Augmentation du numerus clausus : les facultés de médecine inquiètes et critiques

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« Déjà au maximum des possibilités humaines et matérielles », les facultés de médecine redoutent l’augmentation du numerus clausus annoncée par Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, le 26 novembre 2011. Pour la Conférence des Doyens des facultés de Médecine ce projet n’apportera pas de réponse adaptée à la désertification médicale dont souffrent de nombreux territoires mais soulèvera de redoutables problèmes de mise en œuvre au sein de cursus qui manquent déjà d'enseignants.

« Déjà au maximum des possibilités humaines et matérielles », les facultés de médecine redoutent l’augmentation du numerus clausus annoncée par Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, le 26 novembre 2011. Pour la Conférence des Doyens des facultés de Médecine ce projet n’apportera pas de réponse adaptée à la désertification médicale dont souffrent de nombreux territoires mais soulèvera de redoutables problèmes de mise en œuvre au sein de cursus qui manquent déjà d’enseignants.
La Conférence des Doyens des facultés de Médecine demande des précisions et rappelle que le numerus clausus a déjà doublé entre 1998 et 2010, passant par paliers réguliers de 3 583 à 7 403 ; les effets n’en seront constatés qu’à partir de 2020 (selon les études de l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé).
Le Professeur Deteix, président de l’instance de représentation des doyens, se dit « réservé » devant un tel projet soulignant « l’hétérogénéité des territoires entre eux ». Le ratio numerus clausus/total des enseignants peut varier de 0,52 à 1,37 selon les régions. Ce ratio s’est d’ailleurs dégradé au niveau national, passant de 0,41 en 1999 à 0,8 en 2010. Se pose ainsi la question de la qualité de la formation.
Les Doyens des facultés de Médecine s’interrogent aussi sur les modalités de cette augmentation « nous ne savons pas aujourd’hui de quel nombre de places supplémentaires nous parlons. S’agit-il d’une hausse des places en Première année commune aux études de santé (PACES), ou d’une hausse des possibilités de passerelles pour entrer en deuxième et troisième année de formation ? », s’interroge le Professeur Patrice Deteix, Président de la Conférence des Doyens. La Conférence demeure plus attachée à cette deuxième option permettant de varier les recrutements.
La Conférence des Doyens regrette également le manque de vision quant au « référentiel métier » qui doit évoluer face à l’émergence de nouveaux métiers dans le secteur médical. Certains actes techniques peuvent être en effet aujourd’hui confiés à des professionnels partenaires. Selon le Professeur Deteix, « nous devons avancer plus vite dans la mise en place du partage des tâches entre métiers de santé ». Ainsi, une «correction plus rapide» du déficit en temps médical s’effectuerait, selon la Conférence des Doyens, grâce au développement de nouveaux métiers à formation moins longue. Dans cette logique, la Conférence des Doyens rappelle également l’importance d’adapter la formation. Elle encourage à poursuivre l’important chantier lancé par la Commission Nationale de l’Internat et du Post-Internat (CNIPI) en rappelant l’obligation actuelle du post-internat pour la qualification dans certaines filières. La Conférence des Doyens, par la voix de son Président, pointe « un certain degré d’immobilisme pour une réforme pourtant jugée nécessaire».
Enfin, l’augmentation du numerus clausus n’apporte pas de réponse à la désertification médicale de nombreux territoires. Seules des mesures incitatives comme le Contrat d’Engagement de Service Public ou d’éventuelles mesures coercitives sont les bonnes réponses aux questions démographiques.
Les Etats Généraux de la Formation Médicale organisés le 8 et 9 décembre prochains à Bobigny par la Conférence des Doyens, seront l’occasion de discuter de ces enjeux sur l’avenir de la formation médicale initiale en présence de l’ensemble des parties prenantes de la formation et de la santé.
www.doyensegfm.org

