Dire la santé en « lsf », langue des signes française

Quel accueil des Sourds (1) à l'hôpital ? La lecture labiale ôte tout souci linguistique aux soignants. Moyennant quelques précautions articulatoires, la compréhension du patient est présupposée. Alors qu'un excellent lecteur labial ne comprend que 30% du message et que peu de Sourds maîtrisent complètement le français oral !

Une incompréhension à lever
Quel accueil des Sourds (1) à l’hôpital ? La lecture labiale ôte tout souci linguistique aux soignants. Moyennant quelques précautions articulatoires, la compréhension du patient est présupposée. Alors qu’un excellent lecteur labial ne comprend que 30% du message et que peu de Sourds maîtrisent complètement le français oral ! Le français écrit n’est pas recommandé pour le dialogue que suppose l’information médicale (ANAES mars 2000). Au contraire, les Sourds étant majoritairement illettrés, des dessins, des messages visuels sont généralement moins sujets à confusion que le français écrit.
Demander le concours d’un proche devient le passage obligé. Risque d’une intimité dévoilée. Certitude de l’humiliation – qui marquera durablement les relations avec les soignants – de ne pas être un interlocuteur à part entière.
Les Sourds ne comprennent pas tout, mais ils sourient et produisent quelques mots, l’apparence est sauve . En réalité une communication « floue », des soignants éventuellement satisfaits, des Sourds sûrement frustrés…

Le dialogue est possible
Beaucoup de Sourds même s’ils s’expriment oralement dans la vie quotidienne préfèrent quand ils sont malades une langue sans obstacle. Non pas quelques gestes qui suivent la syntaxe du français mais la lsf. Langue entière, elle peut tout penser, tout exprimer. Le service public doit permettre au patient d’être soigné dans la langue qu’il choisit. L’utilisation officielle de la lsf permet la confidentialité, l’autonomie des patients et garantit le niveau linguistique.

Un pôle bilingue a la conception
Les consultations se déroulent avec un médecin signeur (Médecine Interne Professeur HARLE) et une interprète professionnelle disponible pour les consultations de spécialités de l’AP-HM. Les soignants ont ainsi l’assurance d’une fidélité au discours et une compréhension approfondie par la traduction de toutes les nuances de la lsf.
L’équipe est mobile. On peut la contacter pour définir avec le patient les moyens nécessaires à la communication. L’équipe est pluridisciplinaire (médecin, médiateur Sourd, interprète, infirmière). Il est possible de lui demander des aides variées : annonce de maladie grave, explication de soins complexes, isolement des patients sourds hospitalisés…

(1) S majuscule en référence aux modes de vie de personnes, généralement sourdes depuis les premières années de leur vie

Permanence d’accueil : du lundi au vendredi 10h30 à 12h
Texto-SMS : 06 89 75 16 24 – Fax : 04 91 38 28 63- Tél : 04 91 38 28 62

À lire également

Le CHU de Nîmes lance une campagne de prévention autour de l’obésité

Face à un enjeu majeur de santé publique, le CHU de Nîmes invite à briser les tabous autour de l’obésité avec la campagne d’informations “L’obésité, parlons-en !”, organisée dans le cadre de Janvier Nutrition 2026. Présentée dans le hall central de Carémeau et déployée sur plusieurs sites hospitaliers, ces actions entendent sensibiliser les patients, les visiteurs et les professionnels du CHU.

1200 participants au 4e CHU Healthtech Connexion Day

Le palais des Congrès de Bordeaux a accueilli cette semaine la 4e édition du CHU Healthtech Connexion Day. Rassemblant 1200 participants, cet événement, co-organisé par la conférence des Directeurs Généraux de CHU et France Biotech, a vocation à renforcer les échanges et les collaborations entre CHU et entreprises pour accélérer l’innovation en santé. Retour en images.

Ce super microscope voit comment nous sommes contaminés par les substances chimiques présentes dans l’environnement 

Le CHU Grenoble Alpes et l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont inauguré le 3 décembre la plateforme BioLIBS comprenant un prototype hospitalier unique de microscope d’imagerie élémentaire par spectroscopie de plasma induit par laser (LIBS). Ce dispositif a pour objectif d’accélérer la recherche translationnelle (santé respiratoire, dermatologie, maladies rares) et de préparer des usages diagnostiques cliniques pour les pathologies liées aux expositions professionnelles et environnementales.