Le CHU de Caen, moteur du nouvel Institut de Cancérologie de Normandie Ouest

Auteur / Etablissement : ,
Crédit Photo : CHU de Caen
Le CHU de Caen a présenté le nouvel Institut de Cancérologie de Normandie Ouest (ICNO). Si la livraison d’un tout nouveau bâtiment dédié aux prises en charges ambulatoires et aux soins de supports est prévue pour mars 2027, cet institut de pointe, qui associe trois centres hospitaliers, doit "renforcer et pérenniser une prise en charge des cancers à l’échelle de l’hémo-région."

433 000 nouveaux cas de cancer en France en 2023, dont 9000 en Normandie occidentale. Face à cet enjeu de santé publique, le CHU Caen Normandie, dont la cancérologie représente 20% de son activité totale, a souhaité s’associer aux centres hospitaliers Mémorial de Saint-Lô, de Lisieux et d’Alençon-Mamers pour créer l’Institut de Cancérologie de Normandie Ouest. 

Lancé à l’automne dernier, l’ICNO, qui a donc été conçu pour « renforcer et pérenniser une prise en charge de proximité », est amené à devenir une “véritable plateforme régionale” aux objectifs multiples : promouvoir la prévention et le dépistage des cancers, en lien avec les campagnes nationales ; développer des diagnostics rapides pour toutes les filières de cancérologie ; accroître la capacité d’accueil des patients, avec des délais réduits pour les consultations et les chimiothérapies ; proposer des parcours de soins intégrés, couvrant l’ensemble des besoins en cancérologie et en soins de support ; renforcer la recherche, en augmentant les inclusions dans les essais cliniques.

Crédit Photo : CHU de Caen

Incarnation de cette ambition commune, un nouveau bâtiment de 3800 m2, implanté sur le site du futur CHU de Caen Normandie, sera dédié aux prises en charge ambulatoires en cancérologie et soins oncologiques de supports. 

Identifier plus clairement le parcours de soin

« Grâce à l’institut, tous les patients bénéficieront d’une prise en charge à la fois personnalisée et coordonnée, explique le Professeur Emmanuel Babin, Directeur médical de l’Institut de Cancérologie de Normandie. Et de poursuivre : Ils auront accès à des soins de support communs et à un plateau technique dédié, notamment en imagerie. L’objectif est de fluidifier et d’accélérer les parcours de soins, dans un contexte où l’accès reste parfois difficile. Pour les professionnels, le regroupement des équipes sur un même site favorisera la transversalité, le partage de compétences et l’enrichissement des pratiques, au bénéfice direct des patients. »

Crédit Photo : CHU de Caen

Cet investissement de 15 millions d’euros marque donc pour le CHU une nouvelle étape dans la lutte contre le cancer en Normandie, offrant 20% de capacités d’accueil supplémentaires, un nouvel espace et de diagnostic (28 salles de consultations, 52 places pour les chimiothérapies), un espace de soins de supports – c’est à dire des soins et des accompagnements proposés en complément des traitements contre la maladie, pour améliorer la qualité de vie des patients : soutien psychologique, nutrition, gestion de la douleur, ou accompagnement social – et un espace de petite chirurgie. 

Aussi, la dimension hôtelière du projet n’a pas été négligée. L’ICNO souhaite inscrire l’expérience patient dans le futur avec la présence de lumière naturelle dans tous les lieux de soins et consultation. Le lieu doit également s’ouvrir sur le futur « oasis » de verdure du nouveau CHU. Enfin, des bulles individuelles sont prévues pour les chimiothérapies.

Crédit Photo : CHU de Caen

Plus qu’un lieu de soin, l’Institut, dont la pose de la première pierre est prévue pour septembre de cette année, veut s’affirmer « comme un pôle d’excellence et d’innovation » où seront développée, selon Frédéric Varnier, DG du CHU et Emmanuel Bergot, Président de la CME, « des thérapies innovantes » pour « offrir aux patients une prise en charge toujours plus efficace et humaine dans la lutte contre le cancer. » A noter que le CHU Caen Normandie, qui traite tous les types de cancer, propose déjà des thérapies innovante à l’image du traitement par CAT-T Cells. Ce dernier, qui consiste à prélever les cellules immunitaires du patient, à les modifier en laboratoire pour qu’elles apprennent à reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, puis à les réinjecter dans l’organisme, a bénéficié à plus de trente patients en 2024. 

