Splendide, monumentale et bleue comme la liberté. La double fresque géante des Baumettes qui orne désormais sur les murs de la cour de promenade Baumettes est l’œuvre des patients détenus, suivis au sein du service médico-psychologique régional (SMPR). Guidés par David Mesguich, spécialiste du street art, les patients ont recouvert d’espoir les murs gris de leur enceinte.
L’idée est née d’une rencontre entre le plasticien et Sonia Meunier, infirmière du SMPR : « Notre travail de soignants en milieu carcéral l’a intéressé, d’autant plus qu’il avait déjà créé une œuvre avec des détenus de Fresnes ». Après plusieurs séances de discussion autour du graffiti, les participants se sont impliqués dans la création : « En l’espace de trois mois, au fil des ateliers, ils ont pris confiance en eux », se souvient David. Deux immenses graffs aux couleurs vives recouvrent désormais les murs de la cour du centre pénitentiaire des Baumettes réservée à ces patients souffrant de pathologies psychiatriques.
Créer malgré les contraintes de la prison
« Ces interventions nécessitent une organisation rigoureuse, et beaucoup d’énergie de la part de l’équipe », souligne Sonia. « A chaque instant, nous sommes obligés de composer avec les contraintes de l’univers carcéral ».
Malgré les obstacles, le personnel enthousiaste a saisi cette possibilité de sortir de l’enfermement qu’il subit lui aussi, de se placer sur un autre terrain que celui du soin. « La présence d’un intervenant extérieur donne de la vie, du sens à notre travail aux côtés des patients », témoigne Rémy Barthélémy, cadre de santé. « Pendant le temps d’un atelier, ils peuvent interrompre l’enfermement, l’isolement, oublier le négatif de l’existence ».
« L’intervention de l’artiste ouvre une porte vers l’extérieur », précise le Dr Catherine Paulet, chef du service. « Des personnes en grande souffrance psychologique, entravées dans leurs pensées, leurs actions et leurs sensations, ont la possibilité de se découvrir une sensibilité à l’art, se sentir capables de créer et produire… ». Un travail de co-création important pour l’estime de soi, la réparation et la déstigmatisation des malades détenus, conclut le médecin.

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