Améliorer la prédiction pour mettre en oeuvre un traitement préventif

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De 1999 à 2002 le service de Pneumologie du CHU de Nice a participé au projet européen A.S.T.H.M.A dont l'un des objectifs est de modéliser les données de pollution environnementales naturelles ou liées aux activités humaines et de les croiser avec les données d'hospitalisation pour asthme.

Améliorer la prédiction afin de mettre en oeuvre un traitement préventif

Face aux éléments agressifs liés à son milieu naturel, l’homme a constamment tenté de se protéger de son environnement : initialement par des actes d’offrandes et de divination, puis par des prédictions et des prévisions.
La météorologie s’est érigée en science permettant de prédire à 5 jours voire à 7 jours les conditions climatiques à venir.
Demain ne pourra-t-elle pas prédire les pathologies saisonnières permettant ainsi d’en prévenir les effets sur les sujets à risques ?
Les résultats du projet européen A.S.T.H.M.A (Advanced System of Teledetection for Health Management of Asthma) apportent une première réponse positive dans le domaine des hospitalisations en urgence pour asthme.

Méthodologie

Réalisé à partir d’une analyse rétrospective des hospitalisations pour crise d’asthme de 1995 à 1999 au CHU de Nice (2582 patients), le principe du projet médical était de croiser des données cliniques avec des facteurs climatiques et de pollution (météo, ozone, pollens, virus) et de déterminer ceux qui étaient significatifs des hospitalisations en urgence pour asthme.
Le poids des différents facteurs environnementaux ayant été ainsi évalués, ils ont été intégrés dans une formule mathématique de prédiction du risque par le Dr Berthier (Département d’Informations Médicales).

Dans un second temps (2001 / 2002) une étude prospective était réalisée avec des médecins « sentinelles » de ville (allergologue, pneumologue,médecin généraliste) afin de vérifier la pertinence de la formule.
Cette prédiction était validée dans un groupe de patients asthmatiques en crise ou en situation instable d’asthme mais moins graves ne justifiant pas d’hospitalisation en urgence.

Résultats

Parmi l’ensemble des facteurs déclenchant analysés, seule la température, et à un degré moindre l’hygrométrie, ont permis de mettre en évidence une relation significative avec les hospitalisations pour crises d’asthme.
Celles-ci sont essentiellement présentes en automne (octobre – novembre) avec un excès de 47 hospitalisations par rapport à la moyenne mensuelle, contre moins 37 cas en été, période des pics d’ozone et de circulation automobile à Nice.
Ce facteur température est retrouvé également comme discriminant bien qu’à un degré moindre dans l’étude prospective faite en ville.
La morbidité saisonnière des crises d’asthme ou des rhinites peut également être approchée par l’étude de la consommation des médicaments spécifiques de la crise et du traitement de fond (bronchodilatateurs et corticoïdes inhalés ou en aérosol).

Améliorer la prédiction pour mettre en oeuvre un traitement préventif

La prédiction peut probablement être améliorée pour les sujets à risques en introduisant des critères spécifiques de leur maladie comme le degré d’hyperactivité bronchique ou d’atopie.
L’ensemble de ces éléments est mis à disposition des patients et du grand public sur le WEB (www.enviport.com) avec les caractéristiques locales, journalières des risques d’allergies
rencontrés sur le bassin méditerranéen.
Une validation individuelle du risque est également disponible, ainsi que l’accès à d’autres sites de surveillance « on line » de la fonction respiration de l’asthmatique (www.peakflow.net) ou d’éducation du jeune asthmatique: BD :Secret Défense (pneumo.unice.fr/asthme/francais).

Les effets de l’environnement sur la santé bien que connus de longue date et rapportés au quotidien dans le langage populaire doivent être réenvisagés aujourd’hui en fonction de données climatologiques, épidémiologiques et des capacité des ordinateurs.
Appliquées d’abord aux pathologies saisonnières, ces nouvelles techniques doivent permettre un traitement préventif ou un renforcement thérapeutique en période à risque, mais également de rationaliser et d’adapter les moyens en personnel de santé aux fluctuations des flux de patients, ou de réduire l’absentéisme fréquent lors des pics saisonniers d’activité médicale.

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