Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Dijon expérimente la rééducation cardio-vasculaire connectée

La rééducation cardio-vasculaire a prouvé son efficacité. Pour les patients victimes de problèmes cardiaques, elle concourt à une meilleure espérance de vie et diminue les risques de nouveaux accidents ou de complications. Problème, seuls 20 à 30 % des personnes traitées bénéficient d’une rééducation. Un taux trop faible qui s’explique par les contraintes de la rééducation ambulatoire cardio-vasculaire traditionnelle qui impose des déplacements et bloque les patients durant trois demi-journées par semaine pendant deux mois environ. De plus les unités spécialisées sont en nombre insuffisant. Dans ces conditions la télémédecine devient une solution alternative. Pour évaluer son efficacité, le Pôle de Rééducation du CHU Dijon Bourgogne a lancé un programme

La rééducation cardio-vasculaire a prouvé son efficacité. Pour les patients victimes de problèmes cardiaques, elle concourt à une meilleure espérance de vie et diminue les risques de nouveaux accidents ou de complications. Problème, seuls 20 à 30 % des personnes traitées bénéficient d’une rééducation. Un taux trop faible qui s’explique par les contraintes de la rééducation ambulatoire cardio-vasculaire traditionnelle qui impose des déplacements et bloque les patients durant trois demi-journées par semaine pendant deux mois environ. De plus les unités spécialisées sont en nombre insuffisant. Dans ces conditions la télémédecine devient une solution alternative. Pour évaluer son efficacité, le Pôle de Rééducation du CHU Dijon Bourgogne a lancé un programme de recherche sur trois ans portant sur 110 patients. 55 patients suivront le programme traditionnel de rééducation (trois demi-journées par semaine à l’hôpital) et 55 seront télésuivis via une tablette dotée de l’application de télésurveillance, ainsi que des objets connectés à cette application (balance, tensiomètre…).
L’efficacité des deux méthodes sera comparée en termes de compliance, de maintien de la forme, de rechutes évitées « C’est la 1ère qu’un tel programme de rééducation cardio-vasculaire connectée est initié en France. » soulignent le Professeur Jean-Marie Casillas, spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation, et Claire Morisset, Chef de Projet au sein du CHU (Centre d’Investigation Clinique INSERM 1432).
Modalités de l’étude
Pour chaque patient, un protocole de soins personnalisé est défini et paramétré dans l’application. Un agenda est alors établi afin que l’utilisateur visualise son programme et sache quels exercices il doit effectuer, quel régime alimentaire suivre… Très régulièrement, le patient renseigne ses données médicales (poids, tension artérielle, effort sportif…). S’il manque des données, une alerte est envoyée sur sa messagerie sécurisée intégrée. De son côté, l’équipe de rééducation reçoit également l’alerte et peut donc rapidement se mettre en contact avec le patient. De plus, les patients disposent de contenus d’éducation thérapeutique (ETP) à consulter, tels que des vidéos ou des atlas médicaux leur expliquant comment effectuer leurs exercices, l’importance d’une nutrition équilibrée, les effets du tabac sur leur système cardio-vasculaire… Avec la télémédecine, le patient devient acteur de son protocole de soins, il se sent plus impliqué et devrait donc être plus enclin à suivre sa thérapie d’autant qu’elle n’entraine aucune rupture avec son mode de vie habituel.
La conception d’une appli sur mesure
Pour mettre en place cette application, l’équipe opté pour un partenariat avec Tmm Software, qui possédait déjà une expérience conséquente dans le domaine de la e-santé et qui était assez mûr pour répondre à la plupart de ces demandes. Leur solution de télésurveillance était très simple et intuitive. « Nous avons donc co-construit notre application ensemble, en adaptant leur solution à nos besoins. Ce développement a duré un peu plus d’un an, le temps de définir les paramètres et de produire tous les contenus à destination de nos patients (questionnaires, vidéos, contenus d’éducation thérapeutique…) » détaillent les chercheurs
Des premiers retours positifs
Aujourd’hui, les usagers sont demandeurs de solutions technologiques. « Notre premier patient utilisateur était enthousiaste car il ne pouvait pas se déplacer trois fois par semaine au CHU, c’était donc une alternative satisfaisante pour lui. La prise en main de l’outil a été intuitive et son protocole de soins bien suivi. Nous consacrons une semaine en centre, à raison de 3 à 4 demi-journées, à la formation du patient pour qu’il puisse utiliser la tablette et les objets connectés, pour définir le protocole de soins personnalisé (activité physique) et également le plan de nutrition pendant tout le temps de la rééducation » se félicitent les médecins.
Si les conclusions de l’étude démontrent les avantages d’une rééducation cardio-vasculaire connectée vs traditionnelle, alors la solution numérique pourra être reprise par les autres équipes et décliner à d’autres pathologies chroniques respiratoires, orthopédiques, neurologiques….  

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Le rôle d’un centre antipoison : tout ce qu’il faut savoir 

Dans le cadre de notre série de reportages au CHU d’Angers, nous avons rencontré le responsable du Centre Antipoison et Toxicovigilance du Grand Ouest, le Pr Alexis Descatha. Intoxications, serpents exotiques, veille national champignons… ce dernier a accepté de nous parler des différentes missions de son service.

HAVISAINES : Le CHU d’Angers vise la bonne santé de ses agents

Depuis l’an dernier, le CHU d’Angers déploie HAVISAINES, un dispositif de promotion de la santé à destination de ses professionnels. Au micro de CHU Média, le Pr Alexis Descatha, médecin porteur du programme, revient notamment sur les quatre piliers sur lesquels ce dispositif repose : sport, alimentation, alcool, tabac.

Violences : fin de l’omerta à l’hôpital

La semaine dernière, la Conférence des Doyens de facultés de médecine a publié un communiqué de presse co-signé avec l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP), annonçant un engagement commun dans la lutte contre les violences au travail. Une déclaration qui fait suite aux récentes accusations de violences morales et sexuelles de Karine Lacombe à l’encontre du médecin urgentiste Patrick Pelloux.

L’ICI, nouveau temple de la cancérologie

Le CHU de Brest vient d’inaugurer son nouvel Institut de Cancérologie et d’Imagerie, surnommé ICI. Ce centre, promesse d’un hôpital centré sur l’humain et doté d’une technologie de pointe, est amené à devenir l’un des fers de lance européens dans le traitement du cancer, avec une capacité de 50 000 patients par an.

Dossier : La maladie de Parkinson 

Décrite pour la première fois dans An Essay on the Shaking Palsy (1817) par James Parkinson, un médecin anglais, la maladie de Parkinson, mentionnée souvent en abrégé « Parkinson », est une maladie neurodégénérative irréversible d’évolution lente. La maladie s’installe ainsi au cours d’une longue phase asymptomatique de plusieurs années. Les premiers symptômes ne se font en effet ressentir que lorsque 50 à 70% des neurones dopaminergiques du cerveau sont détruits. Ils se déclarent essentiellement progressivement sous la forme d’un tremblement de repos, d’un ralentissement des mouvements et d’une raideur musculaire. Néanmoins, de nombreux troubles moteurs et non moteurs peuvent s’ajouter à la liste, devenant de réels handicaps dans le quotidien de ceux qui la subissent.