À l’occasion de la 9e étape du Tour de France de l’innovation en santé à Nantes, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, aux côtés du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), en charge de France 2030, et de l’Agence de l’innovation en santé (AIS), ont annoncé le financement à hauteur de 14,9 millions d’euros du premier projet d’envergure d’hôpital augmenté par l’IA, souverain et réplicable : le projet Alliance Santé IA, au service des soignants, des chercheurs et du personnel administratif.
Une transformation systémique
Pourquoi parle-t-on d’hôpital augmenter ? A l’heure où la pression sur le système hospitalier s’accentue (en raison de l’impact du vieillissement et de la dépendance, des maladies chroniques et d’une insuffisante approche préventive qui augmentent les besoins de soins), l’Intelligence artificielle, pourrait, d’après ce que montre la recherche internationale, améliorer la pertinence des décisions, réduire les erreurs et rendre du temps aux soignants.
« L’IA est désormais présente dans toutes les spécialités, du diagnostic à la prévention, comme dans les « fonctions supports » : programmation des blocs, admissions, pharmacie, qualité, finances, achats etc. Autrement dit, l’IA touche l’ensemble du monde hospitalier et ne se limite pas aux médecins ou à l’imagerie. Correctement pensée, l’IA peut constituer une opportunité, sans démarche stratégique, elle peut devenir une contrainte. », affirme-t-on du côté du CHU de Montpellier, qui est parvenu à bâtir une IA institutionnelle, souveraine et interopérable.
Aussi, l’établissement l’assure, cette transition vers l’hôpital de demain ou augmenté, ne saurait se résumer “à un chatbot grand public ni à une juxtaposition de petites applications”. Dans cette vision, l’IA n’est pas une finalité mais un moyen pour mieux soigner, sécuriser les parcours, apprendre des données et accélérer l’innovation clinique.
L’IA, une réalité déjà intégrée à Montpellier
"L’IA hospitalière, qui n’a pas vocation à remplacer des personnels, doit changer la pratique hospitalière en l'améliorant"
Anne ferrer, Directrice Générale du CHU de Montpellier
A Montpellier, l’IA hospitalière repose sur des infrastructures hébergeant les données de santé ainsi qu’un cluster de calcul haute performance 8GPU H100 de DELL Technologies. Le 16 janvier 2025, le CHU et le géant de l’informatique présentaient à la presse les premiers résultats de la plateforme commune et sécurisée lancée l’année précédente et supervisée par le Dr David Morquin, responsable de la stratégie IA au CHU. C’est grâce à cet hébergement de données et le cluster que sont garanties la confidentialité, la traçabilité et la disponibilité de quantité d’ informations sensibles, sans externaliser ni la donnée ni la décision. Une souveraineté technique qui s’accompagne également d’une souveraineté d’usage. Selon le CHU de Montpellier, « les objectifs, les règles et les limites sont définis par l’établissement, avec un contrôle humain constant. »
Incarnation de l’IA dans le quotidien clinique, le recours à ERIOS Assistant, un agent conversationnel souverain déjà intégré au dossier patient informatisé (DPI). Ce dernier dialogue avec l’entrepôt de données de santé et devra, à terme, s’interfacer avec les outils de planification, la pharmacie et les systèmes de gestion, pour exécuter des actions sous supervision.
Selon le CHU, les premiers cas d’usage – qui concernent la rédaction et la mise en forme de documents médicaux normés (omptes rendus, certificats), l’aide à la décision contextualisée et la structuration des informations pour qu’elles soient réutilisables dans le codage et la facturation, doivent permettre de « rendre du temps aux professionnels de santé. »
Un événement de lancement prévu le 16 juin
En quelques années, le modèle d’IA générative développé à Montpellier – porté par le CHU, ADLIN Sciences, Numalis, AnaHealthcare, Cinès, Inria, avec le soutient de Scaleway, de l’Université de Montpellier et de l’INserm -, s’est démarqué au niveau national, de sorte que l’Etat Français a décidé, dans le cadre du programme France 2030, de lui apporter ce financement de 14,9 millions d’euros pour accélérer ce grand projet Alliance Santé IA.
« Avec Alliance Santé IA, nous déployons concrètement la stratégie nationale en intelligence artificielle en santé, en l’ancrant au cœur des établissements et des usages. Ce projet illustre notre ambition : développer des systèmes d’intelligence artificielle utiles, souverains et rigoureusement évalués, au service des patients comme des professionnels de santé. C’est une étape décisive pour bâtir un système de santé plus innovant, plus sûr et plus équitable sur l’ensemble du territoire. », déclare Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
Un événement de lancement est prévu le 16 juin prochain à Montpellier afin de présenter en détail ce projet et le rôle de chacun des membres du consortium mené par le CHU de Montpellier et ADLIN Science, précise le communiqué de presse.
La rédaction avec le CHU de Montpellier et l’Agence de l’innovation en santé




