Ce super microscope voit comment nous sommes contaminés par les substances chimiques présentes dans l’environnement 

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Crédit Photo : CHU de Grenoble Alpes
Le CHU Grenoble Alpes et l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont inauguré le 3 décembre la plateforme BioLIBS comprenant un prototype hospitalier unique de microscope d’imagerie élémentaire par spectroscopie de plasma induit par laser (LIBS). Ce dispositif a pour objectif d’accélérer la recherche translationnelle (santé respiratoire, dermatologie, maladies rares) et de préparer des usages diagnostiques cliniques pour les pathologies liées aux expositions professionnelles et environnementales.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour l’imagerie élémentaire des tissus s’ouvre au CHU de Grenoble Alpes. Ce mercredi 3 décembre, l’établissement a inauguré la plateforme BioLIBS, destinée à comprendre « comment les substances chimiques (particules, métaux, contaminants exogènes) présentes dans notre environnement pénètrent dans l’organisme et contribuent au développement de pathologies, notamment respiratoires, dermatologiques ou liées aux expositions professionnelles. » 

Jusqu’ici, les outils d’analyse disponibles ne permettaient pas d’observer directement, dans les tissus humains, la distribution fine de ces éléments au sein des biopsies. BioLIBS vise donc à répondre à cette limite en offrant une technologie d’imagerie élémentaire multiéchelle unique en milieu hospitalier. L’objectif est double selon le CHU : « produire des connaissances nouvelles sur le rôle des éléments chimiques dans les maladies et ouvrir, à terme, la voie à des usages diagnostiques permettant d’identifier plus rapidement l’origine d’une lésion ou d’une atteinte liée à une exposition environnementale. »

Crédit Photo : CHU de Grenoble Alpes

L’imagerie multi-élémentaire au cœur des avancées biomédicales

Grâce à l’imagerie LIBS, les équipes de recherche peuvent désormais cartographier simultanément plus de trente éléments au sein des tissus, avec une résolution et une sensibilité inédite en milieu hospitalier. Cette avancée ouvre la voie à des études translationnelles ambitieuses, en lien étroit avec les services cliniques, afin de mieux caractériser l’impact des polluants environnementaux sur les maladies respiratoires, dermatologiques ou rares. La plateforme permet ainsi de développer des modèles mécanistiques, d’identifier des signatures élémentaires propres à certaines pathologies et de préparer, à terme, la création de nouveaux outils diagnostiques. En intégrant les contraintes et besoins du terrain clinique, BioLIBS positionne la recherche grenobloise à la pointe de l’exploration des interactions entre environnement, expositions et santé humaine.

« Le CHU Grenoble Alpes porte depuis longtemps une ambition forte en matière de recherche. Cette ambition, nous la partageons étroitement avec l’Université Grenoble Alpes, avec l’Institut pour l’Avancée des Biosciences, et avec l’ensemble des instituts de recherche et des équipes hospitalo- universitaires qui font vivre au quotidien cette dynamique scientifique. […] Notre établissement mène aujourd’hui plus de 2 000 essais cliniques. Cette activité remarquable n’existerait pas sans l’investissement des équipes médico-soignantes, ni sans l’expertise des équipes de la Direction de la recherche et de l’innovation, que je souhaite saluer tout particulièrement. Leur engagement contribue directement à renforcer l’excellence de notre CHU et à ouvrir de nouvelles perspectives pour les patients que nous accompagnons. La plateforme BioLIBS s’inscrit pleinement dans cette dynamique. », a déclaré Monique Sorrentino, DG du CHU de Grenoble Alpes. 

Crédit Photo : CHU de Grenoble Alpes

Partenariats, gouvernance et perspectives 

La mise en place de la plateforme BioLIBS a été rendue possible grâce au soutien financier conjoint de l’Université Grenoble Alpes, du Fonds FEDER–Région Auvergne-Rhône-Alpes, de l’Agence Nationale de la Recherche et de la DRARI (Délégué régional académique à la Recherche et à l’Innovation), témoignant d’un engagement fort et partagé en faveur de l’innovation biomédicale. La plateforme est hébergée au CHU Grenoble Alpes et inscrite à l’inventaire de l’UGA et de l’Institut pour l’Avancée des biosciences (IAB – UGA/INSERM/CNRS), reflétant son positionnement académique et hospitalier. 

Le Pr Benoît Busser assure la direction scientifique et la mise en place d’appels à projets et collaborations (pneumologie, dermatologie, anatomopathologie, médecine du travail). Des collaborations régionales et nationales sont déjà actives (CHU de Lyon, INSERM, centres de recherche spécialisés), visant à structurer études cliniques, co-financements et transfert technologique. BioLIBS vise non seulement à améliorer les méthodes d’imagerie élémentaire pour la recherche, mais aussi à ouvrir, à terme, des perspectives diagnostiques et de surveillance exposomique en milieu clinique. 

En combinant expertise hospitalière, recherche universitaire et instrumentation de pointe, la plateforme vise ainsi à transformer notre compréhension des interactions entre agents chimiques et tissus humains et à accélérer le développement de solutions cliniques innovantes.

La rédaction avec le CHU de Grenoble Alpes

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