Apnée du sommeil : un nouveau traitement proposé à Nancy

Auteur / Etablissement : ,
Crédit photo : Crédit photo : Thierry FEDRIGO, Est
Dans le cadre du traitement de l'apnée du sommeil, le CHRU de Nancy est devenu le premier hôpital français à implanter un neurostimulateur sur un patient depuis l'accord de prise en charge du coût par l’assurance maladie.

Un syndrome qui touche 4% des Français. L’apnée du sommeil  (ou SAHOS) est un trouble de la ventilation nocturne dû à la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires supérieures à 10 secondes et se produisant au moins 5 fois par heure de sommeil et pouvant se répéter une centaine de fois par nuit. Ce syndrome, dû à des épisodes répétés d’obstruction des voies respiratoires supérieures, provoque un manque en oxygène. Les conséquences de ce sommeil perturbé, « somnolence, troubles de la mémoire et de la concentration”, comme l’explique le Dr Duc Trung Nguyen, chirurgien au CHRU de Nancy , peuvent être graves au quotidien. “Les impacts sur la santé sont tout aussi préoccupants : exposition aux risques de maladies cardiovasculaires, hypertension, AVC, infarctus et même le risque de développer un diabète ». Sans oublier que les états de somnolence peuvent entraîner des accidents dans la vie quotidienne, au volant ou dans son activité professionnelle.

40% des patients abandonnent leur traitement  

En France, environ 1,4 millions de personnes utilisent le traitement dit de pression positive continue (PPC).  S’il est le plus répandu, « les études montrent que 40% des patients abandonnent le traitement par PPC au bout de quatre ans. C’est contraignant, car on doit mettre le masque, il y a des fuites, etc. On propose alors une deuxième solution, l’orthèse d’avancée mandibulatoire, mais cela ne marche pas toujours », détaille le docteur Duc Trung Nguyen.

Crédit photo : Thierry FEDRIGO, Est Républicain

Une opération est remboursée par l’Assurance maladie

Face à ces solutions aux résultats décevants, le CHRU de Nancy propose depuis peu une alternative, à savoir l’implantation d’un neurostimulateur. L’intervention consiste à placer des électrodes sur des branches sélectives du nerf hypoglosse qui se connectent à un boîtier placé sous la peau au niveau thoracique. Une sonde est ensuite placée sur les muscles respiratoires au niveau de la cage thoracique. Elle va alors détecter les mouvements respiratoires retransmis au boîtier pour stimuler les branches sélectionnées du nerf hypoglosse. La langue est ainsi propulsée vers l’avant afin de libérer l’espace rétrobasilingual. Pour réaliser cette intervention, le Dr Duc Trung Nguyen travaille en étroite collaboration avec le Centre de médecine et de recherche sur le sommeil et le service pneumologie du CHRU de Nancy. 

Crédit photo : Thierry FEDRIGO, Est Républicain

La pile de ce boîtier a une autonomie d’environ 11 ans. Pour l’utiliser, les patients disposent d’une télécommande qui active le stimulateur au moment du coucher et le désactive à leur réveil. A noter toutefois que ce traitement est proposé en 3e ligne, en cas d’échec de la PPC et l’orthèse d’avancée mandibulaire.

La rédaction  

À lire également

Déficit des CHU, le grand paradoxe

Dans un communiqué datant du 3 juillet dernier, les trois conférences CHU ont publié les résultats budgétaires 2025. Avec un niveau de déficit quatre fois plus important qu’en 2021 malgré une activité record, les CHU appellent à un redressement des tarifs de séjours.

Les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux lancent un centre d’excellence en cancérologie pédiatrique

Chaque année en France, plus de 2 200 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer. Si les taux de survie dépassent aujourd’hui 80 %, les rechutes et les séquelles à long terme restent un défi majeur pour la recherche médicale. Dans ce contexte, les CHU de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, aux côtés de l’Oncopole Claudius Regaud et de leurs partenaires, lancent CIRCLE, un centre de recherche d’excellence dédié aux cancers pédiatriques.

Le CHU de Poitiers s’équipe du Biograph Vision Quadra, une innovation majeure en imagerie médicale

Le CHU de Poitiers et Siemens Healthineers France ont signé le 25 juin une convention historique pour l’acquisition du Biograph Vision Quadra, TEP/TDM de dernière génération. Cet équipement sera fonctionnel début 2027 au sein de l’extension du pôle régional de cancérologie du CHU, marquant une étape clé dans l’excellence clinique et scientifique de l’établissement. Ce projet représente un investissement de 9,5 millions d’euros pour l’acquisition et l’installation de l’équipement au cœur même du pôle régional de cancérologie.

Don d’organes : opération sensibilisation au CHU de Nîmes 

À l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, le CHU de Nîmes, centre reconnu pour les prélèvements d’organes et de tissus, poursuit son engagement en faveur de cet enjeu majeur de santé publique. Comme dans d’autres grands établissements hospitaliers, les équipes de la Coordination Hospitalière des Prélèvements d’Organes et de Tissus (CHPOT) se sont mobilisées pour informer, sensibiliser et rappeler l’importance d’un geste solidaire qui permet chaque année de sauver des milliers de vies.

Les HCL, premier établissement public autorisé à produire des phages thérapeutiques

Le 28 mai dernier, les Hospices Civils de Lyon ont reçu de la part de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, l’autorisation de fabrication de Matière Première à Usage Pharmaceutique (MPUP) pour la production de phages thérapeutiques. Cette autorisation est la première délivrée à un établissement de santé. Validant un savoir-faire conforme aux « bonnes pratiques de fabrication », elle va permettre au CHU de Lyon, pionnier dans le domaine, de produire et distribuer des phages de manière sécurisée et à un coût maîtrisé. Historique, cette reconnaissance ouvre la voie à l’instauration, en France, d’une véritable filière publique de phagothérapie, approche thérapeutique considérée comme l’une des plus prometteuses pour lutter contre la progression mondiale de la résistance aux antibiotiques.