emporte Roxane, passionnée de musique classique, un réel moment de partage et d’émotion. Des larmes coulent sur ses joues au rythme de la mélodie et une bulle d’apaisement et de bienveillance se crée. Un moment suspendu et fragile. 

Olivier Chassain, guitariste Crédit photo : CHU Média

Olivier Chassain intervient auprès des patients du pôle de médecine interne et en soins palliatifs, en proposant des concerts intimistes dans chaque chambre. Habitué des chambres d’hôpitaux, le musicien nous raconte :“cela met souvent arrivé de jouer au chevet des personnes de ma famille ou de mes amis. Quand on m’a proposé d’intégrer cette association Hop We care, j’étais directement motivé, et aujourd’hui à Bordeaux, c’est ma joie d’aller de chambre en chambre. Je pense que c’est une idée absolument géniale car on apporte un petit peu de joie, de distraction ou de présence humaine aussi, car c’est mieux que d’écouter la radio” dit il en riant “on a un musicien en vrai en face de nous, alors oui certes, avec quelques imperfections et de stress surement mais ça peut être magnifique aussi tout est possible, mais il y a une vraie relation humaine qui se greffe dessus et il y a des moments très forts en fait, très souvent”. 

Plus tard, la guitare sur le dos, Olivier Chassain quitte la chambre de Roxane, et se dirige vers la chambre numéro 15, où une fois la porte fermée et les premières notes de guitares retentissent, un moment unique aura lieu.

L’art en partage : le CHU s’anime, se raconte, se vit

Ce n’est pas tout ! De nombreux autres ateliers ont lieu durant le festival Clap comme une restitution d’ateliers d’écriture par les patients de la consultation transculturelle ou encore la lecture d’un livre écrit par un collectif de soignants sous la direction de l’écrivain Eduardo Berti. Quatre expositions sont également à découvrir dans les services de l’hôpital Haut-Lévêque. Accompagnés par Les arts au mur, artothèque de Pessac, les professionnels des services concernés ont sélectionné les œuvres exposées dans les chambres, les couloirs et les salles d’attente. Durant un après-midi, le 13 juin, le médiateur de l’artothèque est venu à la rencontre des usagers et des professionnels du CHU pour un temps d’échange et de rencontre autour des pièces choisies par les œuvres de l’artothèque. 

Oeuvre de Paul Peinture “en attendant le rendez-vous de maman" Crédit photo : CHU Média

Dans une parenthèse plus musicale,de nombreux moments musicaux sont proposés par le CHU comme  l’orchestre du CHU de Bordeaux sur le parvis de l’hôpital des enfants ou encore l’artiste bordelais jérémy Malodj né au Seychelles qui compose des chansons métissées et poétiques.

Crédit photo : CHU de Bordeaux

Céline Milleron, chargée des missions culturelles au CHU et fondatrice du festival, nous raconte la genèse de ce projet qu’elle prépare depuis des mois avec sa jeune collègue Juliette Dubois : “ l’idée de ce festival est de faire un focus sur toutes les actions culturelles qui se passent à l’hôpital pour essayer de mettre en lumière l’hôpital sous un nouveau jour, de montrer un hôpital humain ou finalement ce qui est hyper important c’est le lien entre les gens et la culture est le bon vecteur pour montrer ça et mettre en lumière tout cela” nous confie t-elle “nous ce qu’on souhaitait faire c’est de mettre en avant les talents des patients et des soignants avec un accompagnement artiste. On a eu une belle participation pour tous ces événements qu’ils soient soit au chevet pour les patients qui ne peuvent pas  se déplacer ou soit dans des espaces collectifs publics où tous les publics même hors de l’hôpital était invité à partager ces moments.”

Pour clôturer ce festival, le samedi 21 juin a eu lieu un concert dans la chapelle de l’hôpital Saint-André réunissant le duo Argos et le Quatuor Agate lauréats de la Fondation nationale Banque Populaire.

 

Charlotte Dieuaide 

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