Création de pôles : une restructuration majeure

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En moins de 2 ans, les CHU sont passés de plus de 100 services à une vingtaine de pôles. Application concrète de la réforme de la gouvernance, cette réorganisation structurelle est fondée sur trois principes : le décloisonnement, la mutualisation des compétences et moyens et la responsabilisation des équipes médicales, soignantes, et administratives aux impératifs d'une gestion médico-économique.

En moins de 2 ans, les CHU sont passés de plus de 100 services à une vingtaine de pôles. Application concrète de la réforme de la gouvernance, cette réorganisation structurelle est fondée sur trois principes : le décloisonnement, la mutualisation des compétences et moyens et la responsabilisation des équipes médicales, soignantes, et administratives aux impératifs d’une gestion médico-économique.

Inscrits dans le processus de modernisation en profondeur des établissements de santé, les regroupements des services sont organisés autour de différents critères : pathologies d’organes (ex : pôle digestif), filières de soins (ex : pôle mère-enfant), mutualisation des moyens (ex : plateau technique d’imagerie ou de biologie), mais aussi projets communs de développement entre spécialités.

Les regroupements sont propres à chaque établissement, et par conséquent différents d’un CHU à l’autre. A titre d’exemple, 22 pôles cliniques et médico-techniques ont été constitués au CHU de Strasbourg, à partir de 90 services
Pôle Urgences- réanimations médicales – centre anti-poison : pôle inter-sites
Pôle Anesthésie-réanimations chirurgicales – SAMU-SMUR : pôle inter-sites
Pôle des spécialités médicales, ophtalmologie et hygiène hospitalière : médecine interne, immunologie clinique, médecine infectieuse et tropicale, hygiène hospitalière, ophtalmologie et COREVIH, sur le site du centre ville
Pôle hépato-digestif de l’Hôpital civil : médecine gastro-entérologique, chirurgie générale
Pôle de gynécologie-obstétrique
Pôle médico-chirurgical de pédiatrie : médecine, chirurgie, réanimation pédiatriques, et néonatologie
Pôle médico-chirurgical cardio-vasculaire : cardiologie, hyper-tension artérielle, chirurgie cardiaque, chirurgie vasculaire
Pôle de pathologies thoraciques : médecine pneumologique, chirurgie thoracique, explorations fonctionnelles respiratoires
Pôle de l’appareil locomoteur : chirurgie orthopédique et traumatologique, réadaptation et rééducation fonctionnelles, chirurgie du rachis, traumatologie du sport
Pôle tête et cou : neurochirurgie, neurologie, ORL, centre de traitement de la douleur
Pôle néphrologie-urologie-diabétologie- endocrinologie
Pôle d’onco-hématologie : hospitalisations complètes et de jour d’oncologie médicale et d’hématologie adulte
Pôle de Médecine, Rhumatologie, Nutrition, Endocrinologie, Diabétologie : essentiellement sur le site de Hautepierre
Pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation : chirurgie générale, chirurgie endocrinienne, transplantations rénales et hépatiques, médecine HGE sur le site de Hautepierre
Pôle de psychiatrie : adultes et pédopsychiatrie
Pôle gériatrie : court séjour gériatrique, soins de suite gériatriques, long séjour, maisons de retraite
Pôles d’imagerie : imagerie conventionnelle, scanners, IRM, médecine nucléaire
Pôle de biologie : tous les laboratoires : biochimie, hématologie, immunologie, micro-biologie, génétique
Pôle de pharmacie et pharmacologie : pharmacie et pharmacologie clinique
Pôle de santé publique : département de santé publique et médecine du travail et des pathologies professionnelles
Pôle d’odontologie
Pôle de chirurgie maxillo-faciale, morphologie et dermatologie

Autre versant de la réforme de la gouvernance, la mise en place d’un conseil exécutif
Instance de décision collective paritaire, elle réunit entre 5 et 8 médecins et autant de directeurs afin d’accompagner le chef d’établissement dans toutes les décisions importantes.

Ces réorganisations facilitent l’adaptation de l’hôpital au progrès médical et aux attentes des patients au travers de parcours de soins intégrant les nouvelles donnes : l’augmentation des prises en charge ambulatoires, le rapprochement entre la médecine et la chirurgie, le développement des interventions non ou peu invasives, l’évolution de l’hôpital vers un plateau technique de qualité, partagé entre les professionnels.

La réforme de la gouvernance figure parmi les cinq réformes majeures contenues dans le plan hôpital 2007

La réforme du financement à travers la tarification à l’activité, qui lie les ressources des établissements à leur activité ; la réforme de la planification sanitaire, visant à optimiser les liens entre les opérateurs de santé sur chaque territoire de santé afin de garantir un accès aux soins équitable et de qualité ; la modernisation des établissements de santé, à partir d’une aide au financement des opérations de rénovation et de restructuration ; l’amélioration de la qualité, à travers d’une part la certification faisant suite à la première démarche d’auto-évaluation, et d’autre part l’évaluation des pratiques professionnelles, médicales et non-médicales ; enfin, la nouvelle gouvernance des établissements de santé.

Les défis que doivent relever les hôpitaux s’ouvrir à la concurrence et à la complémentarité, optimiser l’utilisation des moyens qu’ils génèrent eux-mêmes par leur activité, répondre aux missions qui leur sont confiées en fonction de leur positionnement dans l’organisation sanitaire – soins de proximité, de recours, de référence – tout en améliorant la qualité de leurs prises en charge, et en étant attractifs pour les patients, les familles, les professionnels médicaux et non médicaux.

Ces différentes réformes sont liées par la recherche d’une optimisation de l’efficience globale des soins, dans le cadre de principes fondamentaux : le libre choix du patient ; le respect de la déontologie des professionnels de santé ; la coexistence d’institutions d’hospitalisation privées à but lucratif, d’établissements privés à but non lucratif, dont certains participent au service public hospitalier, et enfin d’établissements publics de santé chargés de garantir les missions de service public comme l’accueil d’urgence, la formation médicale et non médicale, la recherche ; la participation des professionnels et des patients à la maîtrise des dépenses d’assurance maladie dans le cadre de la résorption des déficits publics.

D’après un article de Marc Penaud, Directeur adjoint en charge du contrôle de gestion, de la contractualisation et de l’audit interne au CHU de Strasbourg

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