A propos des Etats Généraux de la Formation Médicale les 8 et 9 décembre 2011

Organisée par la Conférence des Doyens des facultés de Médecine, en partenariat avec de nombreuses organisations représentatives du secteur dont la Conférence des Présidents d’Université, la Conférence des Doyens des Facultés de Chirurgie Dentaire et la Conférence des Doyens des Facultés de Pharmacie, cette rencontre inédite réunira pour la première fois l’ensemble des acteurs de la formation médicale initiale – enseignants-chercheurs, étudiants, praticiens, associations de patients… Après la mise en oeuvre de la réforme de la formation et de la loi “Hôpital, patients, santé, territoires”, ce rendez-vous revêt une importance particulière dans un contexte politique en mutation.
Cette rencontre fera émerger des propositions sur ce secteur, au carrefour des enjeux universitaires et sanitaires. Pendant deux jours, enseignants-chercheurs, étudiants, praticiens, élus, représentants des autorités de tutelle, associations de patients, viendront débattre sur les enjeux actuels et futurs de la formation médicale en France. 400 participants des secteurs de la santé, de l’enseignement supérieur et de la formation sont attendus.
Par le choix d’Etats Généraux, la Conférence des Doyens a souhaité privilégier un format original propice aux échanges. Ainsi, s’alterneront tables rondes, conférences plénières, ateliers, avec en point d’orgue une «controverse» sur le mode d’entrée dans les études et la question de la sélection.
Le programme reflète la transversalité et des défis actuels du métier médical. Au coeur des débats : l’avenir de la formation médicale initiale dans une société en pleine mutation.
Avec plus de 54 000 étudiants entrés cette année en première année commune des études de santé (PACES), pour un peu plus de 12 000 places par numerus clausus (médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique comprises), se posent les questions d’accessibilité à la première année du cursus de médecine et celle du numerus clausus. Au-delà même de l’enjeu de la qualité des prestations universitaires, se pose celui plus général de l’évolution de l’enseignement et des carrières en médecine, pour rester en adéquation avec celle de la société.
Thèmes abordés
Les enjeux  sanitaires et démographiques de la formation médicale initiale, la démographie médicale, la médecine de proximité, les nouveaux métiers de santé, l’évolution des besoins sanitaires d’un pays avec une population vieillissante et une présence rurale encore significative…
Comment adapter la formation médicale à ces nouveaux enjeux ? Quelles nouvelles compétences rechercher ? Quelle ouverture sur le monde et la société ? Les nouvelles attentes des patients, l’évolution de la relation personnel médical/patient.
Parmi les intervenants, on retrouvera le Professeur Guy Vallancien, Elisabeth Hubert, le Professeur Joël Ménard, Christian Saout…

A propos de la Conférence des Doyens des facultés de Médecine

La Conférence des Doyens des facultés de Médecine rassemble les doyens des 37 facultés de médecine françaises. Présidée par le Professeur Patrice Deteix, elle a pour vocation de promouvoir, défendre et améliorer la qualité de la formation de tous les médecins. Au carrefour de tous les aspects de la pratique médicale, elle veille au développement de l’esprit de recherche médicale et du sens critique chez les étudiants ; par la pédagogie, les facultés de médecine sont comptables de la qualité des soins délivrés aux patients. La Conférence est force de propositions au sein de plusieurs instances consultatives : la Commission Pédagogique Nationale des Etudes de Santé, le Groupement de Coopération Sanitaire «Coordination Nationale des CHU-CHR en matière de Recherche et d’innovations médicales », la Commission Scientifique Indépendante du Développement Professionnel Continu, etc.. La Conférence des Doyens des facultés de Médecine siège également au Conseil d’Administration de la Fédération Hospitalière de France. Chaque mois, la Conférence accueille pour débattre les acteurs de la formation et de la recherche en matière de santé. Elle est un des moteurs de plusieurs réformes dont celle de l’Internat et du Post-Internat.
Contact presse : Jennyfer Chretien – 01 56 03 31 31 –  jchretien@i-e.fr

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