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Gériatrie : l’approche originale et pragmatique du CHU

Ce n'est pas dans l'habitude des CHU de promouvoir la gériatrie ni de se situer à l'intérieur d'une filière médico-sociale dont l'objectif est de privilégier le maintien à domicile. Dans ce domaine, Poitiers fait figure d'exception. Une particularité due au pragmatisme de la démarche co-pilotée par la Direction Générale et par l'équipe du Dr Marie-Dominique Lussier, coordonnatrice du pôle. « Nous nous inscrivons dans une logique de complémentarité tout en confortant les valeurs ajoutées hospitalo-universitaires que sont la recherche, l'innovation et l'enseignement » expliquent les concepteurs de la future cité gériatrique dont la première tranche « le bâtiment Camille Claudel » a été inaugurée vendredi 27 octobre 2006 sur le site de l'hôpital de la Milétrie.

Ce n’est pas dans l’habitude des CHU de promouvoir la gériatrie ni de se situer à l’intérieur d’une filière médico-sociale dont l’objectif est de privilégier le maintien à domicile. Dans ce domaine, Poitiers fait figure d’exception. Une particularité due au pragmatisme de la démarche co-pilotée par la Direction Générale et par l’équipe du Dr Marie-Dominique Lussier, coordonnatrice du pôle. « Nous nous inscrivons dans une logique de complémentarité tout en confortant les valeurs ajoutées hospitalo-universitaires que sont la recherche, l’innovation et l’enseignement » expliquent les concepteurs de la future cité gériatrique dont la première tranche « le bâtiment Camille Claudel » a été inaugurée vendredi 27 octobre 2006 sur le site de l’hôpital de la Milétrie.

Ce pavillon regroupe deux unités de soins de suite et de réadaptation ainsi que l’hôpital de jour gériatrique et des consultations de gériatrie et de mémoire. La structure abrite également l’équipe mobile gériatrique et le réseau gérontologique ville-hôpital. La visite n’est pas terminée… En accès direct, deux jardins destinés aux personnes âgées invitent à la promenade ou à l’entraînement : le jardin thérapeutique avec potager, fontaine et terrasses de rencontres pour le repos et la promenade des patients atteints par la maladie d’Alzheimer et un jardin de rééducation, pour préparer les patients à leur retour à la vie courante. Des kinésithérapeutes et ergothérapeutes les aident à maîtriser les obstacles de la chaussée urbaine : rampes, poutres, pavés, ornières…

Génèse du projet
Pour des raisons de sécurité, le CHU a du fermer en 2003 un pavillon complet (80 lits) de son site hospitalier gériatrique Louis Pasteur. Contraint de repenser l’accueil des résidents, le CHU n’a pas voulu se limiter à un projet immobilier, préférant concevoir une offre de soins complémentaire, en soutien à l’offre existante. « Nous avons voulu nous préparer au défi démographique et de santé posé par l’augmentation des plus de 85 ans dans le département où l’on vit le plus vieux. » résume Jean-Pierre Dewitte, Directeur Général. Nous voulions répondre de façon originale à la question : comment faire pour que les personnes âgées entrent le plus tard possible en institution ? Comment faire pour qu’elles ne basculent pas dans la dépendance ? La filière gériatrique satisfait cet impératif tout en s’adaptant aux problèmes spécifiques posés par les personnes âgées souffrant de polypathologie. « En effet, pour retarder l’hospitalisation, éviter la désorientation et le stress des urgences, nous intervenons en coordination avec les généralistes et spécialistes de ville, les réseaux ville-hôpital, les réseaux des maisons de retraite. Nous voulons tout faire pour éviter que les personnes âgées ne tombent dans la dépendance, c’est pourquoi nous avons créé des structures souples : un hôpital de jour pour soulager aussi les familles, des consultations gériatriques en amont pour prévenir les situations d’urgence et une équipe mobile qui se rend au chevet des patients. » renchérit le Dr Marie-Dominique Lussier

« Nous travaillons sur la fragilité médicale et sociale. La personne âgée est instable et il suffit d’un grain de sable pour que son existence bascule. Une situation qui requiert des stratégies de soins pluridisciplinaires. A nous de placer toutes les compétences au lit de la personne âgée, là où elle se trouve. ! » explique le Pr Jandel

Les statistiques confirment que l’option retenue est la bonne. «L’intervention coordonnée d’une part du médecin généraliste et du gériatre dès la prise en charge aux urgences a permis pour ces patients de réduire la durée moyenne de séjour de 4 jours.

Un programme national en faveur de la gériatrie
Pour atténuer l’impact du choc démographique gériatrique sur le fonctionnement des hôpitaux dans les 15 ans à venir, un « programme pour la gériatrie » a été rédigé par les Pr. Claude JEANDEL, CHU de Montpellier et Pierre Pfitzenmeyer, CHU de Dijon et par Philippe VIGOUROUX, Directeur Général du CHU de Limoges, à la demande du ministère de la santé et des solidarités en avril 2006.
Les 20 recommandations et 45 mesures concrètes s’articulent autour de 5 objectifs : créer un label « filière gériatrique » pour chaque établissement de santé siège d’un service d’urgences ; faire contractualiser en tant que « partenaires de la filière gériatrique labellisée » les établissements et structures associés à la filière gériatrique ; prendre en compte le vieillissement des patients dans les services non gériatriques ; développer la coordination entre tous les partenaires, tout au long du parcours du patient ; disposer en nombre et en qualification des femmes et des hommes pour animer cette politique gérontologique.
Des recommandations qu’a fait siennes le CHU de Poitiers, précurseur dans le domaine.

Programme pour la gériatrie, la documentation française, avril 2006, 54 pages

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