Drépanocytose : première mondiale d’une thérapie génique à l’hôpital Necker AP-HP

Pour la première fois dans l’histoire, un traitement a permis la rémission complète des signes cliniques d’une drépanocytose. Après 15 mois de suivi, le jeune garçon de 13 ans, qui en a bénéficié, se porte bien. Ces résultats, publiés le 2 mars 2017 dans le New England Journal of Medicine, confirment l'efficacité de cette thérapie d'avenir.

Pour la première fois dans l’histoire, un traitement a permis la rémission complète des signes cliniques d’une drépanocytose. Après 15 mois de suivi, le jeune garçon de 13 ans, qui en a bénéficié, se porte bien. Ces résultats, publiés le 2 mars 2017 dans le New England Journal of Medicine, confirment l’efficacité de cette thérapie d’avenir.
Le jeune patient avait été pris en charge en octobre 2014 dans le cadre d’un essai clinique de phase I/II alors qu’il était atteint d’une forme sévère de drépanocytose. Cette grave anémie chronique provoque des crises douloureuses, des lésions des organes vitaux (cœur, foie, reins, cerveau, os, etc.), une grande sensibilité aux infections, une surcharge en fer et des troubles endocriniens.
Une rémission complète près de deux ans et demi après 
La thérapie conduite à l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et à l’Institut Imagine (AP-HP/Inserm/Université Paris Descartes) a permis la rémission complète des signes de la maladie persistant près de deux ans et demi après. "Il va bien, il n’a plus besoin de transfusion mensuelle, de médicaments anti-douleurs, ni d’hospitalisation", s’est félicité le Pr Marina Cavazzana qui a dirigé ces travaux. 
La drépanocytose est une maladie d’origine génétique caractérisée par la production d’une hémoglobine anormale et de globules rouges déformés (en forme de faucille), dus à une mutation dans le gène codant pour la bêta-globine. 50 millions de personnes dans le monde sont porteuses de la mutation, essentiellement en Afrique, aux Antilles, au Maghreb et en Asie.
Jusqu’alors si les transfusions et la prise de médicament peuvent soulager des symptômes, seule la greffe de moelle permet une guérison, mais moins d’un patient sur cinq a un donneur compatible. La thérapie génique mise en œuvre par les équipes de l’hôpital Necker AP-HP et de l’institut Imagine offre dans ce contexte de nouvelles perspectives. 
L’introduction d’un gène thérapeutique dans les cellules sanguines
La première phase de l’essai a consisté à prélever des cellules souches hématopoïétiques, à l’origine de la production de toutes les lignées de cellules sanguines, au niveau de la moelle osseuse du patient.
Un vecteur viral porteur d’un gène thérapeutique a ensuite été introduit dans ces cellules afin de les corriger. Ce vecteur lentiviral, capable de transporter de longs segments d’ADN complexes, a été développé par le Pr Philippe Leboulch, haut Conseiller du CEA pour l’innovation médicale ((Université Paris-Sud -Harvard Medical School) et est produit à grande échelle par la société américaine bluebird bio.

A gauche: les cellules du patient drépanocytaire avant traitement. A droite: les cellules corrigées par l’introduction d’un gène thérapeutique
La perspective de plus larges essais cliniques
Les cellules traitées, ainsi « corrigées », ont été réinjectées au jeune patient par voie veineuse. L’adolescent a été pris en charge durant son hospitalisation dans le service d’immunohématologie pédiatrique de l’Hôpital Necker-Enfants malades en collaboration avec le Pr Stéphane Blanche et le Dr Jean-Antoine Ribeil.
Aujourd’hui le jeune garçon a repris une vie normale et toutes ses activités physiques et scolaires. 
«Nous souhaitons, avec cette approche de thérapie génique, développer de futurs essais cliniques et inclure un nombre important de patients souffrant de drépanocytose, en Ile-de-France et sur le territoire national», a indiqué le Pr Marina Cavazzana.
* professeur d’hématologie à l’université Paris-Descartes, chef du département de Biothérapie et du Centre d’Investigation Clinique de biothérapie de l’Hôpital Necker AP-HP et co-directrice du laboratoire de Lymphohématopoïèse humaine Inserm à l’Institut Imagine.

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