« Se transformer en un hôpital bas carbone ». C’est l’objectif affiché par le CHU de Montpellier qui a construit son Projet d’Etablissement 2023-2027 autour de la transition écologique. Un réel défi qui demande des transformations et changements de pratiques dans plusieurs secteurs clés, et parmi eux celui des achats. Dans un communiqué publié le 3 décembre, le CHU de Montpellier affirme qu’il vient de franchir « une étape supplémentaire grâce à la formalisation de sa politique stratégique « achats responsables », modélisée dans un Schéma de Promotion des Achats Publics Socialement et Ecologiquement Responsables (SPASER). »
Échanger plutôt qu’acheter
Outil structurant la démarche d’achats plus responsables, le SPASER, adopté par de plus en plus de collectivités pour faire de la commande publique un levier de transformation économique, sociale et écologique, dresse une liste de solutions opérationnelles à envisager pour accélérer ces multiples transitions. Au CHU de Montpellier, changer les nouvelles pratiques passe par tout un tas de réflexions qui ont désormais intégré le logiciel des achats : Cet achat est-il vraiment indispensable ? Est-on obligé de le faire venir d’aussi loin ? Le mode de production du fabricant est-il responsable ?
Premier employeur de Montpellier Méditerranée Métropole avec environ 12 000 employés, le CHU de Montpellier souhaite donc raisonner sa politique d’achats en promouvant « l’économie circulaire et la sobriété par l’analyse du juste besoin ». De manière concrète, cela passe par le fait de favoriser le réemploi plutôt que d’acheter neuf. « Nous avons récemment été récompensés par la Fédération hospitalière de France pour la mise en service d’une plateforme de réemploi. », explique Anne Ferrer, Directrice Générale du CHU. Quand un service a un objet devenu inutile, il le propose à d’autres services via Broc’santé. Grâce à ce système, nous avons évité plus de 7 tonnes de déchets en quelques mois. C’est circulaire, c’est économique, c’est ingénieux, bref c’est mieux pour la planète ».
Des fournisseurs sélectionnés selon leurs engagements verts
Aussi, des outils sont proposés aux acheteurs afin qu’ils puissent questionner plus facilement les fournisseurs sur leurs engagements environnementaux et l’impact carbone de leurs produits et services. « Ces outils ont permis de passer de 13% de marchés publics signés en 2023 avec une dimension environnementale à 37% fin septembre 2024. », analyse Marie-Ange Péridont-Fayard, Directrice adjointe Schéma Directeur Immobilier et RSE.
Si la montée en charge est progressive, le changement de culture est donc réel. Dans le cadre des investissements immobiliers, le CHU explique affirme dans son communiqué que « des clauses environnementales sont insérées dans les marchés publics de travaux pour mieux prendre en compte le relique accru de canicule, améliorer l’efficacité énergétique ainsi que le confort thermique. Cela se traduit par des mesures concrètes au niveau des nouveaux bâtiments » : façades blanches qui absorbent très peu les rayons du soleil, isolation thermique des murs par l’extérieur pour réduire les déperditions de chaleur, installation de fenêtres à double vitrage et encadrements en PVC etc.
Une transition indispensable
La transition écologique à l’hôpital, c’est possible ? Avec un secteur de la santé qui représente près de 8% des émissions de gaz à effet de serre en France, elle apparaît de plus en plus indispensable. Energie, mobilités, restauration, tri des déchets, nettoyage, implication des services… de nombreuses initiatives sont nées dans les grands hôpitaux ces dernières années. Si l’éco-révolution ne se fera pas en un jour, aucun doute sur le fait qu’elle est belle et bien en marche.
La rédaction avec le CHU de Montpellier




