Réparation des lésions du cartilage du genou :première greffe de chondrocytes cultivés en France

Auteur /Etablissement :
Pour la première fois en France un CHU cultive, à partir de fragments de cartilage, une suspension cellulaire en vue de greffe autologue de chondrocytes permettant de réparer les lésions du cartilage du genou.

L’exercice physique ayant pris dans notre société une part importante, on constate une incidence croissante des lésions traumatiques méniscales, ligamentaires et cartilagineuses au niveau du genou. Ces dernières, décelables par arthroscopie ou IRM, ne se réparent pas spontanément et n’ont pas de traitement efficace connu. Ceci pose un problème considérable chez le sujet jeune car ces lésions, non seulement entraînent des douleurs et une invalidité, mais sont de plus génératrices d’arthrose précoce et parfois sévère pour laquelle le traitement usuel est le remplacement prothétique. Or ce traitement n’est pas souhaitable pour des sujets jeunes du fait de la durée de vie limitée de ces prothèses.
De nombreuses méthodes de réparation des lésions du cartilage ont été proposées. Les solutions chirurgicales, si elles ont parfois un effet favorable sur la symptomatologie clinique (douleur, blocage, épanchement), ne permettent pas la restauration de cartilage articulaire normal.

La greffe de chondrocytes autologues est une méthode beaucoup plus prometteuse. Cette technique a été expérimentée chez l’homme par Brittberg en 1994. Elle consiste à réparer la lésion qui existe au niveau du cartilage du genou avec les cellules du patient lui-même.
Jusqu’à présent, le coût de cette technique était très élevé car les cellules étaient préparées aux Etats-Unis par un laboratoire privé : le fragment de cartilage était envoyé par avion à Boston et le laboratoire retournait la suspension cellulaire prête à être injectée pour un coût de 70 000 francs.

La thérapie se pratique en plusieurs temps:

– une arthroscopie du genou pour prélever un petit fragment de cartilage et extraire des cellules (les chondrocytes)
– la multiplication des cellules dans un milieu spécifique, par une technicienne spécialement formée.
– l’arthrotomie (ouverture du genou) : la chirurgien recouvre la lésion du cartilage d’une fine membrane de périoste (couche superficielle de l’os prélevé au niveau du tibia lors de la même intervention) qui est cousue sur les berges de la lésion. Les cellules sont ensuite injectées sous cette membrane et se remettent à fabriquer du cartilage.

Les mouvements passifs sont autorisés dès le lendemain de l’intervention et l’appui est repris progressivement au bout de 6 semaines.

La greffe de chondrocytes autologues est effectuée dans le cadre d’un projet hospitalier de recherche clinique dont la responsable est le Dr PIPERNO. L’essai est encadré par la récente Cellule d’Investigation Clinique des HCL. Le but de cette étude est d’apprécier la faisabilité de la greffe de chondrocytes autologues au sein des Hospices Civils de Lyon.

A l’origine de la thérapie, une équipe pluridisciplinaire :

Muriel Piperno, attachée aux Hospices Civils de Lyon
Odile Damour, responsable du laboratoire des substituts cutanés à l’hôpital Edouard Herriot , Eric Vignon, chef du service de rhumatologie du Centre Hospitalier Lyon Sud,
Bernard Moyen chef du service d’orthopédie du Centre Hospitalier Lyon Sud
Odile Gelpi, Directeur de la délégation à la Recherche
François Gueyffier, médecin de la Cellule d’Investigation Clinique des HCL

Pour plus d’information : Madame le Docteur Piperno 07 78 86 12 18 – 06 68 06 03 68

À lire également

Diagnostic des maladies sur tissus et cellules : à Angers, le grand virage 

Le CHU d’Angers a récemment annoncé qu’il avait pris, en collaboration avec le Centre hospitalier du Mans, un véritable virage numérique en matière d’anatomocytopathologie (ACP), spécialité médicale dédiée à l’étude des cellules et tissus des organes pour établir des diagnostics, en acquérant des scanners de lames de dernière génération. Une modernisation des pratiques d’ACP présentant de nombreux bénéfices au profit des patients comme des équipes hospitalières, et un levier d’attractivité pour une discipline en tension.

Au CHU de Saint-Etienne, on lutte contre la méningite par le jeu

Pour la troisième année consécutive, l’équipe d’Infectiologie du CHU de Saint-Étienne et la Chaire PréVAcCI de l’Institut Universitaire PRESAGE s’unissent pour une journée de sensibilisation face à la recrudescence des méningites à méningocoques. En partenariat avec l’association Petit Ange, cette initiative transforme l’apprentissage de la santé en une expérience immersive pour les adolescents du territoire.

Les Hospices Civils de Lyon se dotent d’un entrepôt de données de santé

Comme d’autres grands hôpitaux, le CHU lyonnais a annoncé rentrer dans une nouvelle ère en se dotant d’un entrepôt de données de santé. Ce dernier doit, entre autres, favoriser le permettre le développement d’études multicentriques, l’accélération de la recherche et de l’innovation, et le renforcement de la qualité des soins.