Recherche clinique et consentement du patient

Auteur /Etablissement :
Dans son journal interne* le CHU de Toulouse invite le Dr Marie-Elise Llau pharmacienne à la direction de la recherche médicale et innovation – à préciser l'obligation de consentement libre et éclairé du malade qui accepte de participer à une recherche biomédicale.

Dans son journal interne* le CHU de Toulouse invite le Dr Marie-Elise Llau pharmacienne à la direction de la recherche médicale et innovation – à préciser l’obligation de consentement libre et éclairé du malade qui accepte de participer à une recherche biomédicale.

Le développement de la recherche biomédicale sur l’être humain est encadré par des règles éthiques internationales et des règles juridiques nationales de protection et de respect des personnes. Ainsi, en France, sauf exceptions prévues explicitement par la loi aucune recherche biomédicale ne peut être pratiquée sur une personne sans son consentement libre et éclairé, recueilli après lui avoir délivré les informations nécessaires à cette fin.

Depuis le code de Nuremberg (1947) , le consentement est un principe essentiel, à la fois juridique et déontologique de la pratique de la recherche biomédicale sur l’homme. Toute personne qui se prête à une recherche biomédicale doit avoir été informée de manière claire -oralement et par écrit- et doit avoir donné son consentement sous forme d’un document signé.

Avant d’accepter ou de refuser de participer à une recherche biomédicale, la personne est informée par le médecin (appelé investigateur) qui dirige l’étude, ou un médecin qui le représente:
• de l’objectif de la recherche, de sa méthodologie et de sa durée,
• des bénéfices qui peuvent être attendus sur le plan individuel ou collectif, des contraintes et des risques prévisibles,
• des éventuelles alternatives thérapeutiques,
• de son droit de refuser de participer à cette recherche ou de retirer à tout moment son consentement sans encourir aucune responsabilité, ni aucune conséquence pour la qualité de sa prise en charge;
• de l’avis favorable émis par le Comité de Protection des Personnes* et de l’autorisation de l’autorité compétente;
• de son droit d’avoir communication, à tout moment des informations concernant sa santé que détient l’investigateur, ainsi que, à l’issue de la recherche, des résultats globaux de celle-ci.

Les informations communiquées sont résumées dans un document écrit : la notice d’information remis à la personne dont le consentement est sollicité.

Le consentement libre et éclairé doit ensuite être recueilli, par écrit, après un délai de réflexion suffisant.
La signature du consentement atteste de la compréhension de l’engagement et de l’accord de la personne à participer à l’essai. Il doit impérativement être signé avant le début de la recherche.

La signature ne décharge pas le médecin investigateur de son devoir d’apporter à la personne les meilleurs soins possibles.

Le recueil du consentement est une obligation légale et le fait de pratiquer ou de faire pratiquer sur une personne une recherche biomédicale sans avoir recueilli le consentement, tel que prévu par la loi, s’expose à de sévères sanctions (3 ans emprisonnement et 45000€ d’amende). La signature du consentement éclairé permet l’inclusion du patient dans la recherche. Il est possible à la personne, à tout moment, d’arrêter sa participation à l’essai sans avoir à se justifier. L’absence du consentement écrit de la personne interdit sa participation à la recherche.

Recherche : les cas particuliers prévus par la loi

Dans le cas de recherches biomédicales effectuées sur des mineurs, ou des majeurs protégés par la loi le consentement est donné par les titulaires de l’autorité parentale ou le cas échéant par le représentant légal ou le tuteur autorisé par le conseil de famille ou le juge des tutelles.

Dans le cas de recherches biomédicales en situation d’urgence qui ne permettent pas de recueillir le consentement préalable du patient, le protocole peut prévoir que le consentement de cette personne ne soit pas recherché et que seul soit sollicité celui des membres de sa famille ou celui de la personne de confiance, s’ils sont présents. L’intéressé est informé dès que possible et son consentement lui est demandé pour la poursuite éventuelle de cette recherche.

Dans le cas de recherches biomédicales sur une personne majeure hors d’état d’exprimer son consentement et ne faisant pas l’objet d’une protection juridique, l’autorisation est donnée par la personne de confiance ou à défaut de celle-ci, par la famille, ou, à défaut, par une personne entretenant avec l’intéressé des liens étroits et stables.

Enfin, dans le cas de recherches visant à évaluer des soins courants ou dans le cas de prélèvements réalisés pour des collections biologiques, c’est la non-opposition de la personne se prêtant à la recherche qui est sollicitée.

Le CHU de Toulouse héberge deux Comités de Protection des Personnes (CPP).

Article rédigé par le Dr. Marie-Elise Llau

* Trait d’union n°121

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.