Maladies rares : lancement de deux projets de recherche pour mieux comprendre les hépatites auto-immunes

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L'équipe de recherche fondamentale et clinique. Crédit Photo : CHU de Nantes
A l’occasion de la journée internationale des maladies rares, l’équipe de l’Institut des Maladies de l’Appareil Digestif du CHU de Nantes, en étroite collaboration avec les chercheurs du Centre de Recherche en Transplantation et Immunologie Translationnelle, lance actuellement deux projets de recherche afin de mieux comprendre les mécanismes immunitaires mis en jeu dans les hépatites auto-immunes, des origines jusqu’au suivi clinique des patients.

Ce vendredi 28 février, journée internationale des maladies rares, deux projets de recherches sont déployés par l’équipe de l’Institut des Maladies de l’Appareil Digestif du CHU de Nantes et des chercheurs du Centre de Recherche en Transplantation et Immunologie Translationnelle. Par cette annonce, le CHU de Nantes veut rappeler son engagement depuis dix ans dans la recherche sur l’hépatite auto-immune, une maladie rare dont la prévalence est de 20 cas pour 100 000 habitants.

La recherche fondamentale pour améliorer les traitements

Pour rappel, l’hépatite auto-immune est liée à un dérèglement du système immunitaire qui attaque les cellules normales du foie. Souvent silencieuse pendant plusieurs années, l’origine précise de cette maladie qui dégrade progressivement le foie reste inconnue. Déployer des projets de recherche pour mieux comprendre la maladie et son fonctionnement reste donc essentiel selon le CHU de Nantes. 

« Les traitements actuels à base d’immunosuppresseurs, souvent également utilisés dans la prévention du rejet des greffes en transplantation, induisent une diminution de la réponse immunitaire globale. Cependant, il s’agit de traitements non ciblés qui peuvent bloquer plusieurs mécanismes de l’immunité. L’objectif est d’identifier des médicaments ciblés spécifiques des altérations de l’immunité impliquées dans cette maladie. La recherche est donc essentielle pour mieux comprendre les mécanismes immunologiques de cette maladie afin de pouvoir, à l’avenir, proposer aux patients des traitements ciblés plus adaptés. », explique le Dr Jérôme Gournay, chef du service hépato-gastro-entérologie et assistance nutritionnelle du CHU de Nantes, et responsable du centre de référence sur les hépatites auto-immunes.

Une fois l’état du patient contrôlé depuis 2 à 3 ans, les recommandations actuelles suggèrent de tenter une diminution progressive des traitements sous surveillance rapprochée afin de réduire voire de supprimer la prise d’immunosuppresseurs par les patients. Certains d’entre eux rechuteront, d’autres non. Les équipes du CHU de Nantes et du CR2TI recherchent actuellement des marqueurs prédictifs de cette rechute. Une piste prometteuse a récemment été identifiée par les équipes. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication scientifique dans Scientific Reports.

Etude du système immunitaire des patients et réponse aux traitements

Les équipes du CHU de Nantes, en collaboration avec le CR2TI et le Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy, ont récemment démontré la concordance entre les lymphocytes retrouvés dans le foie (biopsie du foie du patient au diagnostic) et les lymphocytes circulant dans le sang (prélèvement sanguin). Cette découverte publiée dans Nature Communications est une avancée majeure pour faciliter la recherche dans ce domaine grâce à des prélèvements sanguins moins contraignants pour le patient.

Deux projets de recherche sont en cours de lancement au CHU de Nantes et au CR2TI. L’un, PLAIR*, coordonné par le Dr Amédée Renand (CR2TI), a pour objectif de comprendre les mécanismes immunitaires mis en jeu dans ces maladies, afin d’identifier de potentielles nouvelles cibles thérapeutiques. L’autre, PRETERRAH*, coordonné par le Dr Sophie Conchon (CR2TI), a pour but de mettre au point des tests biomarqueurs innovants qui permettront aux cliniciens de mieux suivre les patients et d’adapter leurs traitements de façon personnalisée.

Ces deux projets très complémentaires se font en collaboration avec MicroPICell (plateforme imagerie tissulaire et cellulaire) et avec le Dr Pierre Milpied (CIML, Inserm CNRS, Marseille) pour PLAIR.

Vers une médecine personnalisée

La capacité à analyser de manière très approfondie et très précise le système immunitaire pourrait déboucher à terme sur le développement d’une médecine personnalisée pour les patients atteints d’hépatite auto-immune. L’identification pour chaque patient des anomalies impliquées permettait de choisir un traitement adapté avec la durée nécessaire. L’analyse individuelle des différents types de lymphocytes permettra un ciblage sur mesure et adapté en fonction des changements biologiques.

La rédaction avec le CHU de Nantes

 

*Lymphocytes : cellules jouant un rôle essentiel dans l’élimination des agents pathogènes ou des cellules tumorales lors de la réponse immunitaire ; et s’attaquant à nos organes (cellules) lors d’une maladie auto-immune.

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