Soins socio-esthétiques au CHU : parce que nous le valons bien !

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Depuis 6 mois les patients du secteur des chimiothérapies du service d'Hépato Gastro Entérologie du CHU de Nancy ont fait la connaissance de Sonia. Sa popularité est telle que certains même vont jusqu'à s'assurer de sa présence pour planifier leur séance. Si Sonia est aide-soignante depuis plusieurs années dans le secteur du Dr Laurence Choné, ce qui la rend différente aujourd'hui c'est qu'elle prodigue des soins esthétiques ou de confort pendant ou avant les chimiothérapies. Une place à part dans le milieu hospitalier public qu'elle occupe grâce à la solidarité de l'ensemble de l'équipe. Explications...

Depuis 6 mois les patients du secteur des chimiothérapies du service d’Hépato Gastro Entérologie du CHU de Nancy ont fait la connaissance de Sonia. Sa popularité est telle que certains même vont jusqu’à s’assurer de sa présence pour planifier leur séance. Si Sonia est aide-soignante depuis plusieurs années dans le secteur du Dr Laurence Choné, ce qui la rend différente aujourd’hui c’est qu’elle prodigue des soins esthétiques ou de confort pendant ou avant les chimiothérapies. Une place à part dans le milieu hospitalier public qu’elle occupe grâce à la solidarité de l’ensemble de l’équipe.

« Bien ! A partir de maintenant, vous vous laissez aller et vous ne vous occupez plus de rien.» A la voix de Sonia succède la musique apaisante d’un disque de relaxation emprunté à la médiathèque de l’hôpital. Ses mains entrent en scène : sûres, précises, minutieuses. Sur les épaules et le visage, elles s’appliquent à suivre le dessin des muscles noués, à s’enrouler autour des paupières crispées et à effleurer le cou raidi. La patiente d’abord sur la réserve parce que c’est une première fois ne résiste pas longtemps : ses traits se lâchent, son corps se cale profondément dans le fauteuil, elle se livre. Le massage durera ce qu’il faudra, Sonia est à l’écoute de l’indicible : d’un corps qui se détend, d’une personne qui s’abandonne en confiance. Pendant ce temps suspendu, le traitement se poursuit.

Une subvention de la fondation ARCAD (Aide et Recherche en CAncérologie Digestive), 3 semaines de formation intensive entre février et mars 2009 dans une école d’esthétique locale et du matériel acheté auprès des distributeurs : Sonia Poirson a vu ses pratiques professionnelles évoluer au sein du secteur très rapidement. « Elle a été désignée à l’unanimité des membres de l’équipe ! » s’enthousiasme Evelyne Servais, cadre de santé « Nous étions sûres qu’elle donnerait le meilleur d’elle-même. La preuve ? Comme il n’y a pas de poste dédié dans l’établissement sur ce type de service rendu aux patients, ce sont les membres de l’équipe qui lui libèrent du temps en déplaçant des soins ou en la remplaçant sur d’autres tâches. »

Dans le secteur, tous les patients peuvent bénéficier de ces moments privilégiés quand Sonia n’est pas en vacances. Pour les hommes, moment de bien être, pour les femmes, soins esthétiques : chacun y trouve son compte. Depuis que la proposition est faite, les demandes affluent et il faut choisir. Cette sélection relève d’une discussion entre le médecin, les infirmières et les aides soignantes. « Je vois en moyenne 4 personnes par semaine. La chimiothérapie a des effets physiques plus ou moins visibles : peau asséchée, ongles qui se cassent, cheveux qui tombent. Au quotidien, nous sommes confrontées à des patients en attente de réponses sur des questions qui deviennent très importantes pour eux. L’image de soi est fondamentale quand on doit faire face à des traitements de longue durée » raconte Sonia « J’ai accepté le challenge parce que je sens que je leur apporte quelque chose, difficile à dire avec des mots, mais quelque chose de profond et d’intime. Je les faire sortir de leur isolement de malade.»

L’effet bénéfique de l’esthétique en secteur oncologique, l’équipe du docteur Laurence Choné ne s’y attendait pas. Rapidement, Sonia Poirson, s’est trouvée absorbée par le contexte, par cette proximité et elle avait du mal à quitter les patients. «C’est pourquoi nous lui avons demandé de participer désormais aux réunions mensuelles des infirmières du dispositif d’annonce. » explique le médecin responsable du secteur « Elle trouve là un encadrement qui lui permet de garder la distance suffisante avec les patients pour leur donner sans se sentir abandonner ! » Forte de ce soutien, encouragée et soutenue par ses collègues, Sonia mène son activité avec passion. Les patients le lui rendent bien en remplissant les questionnaires de satisfaction laissés à leur disposition à la fin de chaque séance afin de pouvoir faire un bilan à la fin de l’année. « Je reprendrai rendez-vous », c’est ce qui est le plus fréquemment écrit.

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