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Cancer du col de l’utérus : expérimentation d’un dépistage par test urinaire

Le Pr Payan, chef de service de microbiologie du CHU de Brest vient de démontrer l’efficacité du test urinaire dans le dépistage du cancer du col de l’utérus grâce à l'étude Papu29 menée sur 3 115 bretonnes volontaires. Appréciée pour sa simplicité, cette solution convient tout particulièrement aux femmes qui n’ont pas accès aux examens gynécologiques ou qui les refusent. L’étude montre d’ailleurs que les femmes sont cinq fois plus nombreuses à préférer le test urinaire au frottis.

Le Pr Payan, chef de service de microbiologie du CHU de Brest vient de démontrer l’efficacité du test urinaire dans le dépistage du cancer du col de l’utérus grâce à l’étude Papu29 menée sur 3 115 bretonnes volontaires. Appréciée pour sa simplicité, cette solution convient tout particulièrement aux femmes qui n’ont pas accès aux examens gynécologiques ou qui les refusent. L’étude montre d’ailleurs que les femmes sont cinq fois plus nombreuses à préférer le test urinaire au frottis. 
Ce dépistage facile devrait inciter à une meilleure surveillance ; un argument de poids car les chiffres sont inquiétants : Au niveau national, le dépistage du cancer du col de l’utérus est insuffisant (moins de 60% de femmes dépistées). La situation est encore plus mauvaise dans le Finistère ou moins de 40% des femmes ont bénéficié d’un frottis de dépistage.
Pour améliorer cette situation, le CHRU de Brest a reçu le soutien de l’Association de dépistage du cancer (ADEC29) et la Ligue contre le cancer pour mener l’étude Papu29.
L’étude Papu29
15 489 femmes (7% de la population du Finistère) ont reçu un courrier leur proposant un frottis classique (avec le suivi adéquat en cas de résultat positif ou un suivi à trois ans en cas de résultat négatif). Celles ayant refusé cette méthode se voyaient proposer un test urinaire développé par l’équipe du CHRU de Brest. En cas de résultat positif, un frottis classique était effectué ; pour les autres, un suivi à trois ans était recommandé.
3 115 femmes volontaires pour le test urinaire ont reçu un kit de prélèvement d’urines (5 fois plus que celles ayant accepté un frottis). En présentant les résultats de l’étude, le Pr. Payan a précisé: "Cette méthode a permis de détecter des lésions précancéreuses de stades élevés chez 13 femmes, un adénocarcinome chez une femme de 36 ans et un cancer épidermoïde chez une femme de 53 ans. Mais nous sommes encore en train de collecter les données complémentaires, notamment le suivi à 3 ans". En pratiquant le test urinaire, les femmes ont la garantie de bénéficier d’une détection plus précoce des lésions cancéreuses et précancéreuses et d’être mieux suivies.
Cette étude a aussi permis d’identifier les tranches d’âge les plus à risque et les zones géographiques les plus touchées au niveau du département. Autant d’indices permettant d’améliorer localement la politique sanitaire.
Un cancer du col de l’utérus est une maladie des cellules de la muqueuse du col de l’utérus. Dans la très grande majorité des cas, c’est le papillomavirus humain ou HPV, un virus qui se transmet par voie sexuelle, qui est à l’origine de la maladie. La plupart du temps, ce virus disparaît mais il persiste parfois au niveau de la muqueuse du col de l’utérus et peut, avec le temps, modifier les cellules créant des lésions dites précancéreuses. Ces lésions peuvent disparaître spontanément, persister ou évoluer progressivement, d’abord vers une forme précoce de cancer, puis, vers une forme plus avancée. Le cancer du col de l’utérus est à l’origine de 900 décès par an en France. La prévention repose sur des frottis réguliers et depuis peu des vaccins anti-papillomavirus.

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