Chiens, poules, lapins : des soignants pas comme les autres 

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Crédit photo : CHU Besançon
Depuis quelques mois au sein du CHRU de Nancy, l'Institut de Formation des Aides-Soignants accueille une nouvelle élève pas tout à fait comme les autres. Couverte de poils et possédant de grandes oreilles, Vénus, une chienne cavalier King Charles, est formée dans l’établissement pour soutenir émotionnellement les étudiants. Une approche qui existe par ailleurs dans divers services hospitaliers.

Une élève bien différente ! Vénus, une chienne âgée de quelques mois a depuis l’an dernier fait son entrée au CHRU de Nancy, plus précisément à l’Institut de Formation des Aides-Soignants. L’objectif de cette présence : contribuer à une ambiance plus détendue et apaisée afin de réduire les situations de stress au sein de l’institut, aussi bien auprès des étudiants que de l’équipe pédagogique. 

Un soutien pour les étudiants soignants 

Virginie Simon, cadre supérieure de santé et coordinatrice pédagogique de l’IFAS, explique que, lorsqu’elle est arrivée à l’IFAS en 2023, elle a été surprise de découvrir une population hétérogène : des étudiants qui sortent du baccalauréat à des personnes en reconversion professionnelle, qui, parfois, se retrouvent confrontés à des problématiques sociales et psychologiques importantes. Face à ces problématiques, Virginie Simon a eu l’idée d’intégrer de la médiation animale au sein de l’établissement. Une initiative payante. 

Aujourd’hui, il est en effet reconnu que l’arrivée de Vénus a eu de grands bénéfices au sein du service. Notamment en termes d’intéractions sociales, aussi bien auprès des apprenants, qu’auprès des enseignants. Virginie Simon, qui avait choisi d’adopter personnellement un chiot Cavalier King Charles, une race connue en médiation animal pour son caractère social et calme, vient plusieurs jours par semaine à l’IFAS avec Vénus afin de la familiariser avec l’environnement. Ce sera uniquement à son premier anniversaire que cette dernière pourra exercer la médiation animale en tant que telle. 

Crédit photo : CHRU de Nancy

Un moment de douceur dans le service pédiatrie 

L’IFAS du CHRU de Nancy n’est pas un cas isolé. De nombreux établissements se sont ouvert également à cette pratique au sein de leur établissement. C’est notamment le cas au CHU de Besançon, qui accueille au sein de son service pédiatrique des visiteurs à plumes et à poils. Poules, lapins, cochons d’inde ou encore chien ont investi depuis janvier 2024 les locaux le temps de séances programmés. L’objectif recherché dans cette initiative est de rendre les conditions de séjour hospitalier plus agréables pour les enfants et leur permettre de changer d’univers et de s’évader du contexte de l’hospitalisation. 

Ce projet de médiation animal a été initié par les éducatrices de jeunes enfants (EJE) du CHU et adopté par la suite par l’ensemble des équipes de pédiatrie.

De manière concrète, plusieurs sessions sont mises en place chaque vendredi matin pour faire profiter un maximum d’enfants : 157 d’entre eux ont ainsi déjà pu passer un moment d’évasion en jouant avec les animaux. 

Des résultats prometteurs  

Un autre compagnon à quatre pattes a aussi fait ses preuves au CHU de Bordeaux. Lila, une chienne Border Collie, est au centre de la médiation animale proposée dans le service oncologie digestive à l’hôpital Haut-Lévêque. Des résultats très positifs ont aussi été observés, ce qui a entraîné une forte demande des services de soins. Le CHU souhaite aujourd’hui déployer un dispositif de plus grande ampleur. L’idée est de rendre pérenne les séances déjà mise en place et d’en faire bénéficier les patients, jeunes et moins jeunes, suivis dans six autres services – cardiologie pédiatrique, troubles du comportement alimentaires, addictologie, hépato-gastro-entérologie, centre de réadaptation et de rééducation, service de soins de suite et de réadaptation. 

Crédit photo : CHU de Bordeaux

Réduction de la douleur, du stress et des angoisses, contributions aux relations sociales et amélioration de la relation soignant-soigné, favorisation du bien-être des patients en encourageant l’apaisement et la motricité par la stimulation sensorielle, voici de nombreux impacts découlant de cette médiation animale mis en place au sein du CHU de Bordeaux. 

Un dentiste hors pair 

Plus au Nord, nous retrouvons Scully, une chienne Golden Retriever, dans le service d’odontologie de l’Hôpital Morvan au CHRU de Brest, où elle exerce aussi la médiation animale depuis novembre 2023.

Elle s’adresse surtout aux patients à besoins spécifiques donc porteurs de handicaps multiples, aux patients phobiques, ou encore ceux qui ont subi des interventions un peu lourdes ou vécus des parcours longs et difficiles, notamment en oncologie. C’est là où Scully va leur apporter de la légèreté.  Après plus d’un an, de nombreux bénéfices sont apparus. 

Crédit photo : Adrien Morcuende

“On peut voir ça comme un nouvel outil finalement dans notre arsenal thérapeutique, pour diminuer l’anxiété de nos patients. On peut utiliser d’autres outils, de l’hypnose, de la musicothérapie etc. C’est une possibilité supplémentaire avec des patients qui sont réceptifs, d’autres pas. C’est vrai que quand le patient est réceptif, le détournement d’attention et l’apaisement sont réels. On le voit sur les traits des patients qui sont beaucoup plus détendus, qui arrivent avec le sourire”, explique le Dr Camille Bossard, cheffe de clinique et propriétaire de Scully.

De plus en plus de CHU en France, comme Lille, Montpellier, Reims, Tours, Rouvray, Nantes, Nancy, Amiens, mettent en place cette méthode de soin. Autant d’établissements qui croient au pouvoir de nos amis animaux. 

 

Charlotte Dieuaide 

 

Pour plus d’informations sur Scully, le premier chien dentiste : 

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