A Besançon, on traite désormais les cordes vocales sous anesthésie locale

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Crédit photo : CHU de Besançon.
La fibroscopie interventionnelle laryngée (FIL) est une technique innovante dans la pratique de l’ORL. Encore peu développée en France, le CHU de Besançon est le premier établissement en Franche-Comté à adopter cette méthode pour des interventions sur les cordes vocales en consultation.

C’est bien connu, la voix ne tient qu’à un FIL. Toujours est-il que cela fait maintenant un peu plus de six mois que le service ORL du CHU de Besançon prend en charge les patients nécessitant une intervention sur leurs cordes vocales et ce, directement en consultation, sous anesthésie locale. Cette technique, inconfortable mais non douloureuse, c’est la fibroscopie interventionnelle laryngée (FIL), aussi appelée vidéo-endoscopie interventionnelle. Mais pour quelles raisons l’utilise-t-on ? Petite recontextualisation anatomique.

Au sein du larynx (organe cartilagineux de l’appareil respiratoire situé au niveau de la gorge), se trouvent des nerfs “récurrents” qui activent les cordes vocales. Ces dernières sont essentielles pour respirer, mais aussi pour parler et déglutir. Or, ces nerfs peuvent être abîmés par des traumatismes post-chirurgicaux comme les chirurgies thoraciques, vasculaires aortiques, etc, ou être endommagés par une lésion présente ou encore une tumeur. Afin d’avoir une bonne production des sons vocaux, il faut que ces cordes vocales soient réunies sur ce qu’on appelle la “ligne médiane”. Or, il arrive qu’elles soient elles-mêmes l’objet de lésions inflammatoires, fibrotiques ou tumorales. Cela entraîne un mauvais accolement des cordes vocales sur la ligne médiale, et peut donc conduire à un trouble de la voix qu’on appelle « dysphonie ». Cette dernière est parfois associée à des fausses routes et des troubles de déglutition. Si l’espace entre les deux cordes vocales n’est pas suffisant, en revanche, il existe alors un essoufflement. 


Prise en charge rapide et alternative à l’anesthésie générale

De retour chez eux deux heures après l’opération, les patients concernés n’ont plus besoin de passer par la case bloc opératoire, évitant ainsi une anesthésie générale. Un argument de taille aux yeux des plus vulnérables ou encore de ceux craignant de devoir subir une intervention invasive. Autre avantage de cette technique : elle permet une prise en charge rapide, évitant ainsi au patient une longue période d’attente entre le diagnostic et l’intervention chirurgicale.

La technique FIL : de nombreux objectifs de soin 

Recommandée dans le cadre d’une injection de substances dans les cordes vocales, la fibroscopie interventionnelle laryngée (FIL) peut avoir plusieurs objectifs de soin. 

Dans un premier temps, celle-ci peut être utilisée à visée diagnostique en vue de la réalisation de biopsies. Cela permet une prise en charge rapide des patients atteints par exemple de cancer de la sphère oto-rhino-laryngée (ORL), ou lorsqu’ils détiennent une contre indication à l’anesthésie générale.

Crédit photo : CHU de Besançon.

La technique FIL peut aussi être utilisée à des fins thérapeuthiques, par exemple dans le cadre de maladies inflammatoires ou fibrotiques (nodule, polype, cicatrice, synéchie etc.) où l’on va injecter des corticoïdes pour améliorer un trouble de la voix (dysphonie), diminuer des troubles de déglutition ou une gêne respiratoire. Le recours à la fibroscopie interventionnelle laryngée peut se faire pour injecter de la toxine botulique dont le rôle est de paralyser la corde vocale, dans des situations bien spécifiques (dysphonie spasmodiques par exemple). 

Enfin, la fibroscopie interventionnelle laryngée peut avoir une visée de médialisation. Concrètement, on augmente le volume de la corde vocale paralysée jusqu’à ce qu’elle atteigne la ligne médiane, afin de faciliter l’affrontement des deux cordes vocales. Cette opération a pour objectif d’améliorer le volume et le timbre de la voix, le souffle ou encore la déglutition. Les produits injectés sont résorbables, à l’image de l’acide hyaluronique ou l’hydroxyapatite qui peut être proposée en cas de paralysie du nerf récurrent. 

Pauline Villesuzanne avec le CHU de Besançon

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