Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Un foie, prélevé puis nettoyé de sa tumeur, est réimplanté : une prouesse

Lundi 26 novembre, le Professeur Karim Boudjema, chef du service de chirurgie hépatobiliaire et digestive, a procédé à une intervention ex vivo du foie sur une patiente âgée de 64 ans souffrant d'un cancer. Objectif : enlever la totalité de la tumeur en soignant le foie malade à l’extérieur la cavité abdominale, dans d’excellentes conditions d’exposition puis le réimplanter.

Lundi 26 novembre, le Professeur Karim Boudjema, chef du service de chirurgie hépatobiliaire et digestive, a procédé à une intervention ex vivo du foie sur une patiente âgée de 64 ans souffrant d’un cancer. Objectif : enlever la totalité de la tumeur en soignant le foie malade à l’extérieur la cavité abdominale, dans d’excellentes conditions d’exposition puis le réimplanter. 
Une intervention de 12h30
L’intervention a démarré à 7h30 au bloc opératoire du service de chirurgie
hépatobiliaire et digestive du CHU de Rennes. Le patient, qui souffre d’un cancer du foie, bénéficie de cette technique de chirurgie ex vivo que seule l’équipe de chirurgie hépatobiliaire et digestive du CHU de Rennes pratique en France sous la direction du Professeur Karim Boudjema. C’est la cinquième intervention de ce type effectuée en 10 ans car les indications sont extrêmement précises : la décision d’intervention se fait de manière collégiale au sein d’une équipe pluridisciplinaire. 15 professionnels ont entouré le professeur Boudjema qui a mis le foie à nu et, pendant deux heures d’un travail extrêmement minutieux, a identifié les différentes artères et
veines qui alimentent le foie, et les a ligaturées avant de les couper. La circulation extracorporelle est alors mise en place afin de dériver les flux sanguins transitant par l’organe malade.

A 10h50, le chirurgien extrait le foie et le place dans un récipient réfrigéré. Il peut maintenant intervenir pour séparer la partie malade tout en conservant artères et veines. Pendant deux heures trente, il réalise des gestes qu’il aurait été impossible d’effectuer à l’intérieur du ventre.
A 13h, le foie, nettoyé de la tumeur, est replacé. L’auto-transplantation est effectuée : la partie de foie réimplanté ne représente que 30% d’un foie normal et mettra 3 semaines à retrouver un volume presque normal.
L’opération s’achève à 18h30 après arrêt de la circulation extra-corporelle et vérification du bon fonctionnement de l’organe.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Reims, des Logisti-soins libèrent du temps aux soignants

A l’écoute de ses soignants, le CHU de Reims mise sur le déploiement d’un nouveau métier au cœur de son Nouvel Hôpital : le logisti-soins. Gestionnaire des activités de restauration, des consommables et de la maintenance du matériel biomédical, celui-ci vise une amélioration nette de la répartition du travail. Entièrement adoptée par les équipes soignantes, cette réorganisation optimise le soin et dégage ainsi un temps indispensable tant aux soignants qu’aux patients.

L’APHM élabore un kit d’urgence pour les missions spatiales 

Le service de Radiologie Interventionnelle de l’Hôpital de la Timone (AP-HM) s’implique dans le partenariat entre le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiale (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR). Afin d’améliorer la sécurité des astronautes lors des missions spatiales, douze équipes de radiologues ont travaillé sur la conception d’un kit médical d’urgence prenant en charge plus d’une dizaine de pathologies différentes.

A Nantes, un vers marin contribue à sauver un grand brûlé

L’été dernier, le CHU de Nantes a accueilli un patient brûlé sur 85% de son corps. Face à un pronostic vital engagé et à une absence d’alternative, les médecins ont alors demandé l’accord de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour utiliser un pansement oxygénant à base de ver marin (Arenicola Marina) et tenter de le sauver. Si ce produit est encore en phase expérimentale, les résultats semblent prometteurs. Nous avons interrogé le Pr Pierre Perrot, Chef de service du Centre des brûlés du CHU de Nantes, sur cette première.