Accouchements : au CHUGA, on teste un dispositif pour remplacer les forceps

Auteur / Etablissement : ,
Capture Youtube
Le CHU Grenoble Alpes participe à l’étude internationale Odon Device, un essai clinique qui évalue un dispositif d’assistance aux accouchements par voie basse permettant notamment d’éviter les lésions sur la tête du bébé.

En France, les obstétriciens doivent recourir à une assistance instrumentale pour 12% des femmes qui accouchent par voie basse (81%). Reconnu pour son expertise obstétrique, le CHU Grenoble Alpes souhaite rester à la pointe des techniques pour offrir aux mères et à leurs enfants une prise en charge sûre et confortable. Cette semaine, l’établissement a publiquement dévoilé sa participation à l’étude internationale Odon Device, essai clinique qui évalue un nouvel outil validé en utilisation clinique par les normes européennes au printemps dernier et qui se pose en alternative aux traditionnels forceps, ventouses ou spatules. 

Un sac plastique pour éviter les marques 

Concrètement, l’Odon Device est conçu pour aider la naissance d’un bébé lors de la deuxième phase de travail. Son principe : un manchon souple et gonflable qui se place autour de la tête du bébé afin de l’accompagner grâce à deux manettes dans sa sortie, sans pression excessive sur le crâne ni sur le périnée. Il faut préciser que le plastique, au moment où il est placé en vue de l’extraction du bébé, n’empêche pas sa respiration puisque ce dernier ne respire que par les voies nasales in utero.

Crédit Photo : CHU de Besançon

Les bénéfices attendus de cet instrument innovant sont présentés comme multiples. L’Odon Device permettrait en effet la réduction du risque de lésions de la tête du nourrisson, une diminution de la douleur de la mère, avec une meilleure protection du périnée. Pour les équipes médicales, on évoque une utilisation “simple, sécurisée, susceptible de limiter certaines complications”. En résumé, on parle d’accouchements plus apaisés. 

Pour l’anecdote, on doit cette invention à Jorge Odon, mécanicien argentin, qui a eu l’idée de ce dispositif vers 2006, en voyant des enfants sortir un bouchon coincé dans une bouteille grâce à un sac plastique.

Une étude internationale avec le CHU Grenoble Alpes

Au CHU Grenoble Alpes, « grâce à l’utilisation d’instruments et de manœuvres dans certaines situations, le taux de césarienne est inférieur à la moyenne nationale, malgré le niveau 3 de la maternité, reflet de l’expertise des équipes et de protocoles favorisant l’accouchement par les voies naturelles ». C’est dans cette dynamique que le Pr Didier Riethmuller, coordonnateur du pôle Médecine de la reproduction – obstétrique – gynécologique, et son équipe s’impliquent dans l’étude Odon Device. Grenoble rejoint ainsi plusieurs centres hospitaliers européens (le CHU de Besançon, établissement précurseur, teste ce dispositif depuis 2020) pour contribuer à cette évaluation clinique internationale. Cinq praticiens du CHUGA ont été spécifiquement formés et labellisés cet été.

Crédit Photo : CHU Grenoble Alpes - agence Witty.

Pour revenir à l’étude, prévue sur un an, elle doit concerner environ 60 accouchements réalisés avec ce dispositif. Les données recueillies permettront de confirmer son efficacité dans une étude multi‐centrique, sa sécurité et son confort d’utilisation, avec la perspective de diffuser largement cette innovation si les résultats s’avèrent aussi concluants que dans une première étude française publiée en 2024.

La rédaction avec le CHU Grenoble Alpes 

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.