Le vieillissement de la population n’est plus une perspective à moyen terme, mais une réalité installée. En Normandie, 22 % de la population a déjà plus de 65 ans, soit plus de 736 000 personnes. Selon les projections de l’Insee, elle pourrait augmenter de 200 000 personnes supplémentaires d’ici 2050, tandis que le nombre de personnes de 85 ans ou plus pourrait doubler dans la région. Cette dynamique, plus forte qu’à l’échelle nationale, s’accompagne d’une forte prévalence des pathologies liées à l’âge : 12 % des Normands présentent aujourd’hui des troubles neurocognitifs, contre 8 % en moyenne en France. Ces évolutions ont des effets directs sur le système de santé et le fonctionnement hospitalier. Le défi reste donc de s’y adapter.
C’est ce qu’a décidé de faire le CHU de Caen qui, en juillet 2024, lançait le projet d’un Institut de 19 000 m2 dédié à la Personne Âgée (IPA). Ce lieu vise à rassembler en un lieu unique l’ensemble des expertises médicales et soignantes dédiées aux personnes âgées, de la gériatrie aiguë à l’orthogériatrie, en lien étroit avec les autres spécialités concernées, tout en renforçant les capacités d’accueil.
« L’Institut de la Personne Âgée permettra de rassembler l’ensemble des expertises médicales et soignantes du CHU dédiées aux plus âgés. Cette mise en synergie des équipes, des differents maillons de la filière gériatrique, ambulatoire, hospitalière, soins de rééducation, long séjour, en lien étroit avec la ville, sera un levier majeur pour la cohérence des soins, pour la recherche, et offrira une réponse plus solide aux besoins de la population. », détaille Pablo Descatoire, Chef du service Gériatrie.
Le CHU, acteur reconnu de la filière gériatrique
Doté d’une filière gériatrique complète et reconnue, le CHU Caen Normandie est un acteur majeur du grand âge en Normandie. Chaque année, il accueille plus de 30 000 patients de plus de 75 ans. Les services de gériatrie, de médecine polyvalente, de chirurgie ou d’oncologie prennent en charge un nombre croissant de patients âgés, souvent polypathologiques, nécessitant des parcours plus coordonnés et plus anticipés.
« Avec la création de l’Institut de la Personne Âgée (IPA) au cœur du nouvel hôpital, le CHU donne à cette dynamique une nouvelle portée : un projet fédérateur, tourné vers l’innovation, et des capacités d’accueil renforcées pour offrir aux personnes âgées un parcours plus fluide et mieux coordonné. », affirme-t-on du côté de l’établissement.
300 lits d’hospitalisation mais pas que
Au-delà du regroupement, l’IPA vise concrètement à « offrir aux seniors un parcours hospitalier réellement adapté à leurs besoins. » Aujourd’hui, deux grandes portes d’entrée conduisent les patients âgés à l’hôpital : les chutes et les troubles cognitifs, notamment la démence. Le projet permettra, toujours selon le CHU, de changer d’échelle avec une augmentation de 50 lits d’hospitalisation en gériatrie et médecine polyvalente ; 15 boxes d’hôpital de jour non programmé pour évaluer rapidement les patients et éviter les passages inutiles aux urgences ; la création d’une unité innovante d’orthogériatrie pour les fractures chez le patient âgé articulant soins aigus, expertise gériatrique et réadaptation, afin d’améliorer les résultats fonctionnels, de limiter les complications et s’adapter finement à la fragilité des patients ; ou encore la connexion renforcée avec la médecine de ville via la télé-expertise.
L’IPA accueillera également une unité des troubles aiguës du comportement, dédiée à l’accueil de patients présentant des syndromes démentiels compliqués de troubles du comportement, résidant à domicile ou en établissement. Une réponse spécialisée à l’échelle du territoire bas- normand, renforçant la continuité des parcours et évitant des hospitalisations inadaptées.
Au cœur de l’institut, recherche clinique, formation initiale et continue des professionnels convergeront pour développer une recherche appliquée de haut niveau et accompagner la montée en compétence des équipes, en lien étroit avec les enjeux démographiques et sanitaires.
Un appartement thérapeuthique ou l’autonomie par l’innovation
Avec le soutien de la Fondation CHU Caen Normandie, le service de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) développe un appartement thérapeutique intégrant l’intelligence artificielle. Conçu comme un véritable domicile de soins, il reproduira les conditions de vie réelles pour prévenir les chutes, favoriser la réautonomisation et accompagner la réadaptation après une hospitalisation. Grâce à des capteurs intelligents et à l’analyse des mouvements, il contribuera à la détection précoce des fragilités et des maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer Cuisine thérapeutique, chambre sécurisée, salle de bain ergonomique et salon de réapprentissage composent cet espace innovant, centré sur le patient.
Avec ce projet d’envergure, dont l’ouverture est prévue pour 2028, le CHU de Caen souhaite permettre à la vieillesse d’avoir de beaux jours devant elle.
La rédaction avec le CHU de Caen




