Première Européenne : un prélèvement rénal réalisé en coeliochirurgie assistée par robot

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Il y a quelques jours, un prélèvement de rein a été réalisé pour la première fois en coeliochirurgie assistée par robot(*). Le rein gauche prélevé chez une femme a été greffé dans les heures qui suivent à son frère insuffisant rénal. La coeliochirurgie, chirurgie mini-invasive où l'intervention est réalisée par 3 à 4 incisions de 1,5 cm et où le chirurgien travaille grâce à des instruments manipulés de l'extérieur sous contrôle vidéo, n'est que très peu appliquée au domaine du prélèvement d'organes. Cependant, son intérêt semble incontestable.

Le robot chirurgical récemment acquis par le CHU permet d’ouvrir de nouvelles possibilités en coeliochirurgie. Ainsi pour la première fois en Europe, un prélèvement de rein a été réalisé en coeliochirurgie assistée par robot : rein gauche prélevé chez une femme et greffé dans les heures qui suivent à son frère insuffisant rénal. Le patient greffé était suivi jusque là pour son insuffisance rénale par le Professeur Michèle Kessler, chef du service de néphrologie. L’intervention fut réalisée par le Professeur Jacques Hubert du service d’urologie, (chef de service, Professeur Mangin).

Technique classique contre coelioscopie ou coelioscope sous robot

Le robot grâce à la vision tri-dimensionnelle qu’il fournit, à la démultiplication des mouvements, permet une dissection précise. Le rein a été retiré de l’abdomen par une petite incision sus-pubienne, dans une zone où la cicatrice est moins douloureuse et n’entraîne pas de conséquences esthétiques. La patiente a quitté l’hôpital au 6ème jour post-opératoire et a repris immédiatement l’essentiel de ses activités à domicile. Le receveur de son côté, a eu une reprise post-opératoire immédiate de la diurèse et quitté l’hôpital après un peu plus de 2 semaines.

La chirurgie coelioscopie est en cela préférable à une intervention classique (dite à ciel ouvert) qui est beaucoup plus traumatisante.

Cette dernière nécessite en effet un abord lombaire (lombotomie) entraînant une cicatrice de l’ordre de 10 à 15 centimètres, et des douleurs post-opératoires non négligeables. Lors de ces intervention classiques, l’arrêt d’activité programmé est d’au moins 1 mois, voire plus pour les personnes ayant une activité physique intense notamment. Dans le cas de l’intervention sous robot, le donneur était debout le lendemain même de l’intervention ! « L’utilisation du robot par rapport à la chirurgie coelioscopique sans robot apporte surtout un confort opératoire et une plus grande facilité du geste», souligne Jacques Hubert, mais dans les grandes lignes la technique reste la même, qui consiste à utiliser des micro instruments introduits dans le corps à travers des trocarts. Simplement, dans le cas de la coelioscopie « seule », le chirurgien manipule les pinces directement, tandis que lorsqu’il utilise le robot il le fait par l’intermédiaire des « joysticks ». De plus, les instruments du robot étant articulés, ils permettent de reproduire dans le corps de l’opéré les mouvements de la main du chirurgien.

Donneurs vivants ou programme de prélèvements

Alors qu’il existe un manque permanent de greffons rénaux, les greffes à partir de donneurs vivants apparentés restent minoritaires en France (moins de 10% des transplantations rénales) ; les risques encourus par le donneur sont très faibles sans que le geste chirurgical soit totalement anodin (douleurs, cicatrice…).

Selon les pays, et les programmes de prélèvements mis en place, la pénurie de greffons est plus ou moins importante, et la liste d’attente plus ou mois longue. Ce qui explique également le développement ou non des donneurs vivants.

L’Espagne, par exemple, qui a mis en place un programme de prélèvement efficace, fait relativement peu appel aux donneurs vivants.

En revanche, aux USA, près du tiers des donneurs de reins sont des donneurs vivants ; de ce fait les prélèvements sous c?lioscopie y sont plus développés qu?en France.

Rappelons qu’en France, la législation n’autorise le recours au donneur vivant qu’à l’intérieur d’une même famille proche (descendants, ascendants ou fratrie), même si les lois bioéthiques en cours de révision pourraient autoriser le prélèvement entre conjoints.
Il est clair, ajoute le Pr Hubert, que « la maîtrise de techniques moins agressives sur le plan chirurgical pourraient permettre de développer le recours aux donneurs vivants. »

(*) Le même robot que celui utilisé par le Pr Jean-Pierre Villemot et le Pr Laurent Bresler.

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