La fibrillation atriale est l’un des troubles du rythme cardiaque les plus fréquents. Entraînant des battements irréguliers du cœur, celui-ci présente des risques importants pour la santé (notamment des AVC). Dans un communiqué de presse publié la semaine dernière, le CHU de Martinique a annoncé que son équipe de rythmologie, accompagnée d’un médecin expert (proctor) de l’hôpital privé du confluent de Nantes et de la société Boston Scientific, a pour la première fois réalisé des procédures d’ablation de la fibrillation atriale – consistant à aller détruire ou isoler des tissus à l’origine de l’arythmie cardiaque -, par électroporation.
L’électricité, base de cette technique
S’il existe une première technique d’ablation dit thermique (qui utilise la radiofréquence ou cryo énergie) le CHUM a donc fait le choix de se tourner vers l’ablation par électroporation. Cette dernière utilise « des champs électriques pour créer des pores temporaires dans les membranes cellulaires, permettant ainsi l’introduction de substances thérapeutiques. Cette technique est particulièrement utilisée en oncologie et en thérapie génique pour transférer des gènes ou détruire des tissus spécifiques. »
Comme pour l’ablation thermique par radiofréquence, l’ablation par électroporation est réalisée dans l’oreillette gauche du cœur en utilisant un système de sonde délivrant l’énergie via un cathétérisme veineux fémoral. Sont ainsi ciblés les tissus cardiaques dysfonctionnels sans toucher les organes environnants. La technique repose sur le système Farapulse PFA, portée par la société Boston Scientific.
L’appui d’une session de formation
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale afin d’éviter les mouvements involontaires du patient causées par l’utilisation très courtes de l’impulsion électrique. Les techniques utilisées jusqu’ici au CHUM (ablation par radiofréquence, cryoablation) en dépit de leur efficacité pouvaient, selon le CHU, « entraîner des effets secondaires (ex : œsophage et nerf phrénique endommagés) qui n’ont pas lieu avec l’électroporation. »
L’arrivée de cette nouvelle technique au CHUM s’est également accompagnée d’une session de formation. Durant une semaine, une équipe de Boston Scientific était présente pour initier et transmettre cette technique aux professionnels de l’établissement. Au total, dix patients ont bénéficié avec succès de cette technique durant cette semaine. Outre des effets secondaires réduits, le CHU de Martinique insiste sur les autres avantages que présente l’ablation par électroporation : « suites opératoires simples ; technique sécuritaire avec moins de complications (pas de risque de fistule oesophagienne, pas de risque de sténose pulmonaire) ; temps de procédure plus court » – environ 1 heure.
L’avenir de cette technique au CHUM
Si le CHU de Martinique explique qu’il « continue d’évaluer d’autres techniques d’électroporation avant de choisir lesquelles seront définitivement retenues », on comprend, dans la conclusion du communiqué, qu’un retour en arrière semble difficile. « Cette technique d’électroporation Farapulse est la plus répandue en France et celle pour laquelle il y a eu le nombre le plus important d’études scientifiques sur le sujet de l’ablation de la fibrillation atriale. Le système Farapulse semble tout de même avoir marqué les esprits des équipes du CHU par sa facilité d’emploi et son efficacité. […] »
La rédaction avec le CHU de Martinique




