Infirmières : l’affirmation d’une identité professionnelle

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Auxiliaires attentives œuvrant aux côtés des malades, les infirmières furent longtemps soumises aux pouvoirs religieux, administratifs et médicaux. Par la construction d’une identité et d’un corps professionnels, elles réussirent peu à peu à se dégager des carcans hiérarchiques. Aujourd’hui, c’est par la formation académique qu’une nouvelle génération d’infirmières-doctorantes-chercheuses participe au mouvement d’émancipation des soignants. Les 1éres Journées francophones de la recherche en soins qui se tiendront les 11 et 12 avril 2013 à Angers marquent de manière emblématique la reconnaissance de leurs compétences et de leurs contributions au progrès médical. L’occasion d’apprécier le chemin parcouru.

Auxiliaires attentives œuvrant aux côtés des malades, les infirmières furent longtemps soumises aux pouvoirs religieux, administratifs et médicaux. Par la construction d’une identité et d’un corps professionnels, elles réussirent peu à peu à se dégager des carcans hiérarchiques. Aujourd’hui, c’est par la formation académique qu’une nouvelle génération d’infirmières-doctorantes-chercheuses participe au mouvement d’émancipation des soignants. Les 1éres Journées francophones de la recherche en soins qui se tiendront les 11 et 12 avril 2013 à Angers marquent de manière  emblématique la reconnaissance de leurs compétences et de leurs contributions au progrès médical. L’occasion d’apprécier le chemin parcouru.
Les grandes étapes de la reconnaissance professionnelle des soignants
Près d’un siècle s’est écoulé entre la création du titre d’infirmière diplômée d’Etat et le premier programme hospitalier de recherche clinique et paramédicale, 88 années très exactement au cours desquelles les infirmières ont affirmé leur appartenance à un corps professionnel expert et indépendant.
– 1922 : Création du titre d’infirmière diplômée de l’Etat français
–  1993 : Publication de décrets relatifs aux règles et actes professionnels 
– 1951 : Création de «  la revue de l’infirmière »
–  1956 : Création de la revue « Soins »
– 1961  : Les hommes sont admis dans les écoles d’infirmières
–  1987 : Création d’  « infirmière magazine »
–  1988 : Premier salon infirmier (Paris) et naissance de la coordination infirmière
–  1991 : Création de la direction du service de soins infirmiers dans les hôpitaux
– 1999 : La proportion d’hommes diplômés du DE a été multipliée par trois entre 1970 et 1999 passant de 4,7 % en 1970 à 15,1 % en 1999* – taux qui reste stable depuis.
 – 2000 : Les infirmières scolaires ont le droit de délivrer la « pilule du lendemain »
– 2004 : Premières expérimentations relatives à la coopération entre professionnels de santé
– 2006 : Création d’un ordre national des infirmiers français
– 2006 : La part  des femmes dans la profession infirmières demeure élevée : 88% en moyenne**
– 2007 : Publication de décrets relatifs aux prescriptions infirmières
– 2009 :  La loi HPST préconise un développement de la recherche en soins infirmiers et autorise les transferts de tâches
–  2000 : Création de www.infirmiers.com/
–  2010 :  Nouveau programme d’études- Partenariat avec université-diplôme reconnu à un grade licence.
–  2010 : Premiers programmes hospitaliers de recherche en clinique et paramédicale
–  2011 : 30 infirmiers doctorants en formation
–  2013 : 1éres Journées francophones de la recherche en soins ***
L’universitarisation du cursus de formation consacre la dimension académique des études infirmières avec pour corollaire la production d’un savoir propre. Cette évolution est accompagnée d’un changement de statut d’élève en étudiant. Dans le même temps se déroulent les premières expérimentations portant sur les transferts et délégations de tâches. Autant de facteurs qui contribuent à la reconnaissance de compétences spécifiques élargies.

En France, ces transformations déterminantes se sont déroulées sur fond d’évolutions sociétales : avènement du féminisme, démographie médicale défavorable, technicisation des soins, vieillissement de la population et augmentation des maladies chroniques…
Enfin, la "masculinisation" de la profession même si elle demeure limitée (12% des effectifs) influence l’exercice professionnel. Les infirmières actuelles sont aussi des infirmiers qui tout autant que leus consoeurs s’inscrivent dans une dynamique d’affirmation identitaire.
De la reconnaissance professionnelle à la visibilité sociale
Au fil des ans, les soignants s’unissent et se mobilisent pour réclamer de meilleures conditions de travail. Professionnelles au capital sympathie le plus élevé, les infirmières bénéficient d’une écoute particulière et leurs revendications sont reprises par les grands médias. On les retrouve aussi sur Facebook ou twitter où elles donnent de la voix notamment sous la bannière du collectif «ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes», slogan qui laisse bien percevoir que malgré toute l’empathie, la compétence et le dévouement dont elles font preuve, elles ne renonceront pas à  exiger de la société la place et le traitement auxquelles elles sont en droit de prétendre.
Marie-Georges Fayn
* La formation aux professions sociales en 1999-2000, François Delaporte, DREES, Collection statistique n°16, décembre 2000 et n°38, juin 2002

** La profession infirmière : Situation démographique et trajectoires professionnelles, Muriel Barlet, Marie Cavillon – DREES – n° 101 – novembre 2010 – dernière consultation 02/04/2013
*** Dossier de presse des 1éres Journées francophones de la recherche en soins les 11 et 12 avril 2013 à Angers et programme

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