A Clermont-Ferrand, une étude pour faire entrer les chiens en réanimation

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Crédit photo : CHU de Clermont Ferrand
Le CHU de Clermont-Ferrand vient de lancer l’étude clinique PET in Intensive Care Unit. Cette étude, centrée sur l’apport affectif de chiens dans le protocole de soins, s’inscrit dans un mouvement international visant à humaniser la réanimation. A Clermont-Ferrand, trois unités de soins critiques servent de terrain d’expérimentation.

Du soin par du canin. Et si la présence d’un chien pouvait aider un patient de réanimation à mieux traverser l’une des périodes les plus éprouvantes de son parcours de soins ? C’est la question que le CHU de Clermont-Ferrand a décidé d’explorer à travers PET in Intensive Care Unit – Pets Enhancing Therapeutics in Intensive Care Units –, une étude clinique de faisabilité parmi les toutes premières du genre en France.

Si certaines structures hospitalières ont déjà tenté ponctuellement d’autoriser des visites d’animaux, PET in Intensive Care Unit « s’en distingue profondément ». Selon l’établissement, il s’agit « d’un protocole de recherche structuré, appliqué en conditions réelles, au sein de trois unités de soins critiques du CHU » – sur le site Estaing avec la réanimation adulte et le site Gabriel-Montpied avec la réanimation médico-chirurgicale et la réanimation neurologique. L’objectif est clair : démontrer, de manière scientifique, que les visites des chiens de compagnie des patients sont possibles, sûres et potentiellement bénéfiques.

Portée par le CHU de Clermont-Ferrand, cette étude scientifique est issue du travail de thèse d’Adèle Gauthier et encadrée par le Pr Matthieu Jabaudon, avec le soutien de la Direction de la recherche clinique et de l’innovation. L’élaboration de ce protocole de recherche a également constitué le travail de thèse d’une interne du DES d’anesthésie-réanimation à Clermont-Ferrand. Un financement a par ailleurs été obtenu dans le cadre de l’appel d’offres interne de recherche clinique du CHU.

Crédit photo : CHU de Clermont Ferrand

Au moins 8 chiens sur 21

« L’étude associe une vétérinaire de VetAgro Sup (Lyon), chargée de superviser l’état de santé des chiens,  un éducateur canin professionnel, responsable de la formation des équipes et de l’évaluation comportementale des animaux, les équipes d’hygiène hospitalière et le CLIN du CHU ; des soignants volontaires des trois réanimations engagées dans le protocole. », présente-t-on du côté du CHU.  

En termes de résultats, PET in Intensive Care Unit sera considérée comme faisable si « au moins 8 chiens sur 21 peuvent entrer en chambre dans les conditions strictes définies par le protocole ». Si l’expérimentation est concluante, cette première étape pourrait ouvrir la voie à d’autres travaux de recherche mesurant les effets potentiels de ces visites sur : le moral et le confort du patient ; la douleur ; la confusion ou l’anxiété ; et plus largement, la qualité de l’expérience vécue en réanimation.

Un protocole d’hygiène et de sécurité

Pour qu’un chien puisse entrer en réanimation, de nombreuses conditions sont évaluées en amont. « L’animal doit être parfaitement à jour de ses vaccinations (rage, leptospirose, maladie de Carré, hépatite de Rubarth, parvovirus, influenza), avoir été vermifugé au minimum 48 heures avant la visite et ne présenter aucune maladie transmissible. Il doit également montrer un tempérament sociable, calme et non agressif, être habitué à sortir du domicile et passer un contrôle comportemental à son arrivée. L’accès se fait uniquement par des entrées extérieures de l’hôpital pour limiter les circulations internes. »

En préparation de la visite, un linge imprégné des odeurs du service est remis aux proches afin d’habituer l’animal à l’environnement hospitalier. Pendant la visite, tous les pansements et dispositifs du patient sont protégés. Après son départ, une réfection complète de la chambre est systématiquement réalisée : changement des pansements, de la literie, de la blouse du patient, puis ménage renforcé.

Une démarche d’humanité 

PET in Intensive Care Unit s’inscrit « dans un mouvement international visant à humaniser la réanimation. Dans un environnement souvent perçu comme impressionnant, technique et isolant, la possibilité de retrouver un animal familier pourrait devenir une forme de soutien affectif non pharmacologique, complémentaire aux soins habituels. » 

En apportant des données scientifiques rigoureuses là où n’existaient que des intuitions et des initiatives ponctuelles, cette étude pourrait servir de référence nationale et contribuer, à terme, à l’élaboration de recommandations officielles pour ce type d’accompagnement en réanimation.

La rédaction avec le CHU de Clermont-Ferrand 

 

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