Interpeller sur les cancers gynécologiques. C’est tout l’objet de l’exposition Histoires de femmes, qui s’installe dès aujourd’hui sur les grilles du Jardin Lecoq à Clermont-Ferrand. A l’origine du projet, les équipes de gynécologie et d’oncologie du CHU qui ont voulu interpeller le grand public sur les cancers gynécologiques en rappelant, par le biais de la photographie, l’importance d’avoir un suivi régulier, même après la ménopause.
Visible jusqu’au 13 octobre, cette exposition inédite présente neuf portraits de patientes âgées de 36 à 79 ans. Bérénice, Aïcha, Claire, Dominique, Caroline, Marilyne, Martine, Valérie, Marie sont toutes sont atteintes ou en rémission d’un cancer gynécologique, touchées au niveau de l’utérus, du col de l’utérus ou des ovaires. A travers leurs témoignages, ces femmes partagent leurs parcours face à l’un de ces cancers souvent méconnus et invisibles.
« Maman de trois enfants, le cancer était surtout une maladie pour les autres. Lorsque la nouvelle est tombée, j’ai été prise entre l’envie de rire et le besoin d’en savoir plus. Je remercie les professionnels de santé qui ont su m’accompagner. Même si les suites de l’intervention n’ont pas été faciles à gérer, je peux dire que, quelques années après, c’est même devenu une expérience de vie enrichissante. J’invite toutes les femmes à se faire dépister régulièrement, même si ce n’est pas toujours évident », témoigne Claire, 47 ans, suivie pour un cancer du col de l’utérus.
Les passants peuvent lire, sous chacun des neuf portraits, les mots de ces femmes qui, portées par une volonté de sensibiliser le grand public, alertent également sur des signes a priori anodins (traces de sang, douleurs, abdomen gonflé…) et encouragent les femmes à consulter régulièrement.
17 000 nouveaux cas par an
En moyenne, près de 17 000 cas des principaux cancers gynécologiques (endomètre, col de l’utérus, ovaire) sont détectés tous les ans. A titre de comparaison, le cancer du sein, premier cancer féminin, concerne 61 000 femmes chaque année.
Avec plus de 8000 nouveaux cas par an, le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent dans l’hexagone. Ce dernier est souvent diagnostiqué lors de saignements gynécologiques en dehors des périodes de règles ou après la ménopause. En cas de diagnostic précoce, une prise en charge chirurgicale peut suffire. En ce qui concerne le cancer du col de l’utérus, l’infection persistante par le papillomavirus ou HPV (human papillomavirus) reste la cause principale. La vaccination HPV, chez les filles et les garçons, prévient le risque de son développement, et un dépistage précoce permet de détecter les lésions pré-cancéreuses. Ainsi, il est possible d’agir tôt et vite sur la maladie via une chirurgie ou un traitement de radiothérapie ou de chimiothérapie. Un dépistage régulier, tous les 3 à 5 ans, est donc recommandé lors des consultations chez son gynécologue, ou sa sage-femme.
Le cancer de l’ovaire est quant à lui souvent diagnostiqué à un stade avancé. En cas de douleurs abdominales, d’augmentation du volume de l’abdomen, ou de fatigue inexpliquée, le consultation auprès d’un médecin ou d’une sage-femme doit être rapide. L’histoire familiale de cancer gynécologique ou du sein peut représenter un facteur de risque ; un cancer de l’ovaire de haut grade sur cinq est lié à une anomalie génétique héréditaire. Ce cancer nécessite souvent une prise en charge multidisciplinaire, associant chimiothérapie et chirurgie. Les équipes de gynécologie et d’oncologie du CHU prennent en charge les patientes à tous les stades de leurs pathologies : suivi gynéco et dépistage, prise en charge chirurgicale, oncologique (chimiothérapie, immunothérapie) et consultation d’oncogénétique.
Informer les patients et les pros de santé
En parallèle de l’exposition, un stand d’information s’est tenu le 5 septembre dernier dans le hall du site Gabriel-Montpied, en partenariat avec le laboratoire GSK et en présence des équipes de gynécologie et oncologie du CHU. Toujours dans cette optique de renforcer la prévention sur le sujet des cancers gynécologiques, une conférence médicale se tiendra le mardi 30 septembre à la Faculté de médecine de Clermont Ferrand. Celle-ci sera à destination des professionnels de santé libéraux et hospitaliers (gynécologues, médecins, généralistes, sage-femmes) et abordera la prise en charge médicale, de la chirurgie au traitement, en passant par les indications de consultation d’oncogénétique.
La rédaction avec le CHU de Clermont Ferrand




