Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

A Nancy, l’Infiny au service des MICI

En juin 2021, l’Agence nationale de la recherche annonçait le financement de douze nouveaux Instituts hospitalo-universitaires, montant ainsi le nombre d’IHU à dix-neuf avec l’ambition de faire de la France la première nation souveraine en matière de santé à l’échelle européenne. Sur ces douze nouveaux établissements, deux d’entre eux ont obtenu, en raison de “intérêt de santé publique majeur” qu’ils présentaient, le label “IHU émergent".” C’est notamment le cas de l’IHU INFINY du CHRU de Nancy, officiellement lancé le 7 septembre dernier, et spécialisé dans la prise en charge des MICI.

En vingt-six ans, le nombre de personnes souffrant d’une maladie inflammatoire de l’intestin (MICI) a augmenté de 143% ! Des chiffres alarmants au vu des souffrances que peuvent causer ces pathologies incurables qui regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH). Si les traitements médicamenteux actuels permettent une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées, les symptômes caractéristiques des MICI restent tout de même considérables : douleurs abdominales, diarrhées, fatigue, fièvre, état de dénutrition. Dans les cas les plus graves, on peut aussi constater le développement d’arthrites, de psoriasis, d’uvéites, voire de cancer du côlon. Aujourd’hui, on compte près de trois-cent mille personnes souffrant de MICI en France et dix millions dans le monde. 

Afin de répondre à cette réalité, synonyme de détresse pour les patients touchés, l’IHU INFINY, lancé il y a quelques semaines, s’est donné la mission d’alléger le quotidien de ces personnes et, ainsi, leur permettre de retrouver peu à peu une vie normale. Cela commence par la réduction des délais de diagnostic, un challenge de taille puisque l’errance médicale reste supérieure à treize mois pour un patient sur trois. Aussi, la perspective d’une guérison totale de la maladie est également envisagée par l’IHU qui espère trouver une réponse à la hauteur des enjeux de santé publique. 

"Si on monte un IHU, c’est pour espérer un jour guérir ces maladies-là, mais avant on veut augmenter les taux de rémission. Il y a un patient sur cinq actuellement qui va mieux grâce à ces traitements-là , on veut qu’il y en ait au moins un sur deux, qu’il n’y ait plus de chirurgie, plus d’hospitalisation, une vie socioprofessionnelle normale, plus de poches."

Pr Laurent Peyrin-Biroulet, visage de ce nouvel établissement d’excellence… et pour cause. Gastro-entérologue et hépatologue, il est considéré comme le numéro un mondial en termes de publications spécialisées dans les MICI, avec mille consultations par an, mille cinq cents articles médicaux rédigés depuis le début de sa carrière et dix-neuf mille citations de son nom dans les meilleures revues mondiales. 

Pr Laurent Peyrin-Biroulet. Crédit photo : CHRU de Nancy

Des actions mises en place à tous les niveaux

Au-delà des mots, et la promesse que le patient reste au cœur des priorités avec la construction d’un parcours de prise en charge à 360°, l’Institut propose une palette d’actions pour atteindre ses objectifs. Affirmant un positionnement écoresponsable, l’IHU a notamment mis en place un programme de recherche fondamentale, translationnelle et clinique, un dispositif dit “fast-track”, à destination des chercheurs et industriels, mais aussi une offre de développement des entreprises et de soutien aux porteurs de projets MICI. Concernant la diffusion des connaissances établies, l’établissement déploie une offre de formation ainsi qu’une campagne de communication préventive en France et à travers l’Europe. 

Autour de ce projet, se sont réunis quatre partenaires locaux de premier rang : le CHRU de Nancy, la métropole du Grand Nancy, l’Université de Lorraine et l’Inserm. 

 
Océane Rolland avec le CHRU de Nancy 

Les chiffres clés de l’article

  • En 26 ans, le nombre de MICI a augmenté de 143%. 
  • 300 000 personnes souffrent de MICI en France et 10 000 000 dans le monde. 
  • L’errance médicale est supérieure à 13 mois pour 1 patient sur 3. 
  • 50 % des patients atteints de la maladie de Crohn subissent une chirurgie lourde dans les 10 ans suivant le diagnostic.

 

Pour aller plus loin, retrouvez sur notre chaîne YouTube la conférence ”Les IHU, retour d’expérience et nouvelle vague” qui s’est tenue à SantExpo le 24 mai dernier. 

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : La maladie de Crohn

A l’occasion de la journée mondiale des Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), la rédaction de CHU Média publie un dossier consacré à la maladie de Crohn.

Le rôle d’un centre antipoison : tout ce qu’il faut savoir 

Dans le cadre de notre série de reportages au CHU d’Angers, nous avons rencontré le responsable du Centre Antipoison et Toxicovigilance du Grand Ouest, le Pr Alexis Descatha. Intoxications, serpents exotiques, veille national champignons… ce dernier a accepté de nous parler des différentes missions de son service.

HAVISAINES : Le CHU d’Angers vise la bonne santé de ses agents

Depuis l’an dernier, le CHU d’Angers déploie HAVISAINES, un dispositif de promotion de la santé à destination de ses professionnels. Au micro de CHU Média, le Pr Alexis Descatha, médecin porteur du programme, revient notamment sur les quatre piliers sur lesquels ce dispositif repose : sport, alimentation, alcool, tabac.

Violences : fin de l’omerta à l’hôpital

La semaine dernière, la Conférence des Doyens de facultés de médecine a publié un communiqué de presse co-signé avec l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP), annonçant un engagement commun dans la lutte contre les violences au travail. Une déclaration qui fait suite aux récentes accusations de violences morales et sexuelles de Karine Lacombe à l’encontre du médecin urgentiste Patrick Pelloux.

L’ICI, nouveau temple de la cancérologie

Le CHU de Brest vient d’inaugurer son nouvel Institut de Cancérologie et d’Imagerie, surnommé ICI. Ce centre, promesse d’un hôpital centré sur l’humain et doté d’une technologie de pointe, est amené à devenir l’un des fers de lance européens dans le traitement du cancer, avec une capacité de 50 000 patients par an.