A Tours, une nouvelle stratégie thérapeuthique contre la pneumocystose 

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Lésions pulmonaires de pneumocystose au scanner thoracique (fenêtre parenchymateuse). Crédit Photo : G. Desoubeaux
Le Centre Hospitaliers Universitaire de Tours pilote un essai clinique multicentrique visant à évaluer l’efficacité d’un traitement par aérosol contre la pneumocystose, une infection pulmonaire grave qui touche principalement les patients immunodéprimés.

En France, on recense chaque année 500 à 800 cas de pneumocystose, une maladie pulmonaire liée à un champignon microscopique, transmise par voie aérienne (éternuements, crachats, postillons, toux). Sans conséquence chez les personnes en bonne santé, elle représente en revanche un risque vital chez les patients immunodéprimés, tels que les personnes vivant avec les VIH, les patients atteints de cancers hématologiques, les personnes ayant reçu une greffe (notamment rénale) ou traités par immunosuppresseurs. La pneumocystose se développe pendant plusieurs jours ou semaines avant de devenir visible (fièvre, toux, difficultés à respirer). Un examen radiologique peut permettre d’orienter le diagnostic et une analyse mycologique doit être initiée pour confirmer le diagnostic. 

Au CHRU de Tours, environ 30 à 40 cas sont diagnostiqués chaque année. Malgré les avancées thérapeutiques, la mortalité demeure élevée, atteignant 20 % en moyenne et jusqu’à 40 % en réanimation médicale.

Une innovation thérapeutique : la caspofungine administrée par aérosol

La caspofungine est un antifongique déjà disponible sous forme injectable et indiqué dans le traitement de certaines infections fongiques sanguines. Son utilisation dans la pneumocystose n’est pas validée à ce jour mais des données in vitro, chez l’animal et chez l’Homme, semblent indiquer qu’elle pourrait avoir un intérêt dans la prise en charge de la pneumocystose. L’innovation portée par le CHRU de Tours repose sur l’administration de ce médicament par voie inhalée sous forme d’aérosol, permettant une action directe au niveau pulmonaire. Ce développement s’appuie sur l’expertise du Centre d’étude des pathologies respiratoires (Inserm UMR1100), de la pharmacie hospitalière et du service de médecine intensive – réanimation du CHRU, spécialisés dans les thérapies inhalées.

Asques de Pneumocystis jirovecii dans un liquide de lavage broncho-alvéolaire. Crédit Photo : G. Desoubeaux

Un essai clinique en deux étapes

La première étape de l’essai clinique qui vient de démarrer au CHRU de Tours et au CHU d’Orléans, et qui inclut dix patients, est destinée à définir la posologie et la fréquence d’administration. A Tours, cet essai est conduit par le Pr Guillaume Desoubeaux (Chef de service du laboratoire de parasitologie – mycologie – médecine tropicale et membre du Centre d’étude des pathologies respiratoires – Inserm UMR1100) en lien avec le service de médecine intensive -réanimation (Pr Stephan Ehrmann) et le service des maladies infectieuses (Pr Adrien Lemaignen) du CHRU de Tours, en coordination avec le CHU d’Orléans. 

Une seconde phase, menée sur 90 patients répartis dans une vingtaine de centres hospitaliers français, permettra de confirmer l’efficacité et la tolérance du traitement.

Selon le CHRU de Tours, cette recherche s’inscrit dans une démarche « visant à améliorer le pronostic vitale des patients atteints de pneumocystose, de réduire les durées et coûts d’hospitalisation, et de limiter la circulation du pathogène. » 

La rédaction avec le CHRU de Tours

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