Addiction à l’alcool : le CHU de Tours recrute des volontaires pour un nouveau traitement

Auteur /Etablissement :
La stimulation transcrânienne à courant continu, nouveau remède contre l'alcoolisme ? Cette question est au cœur d'une étude nationale conduite par les chercheurs du CHU de Tours en coopération avec le service d’addictologie du CHU de Dijon. Leurs travaux visent à évaluer l'efficacité de cette technique non invasive, simple, sûre, sans prémédication et sans danger. Des séances de 13 minutes en ambulatoire (2 fois par séance) sont proposées à des volontaires, hommes ou des femmes de plus de 18 ans, voulant réduire leur consommation d'alcool. Explications...

La stimulation transcrânienne à courant continu, nouveau remède contre l’alcoolisme ? Cette question est au cœur d’une étude nationale conduite par les chercheurs du CHU de Tours en coopération avec le service d’addictologie du CHU de Dijon Bourgogne. Leurs travaux visent à évaluer l’efficacité de cette technique non invasive, simple, sûre, sans prémédication et sans danger. Des séances de 13 minutes en ambulatoire (2 fois par séance) sont proposées à des volontaires, hommes ou des femmes de plus de 18 ans, voulant réduire leur consommation d’alcool. Explications…

Un complément efficace à la prise en charge classique

La Stimulation Transcrânienne à Courant Continu a déjà démontré son efficacité en psychiatrie et de récente données suggèrent qu’elle pourrait avoir un intérêt en addictologie en diminuant l’envie irrépressible de consommer des substances. L’abstinence qui était autrefois l’objectif du corps médical dans les troules de l’usage de l’alcool n’est plus la règle. Quelques traitements récents ont été commercialisés dans le sens de la reprise de contrôle de sa consommation d’alcool. Ces traitements sont parfois mal tolérés et doivent souvent être pris sur de longues périodes. Ce technique novatrice, qui a montré son efficacité dans d’autres pathologies, propose un complément à cette prise en charge classique. 

10% de la population concernés

Le taux des personnes souffrant d’un trouble de l’usage d’alcool est estimé à environ 10% de la population générale. Le trouble de l’usage d’alcool se caractérise par la notion de perte de contrôle sur ses consommations, une forte envie de consommer, un usage à risque de l’alcool ou lorsque la consommation d’alcool a un impact social. «L’alcoolisme» correspondrait à une forme tardive et évoluée de cette maladie addictive. Cependant lorsque les patients consultent pour l’alcool, la maladie a déjà évolué depuis plusieurs années. La motivation principale à la consultation étant une conséquence négative à cause de la consommation de l’alcool et l’impossibilité d’arrêter sa consommation malgré cet événement. 

L’expertise tourangelle en addictologie

Une longue expertise en addictologie au CHU de Tours et sur le territoire Ce protocole de recherche au CHU vient s’inscrire dans une expertise ancienne en Indre-et-Loire dans le domaine de l’alcoologie. En effet, les centres de soins ambulatoires en addictologie (CSAPA) sont présents dans la plupart des grandes villes du département et il existe 3 centres de cures en addictologie dont Malvau, le Courbat et le Centre Hospitalier Louis-Sevestre à La Membrolle-sur-Choisille, qui est le seul centre de cure en France porté par un établissement public et qui propose une prise en charge pluri-disciplinaire pour des durées plus ou moins longues. A Tours, l’offre de la prise en charge en addictologie s’adapte aux objectifs du patient.

Pour participer

Dans le cadre de cette étude, le CHU de Tours recherche des volontaires, hommes ou femmes âgés de plus de 18 ans, souffrant d’un trouble de l’usage d’alcool léger, moyen ou grave, ne consommant pas de substances illicites, qui ont déjà tenté au moins une fois de réduire ou d’arrêter la consommation d’alcool et qui sont motivées pour réduire leur consommation. Les volontaires suivront un traitement de stimulation transcrânienne à courant continu de 13 minutes en ambulatoire (2 fois par séance).
Le recrutement est ouvert jusqu’au 1er décembre  2019.
Pour tout renseignement ou inscription, contactez le 02 18 37 05 81

À lire également

Un quadruplet de dons croisés de reins entre 8 patients, une première en France 

Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants. Pilotée par l’Agence de la biomédecine, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable, qui a impliqué les CHU de Toulouse, Montpellier, Reims et Genève.

Sport intense et canicule : le CHU d’Angers met en garde contre le coups de chaleur

La France connait actuellement un épisode caniculaire précoce. Les événements sportifs, dédiés notamment à la course à pied, sont nombreux en cette période. Les sportifs sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs. Dans ces conditions, des coups de chaleur d’exercice peuvent survenir, entraînant des hospitalisations, voire des décès. Les médecins réanimateurs et du sport du CHU d’Angers rappellent quelques recommandations de base, face à ces épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient.

Hôpital Henry Gabrielle : un accompagnement inédit après les cancers du sang 

Les Hospices Civils de Lyon ont ouvert, à l’hôpital Henry Gabrielle, une unité de soins médicaux et de réadaptation (SMR) dédiée à l’onco-hématologie. Première structure de ce type au sein d’un CHU en France, elle propose une prise en charge globale, spécialisée et coordonnée des patients atteints de cancers du sang après des traitements intensifs. Conçue comme un maillon du parcours de soins, elle constitue l’aval direct du service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud. Elle assure la continuité de la prise en charge après la phase aiguë, dans une logique de parcours sécurisé et gradué, au service de la récupération physique, psychologique et sociale de patients fragilisés par une leucémie, un lymphome, un myélome, une greffe de moelle ou une thérapie par CAR-T cells.

Cancer du pancréas : au CHU Grenoble Alpes, l’innovation thérapeutique à l’honneur

Le CHU Grenoble Alpes lance l’étude ACAPELLA, première en Europe, pour évaluer une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée (DaRT) chez des patients atteints de cancer du pancréas non opérable. Portée par ses équipes expertes en oncologie digestive, en endoscopie digestive et en radiothérapie, cette étude vise à offrir une alternative plus efficace à la radiothérapie conventionnelle, avec l’espoir d’améliorer significativement le pronostic de patients aujourd’hui en impasse thérapeutique.

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.