Greffe : Tours célèbre ses 30 ans de transplantation rénale

Auteur /Etablissement :
Le 25 septembre 2015, les équipes hospitalo-universitaires du CHRU célèbreront les 30 ans de greffe rénale tourangelle et leur 2 000ème transplantation. Retour sur une activité initiée en 1985 et qui n’a cessé de se développer portée par des praticiens pionniers : les professeurs Henri Kreiss, Bernard Charpentier, Philippe Bagros, Hubert Nivet, Yves Lanson et Yvon Lebranchu.

Le 25 septembre 2015, les équipes hospitalo-universitaires du CHRU célèbreront les 30 ans de greffe rénale tourangelle et leur 2 000ème transplantation. Retour sur une activité initiée en 1985 et qui n’a cessé de se développer portée par des praticiens pionniers : les professeurs Henri Kreiss, Bernard Charpentier, Philippe Bagros, Hubert Nivet, Yves Lanson et Yvon Lebranchu.
Après une première tentative de transplantation rénale en 1978 au CHRU de Tours qui s’est soldée par un échec quasi immédiat, le programme a été gelé jusqu’en 1985. La seconde tentative s’est déroulée le 20 octobre 1985 sous l’impulsion des Pr Bagros et Nivet et la responsabilité des Pr Lanson et Lebranchu. Ce fut un succès ! Le receveur du rein a pu vivre avec un greffon fonctionnel jusqu’en 1996. L’activité a ensuite été marquée par une augmentation par palier : 50 par an jusqu’en 1995,  autour de 80 en 2005, plus de 100 transplantations en 2007. Depuis 5 ans, l’activité se situe entre 110 et 130 greffes rénales par an. L’augmentation est principalement due à un élargissement des indications des greffes aux âges extrêmes. Ainsi, un enfant en bas âge (22 mois) a ainsi reçu un greffon rénal et des greffes ont été réalisées chez des patients de plus de 80 ans. Le prélèvement d’un rein chez des donneurs vivants est de plus en plus fréquemment proposé et effectué au CHRU de Tours : 14 transplantations à partir de donneurs vivants en 2014 ;  il est désormais possible de donner un rein à un proche à condition d’être en excellente santé.
Cette augmentation d’activité a été rendue possible grâce à la synergie entre les différents services* autour de la transplantation rénale et grâce à un personnel chevronné et entièrement dédié à cette activité : diététicienne, coordinatrices de transplantation, psychologues.
Le CHRU de Tours est le seul centre de transplantation rénale de la région Centre.
Le recrutement de patients en attente de transplantation rénale couvre les 6 départements de la Région Centre. Plus de la moitié (60 %) des transplantés rénaux du CHRU de Tours n’habitent pas en Indre et Loire mais dans les autres départements de la région Centre. Et soulignent les responsables, l’augmentation d’activité ne modifie en rien la qualité. Les résultats du CHRU demeurent excellents. Evalué en fonction de la survie des patients avec un greffon rénal fonctionnel après 5 ans, le CHRU de Tours compte parmi les meilleurs centres de transplantation français. Actuellement 1 500 patients ayant un greffon fonctionnel sont régulièrement suivis au CHRU.

Ils ont fait la greffe en France et à Tours

Henri Kreiss, Professeur Emérite en Néphrologie est un acteur incontournable de la transplantation rénale depuis les années 60 en France. Responsable de l’unité de greffe rénale à l’hôpital Necker, il a connu les progrès tant sur le plan chirurgical que sur le plan médical en rapport avec la transplantation rénale. Il a publié de nombreux œuvres littéraires sur la greffe.
Bernard Charpentier, ancien Président de la Conférence des Doyens et membre de l’académie de médecine, il est Professeur d’immunologie. Ancien président de l’association Européenne de Transplantation il est connu pour l’élaboration et la participation à de très nombreux protocoles de recherche clinique qui ont, parmi d’autre, permis des progrès sur la prise en charge thérapeutique des transplantés.
Philippe Bagros est l’ancien chef de service de Néphrologie du CHRU de Tours. Il a fondé le service en 1973. Il est ensuite devenu Professeur des Sciences Humaines et il a joué un rôle déterminant dans la reconnaissance Nationale de cette discipline. Il participe encore aujourd’hui à de nombreux colloques sur la relation médecin-patient.
Yvon Lebranchu est arrivé en Touraine, chef de clinique en Pédiatrie à Clocheville. Il s’est alors progressivement tourné vers des thématiques immunologiques, d’abord en s’intéressant à la maladie de Kawasaki, puis au déficit immunitaire chez l’enfant. Il s’est ensuite consacré exclusivement à l’immunologie (de 2010 à 2014 Président du CNU) et a débuté, avec le soutien des Pr Bagros, Nivet et Lanson, le programme de transplantation rénale au CHRU de Tours en 1985. Sous son impulsion, l’activité a augmenté avec toujours une exigence inchangée sur la qualité des soins et du suivi des transplantés. Désormais définie comme un axe prioritaire CHRU, l’activité de transplantation rénale doit beaucoup à cette personnalité dynamique et fédératrice. Pédagogue hors du commun, Yvon Lebranchu sait expliquer les mécanismes complexes. Il utilise souvent des métaphores ce qui donne parfois l’impression que l’immunologie est accessible à nous tous. Il a participé à la création du DIU de transplantation (unique en France) et du Master 2 Relation Greffon Hôte qui restent aujourd’hui parmi les enseignements de référence en transplantation d’organe et de tissu. Incontestablement Yvon Lebranchu a compris très tôt l’importance de la recherche au sein du CHU. Il a toujours soutenu la recherche clinique et créé des équipes de recherche dans la transversalité (from bench to bedside). (256 articles référencés). Yvon Lebranchu est Membre de l’Académie de Médecine, consultant à l’ARS. Il intervient au sein de l’équipe de recherche EA 4245.

À lire également

Ce super microscope voit comment nous sommes contaminés par les substances chimiques présentes dans l’environnement 

Le CHU Grenoble Alpes et l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont inauguré le 3 décembre la plateforme BioLIBS comprenant un prototype hospitalier unique de microscope d’imagerie élémentaire par spectroscopie de plasma induit par laser (LIBS). Ce dispositif a pour objectif d’accélérer la recherche translationnelle (santé respiratoire, dermatologie, maladies rares) et de préparer des usages diagnostiques cliniques pour les pathologies liées aux expositions professionnelles et environnementales.

Des prélèvements biologiques transportés par drones

En juin 2025, un marché public a été signé avec INNOV ATM / Drone Med pour créer trois
routes aériennes entre le site des hôpitaux de Brabois du CHRU de Nancy et les centres
hospitaliers de Pont-à-Mousson, Toul et Lunéville. Soutenu par France2030, ce projet vise à remplacer les trajets terrestres carbonés par des vols de drones électriques, rapides et sécurisés. L’ouverture du premier couloir aérien est prévue entre mars et août 2026.