Un pilier de la stratégie scientifique 

Outre le soin, l’Institut de Cancérologie de Normandie Ouest représente une avancée majeure dans la recherche en cancérologie. 

« Le nouveau bâtiment dédié à l’oncologie et à l’hématologie s’imposera comme un pilier de la stratégie scientifique du CHU. Il favorisera les échanges entre soins et recherche, impliquant pleinement des équipes pluridisciplinaires. Grâce à un plateau radiologique de pointe dédié à la cancérologie, les patients bénéficieront des dernières technologies pour le diagnostic et le suivi. Ce modèle intégré permettra de dynamiser les essais cliniques, d’améliorer les trajectoires de soins en temps réel, d’identifier plus rapidement les patients éligibles pour de nouveaux protocoles, et de renforcer notre rôle moteur pour la recherche en cancérologie à l’échelle régionale et nationale. » met en avant le Pr Gandhi DAMAJ, Directeur scientifique de l’ICNO.

Crédit Photo : CHU de Caen

Là encore, le CHU Caen Normandie est déjà un acteur majeur de la recherche clinique en cancérologie, structurée autour de trois axes majeurs : Épidémiologie et dépistage des cancers ; Toxicité des traitements et qualité de vie des patients ; Innovations diagnostiques et thérapeutiques. 

Avec 96 protocoles en cours et près de 690 patients inclus en 2024, le CHU se distingue par des différents projets de pointe dont  un programme d’éducation thérapeuthique dédié à l’amélioration de la qualité de vie des patients laryngectomisés et de leurs aidants, un traitement révolutionnaire du myélome multiple, plus efficace et mieux toléré (I-Dara), un projet national impliquant plus de 20 établissements pour mieux comprendre le cancer du poumon et développer les traitements de demain (cohorte LUCC) ou encore la fabrication de de modèles anatomiques pour mieux expliquer les pathologies et les interventions aux patients grâce à une plateforme d’impression 3D.

Crédit Photo : CHU de Caen

Pour la Normandie, où l’on observe une surmortalité des cancers par rapport aux autres régions françaises (+9 % chez les hommes et +4 % chez les femmes par rapport à la moyenne nationale, du fait d’une fréquence accrue de cancers à mauvais pronostic en particulier les cancers du poumon et ORL), l’arrivée de l’ICNO est une bonne nouvelle. Quant à ses habitants, ils doivent pouvoir, grâce à un portail d’entrée unique permettant aux professionnels de santé du territoire de contacter les spécialistes en cancérologie du CHU, avoir accès à une consultation sous 7 jours ouvrés en cas de suspicion de cancer. 

La rédaction

Résultats du CHU Caen Normandie en 2024 en cancérologie

  • 7e pour les cancers osseux chez l’adulte
  • 9e pour le cancer de la peau
  • 14e pour le traitement du cancer du rein
  • 18e pour le cancer ORL
  • 19e pour le cancer du poumon
  • 28e pour le cancer du côlon ou de l’intestin

À lire également

Le CHRU de Nancy récompensé pour son dispositif « Patient mystère »

Le 17 septembre, le CHRU de Nancy a été distingué par le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées lors de la 3ᵉ édition du Défi patient « Et chez vous, comment le patient participe-t-il à la sécurité de SES soins ? ». Lauréat de la catégorie « Établissements hospitaliers », le CHRU a été récompensé pour son projet « Patient mystère », une démarche qui place le regard du patient au cœur de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.

La Maison des femmes du Gard inaugurée

Vendredi 25 septembre, la Maison des femmes du Gard a été inaugurée en présence de sa marraine, la comédienne Alexandra Lamy : elle est un lieu de soin et d’accompagnement des femmes victimes de violences et en situation de vulnérabilité. Dans le Gard, 1 740 femmes ont été victimes de violences au sein de leur foyer en 2024

Manœuvres obstétricales : le CHU de Guyane promeut la synergie territoriale

Trois sage-femmes formatrices du site de Saint-Laurent-du-Maroni se sont rendues fin août à Kourou pour dispenser une formation dédiée aux manœuvres obstétricales. Une initiative inédite depuis la création du CHU de Guyane, qui répond également à un critère impératif de la certification de la Haute Autorité de Santé (HAS) portant sur l’entraînement régulier des professionnels aux situations obstétricales à risque