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1ère irradiation corporelle totale française en Tomothérapie

Le 13 mars 2012, l’équipe du Professeur Mazeron a réalisé la première irradiation corporelle totale par tomothérapie sur une patiente atteinte de leucémie lymphoïde chroniquequi devait recevoir une allogreffe de cellules souches* hématopoïétiques.

Le 13 mars 2012, l’équipe du Professeur Mazeron a réalisé la première irradiation corporelle totale par tomothérapie sur une patiente atteinte de leucémie lymphoïde chroniquequi devait recevoir une allogreffe de cellules souches* hématopoïétiques.
Le calcul dosimétrique nécessaire à la réalisation de l’irradiation corporelle totale a duré 4 jours. Le plan de traitement obtenu respectait les critères ICRU (International Commission on Radiation Units), avec une grande homogénéité de dose sur tout le corps.Lors des contrôles qualité pré-traitement, la différence entre doses calculées par le logiciel et mesurées était inférieure à 2%.
La réalisation totale du traitement a demandé deux heures (mise en place de la patiente, contrôle du repositionnement et traitement) dont 24 min d’irradiation. Le positionnement de la patiente, contrôlé par 3 scanners, était quasi parfait par rapport à ce qui était prévu (écart entre la position de traitement prévue et réelle inférieure à 1 mm ).
 
Depuis l’ouverture de la structure à la Pitié-Salpêtrière, 150 patients ont été traités et plus de 2 000 séances réalisées. Les irradiations corporelles totales par Tomothérapie constituent un des axes de recherche de l’équipe du Pr Mazeron, à un niveau national et international, afin d’améliorer l’efficacité et la tolérance des traitements des patients nécessitant une irradiation corporelle totale. Dans un avenir proche, cette technique permettra d’irradier de façon plus importante la moelle osseuse tout en épargnant les tissus avoisinants (Total Bone Marrow Irradiation).
 
 « Grâce à la Tomotherapie, nous pouvons obtenir une qualité de traitement pour les irradiations corporelles totales que nous n’avions pas avant : dose homogène, modulation de la dose, contrôle qualité du traitement et repositionnement des patients très précis » précise le Dr Xavier Cuenca.
En savoir plus sur la tomothérapie
Apparue aux Etats-Unis avant de se développer en France, la tomothérapie est l’une des dernières évolutions techniques de la radiothérapie de haute précision.
Aujourd’hui, la France dispose de 12 appareils de Tomothérapies dont un à l’AP-HP. Acquis en avril 2011 par les Hôpitaux Universitaires la Pitié Salpêtrière – Charles Foix (AP-HP), la tomothérapie associe dans un même équipement un appareil de traitement (accélérateur de particules) et un appareil d’imagerie (scanner). Cette technique permet de moduler l’intensité du rayonnement et de limiter l’exposition des tissus sains. La tomothérapie offre, de plus, une sécurité de traitement optimale par le contrôle, grâce à l’imagerie, de la mise en place du patient et de la localisation tumorale à chaque séance d’irradiation.

Habituellement utilisé dans le traitement ciblé de certains cancers des voies aéro-digestives supérieures, de la prostate et du col de l’utérus, cet appareil réalise aussi des irradiations corporelles totales pour les patients atteints de cancers hématologiques nécessitant une greffe de moelle osseuse**. L’avantage : réaliser une irradiation corporelle totale et de moduler des doses en fonction des besoins, afin de limiter la toxicité de l’irradiation sur un certain nombre d’organes sensibles peu touchés par la plupart des hémopathies malignes : poumon, cœur, foie, reins… tout en conservant une fonction éradicatrice sur les masses tumorales principales à savoir la moelle, les ganglions et éventuellement système nerveux central. Cette technique permet aussi d’effectuer un contrôle qualité important et de positionner très précisément les patients en réalisant des scanners juste avant la réalisation du traitement.

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* transplantation des cellules souches saines issues d’un donneur chez un patient atteint de cancer une fois son traitement terminé. Certaines transplantations sont effectuées après «conditionnement réduit». L’effet antitumoral de la transplantation est alors laissé aux cellules du donneur et ne relève plus du traitement du patient qu’il s’agisse de chimiothérapie ou de radiothérapie. Dans le cas précis, l’irradiation corporelle totale de 2 Gy est associée àune chimiothérapie.
**Un grand nombre de maladies cancéreuses de la moelle osseuse et du sang, comme les leucémies ou les lymphomes par exemple, peuvent être soignés de façon efficace en remplaçant totalement la moelle osseuse du patient atteint par celle d’un donneur sain. Ce traitement correspond à ce que l’on appelle une « greffe de moelle osseuse », et plus fréquemment aujourd’hui une « greffe de cellules souches sanguines ». Dans ce cas, les patients sont irradiés afin de détruire les cellules cancéreuses et de faciliter la prise du greffon (création d’un espace pour le greffon et immunodépression du patient) avant la greffe, ceci constitue la phase préparatoire dite de conditionnement.

D’après un article de Clémence Rémy et Anne-Cécile Bard publié sur le webzine de l’AP-HP

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